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- La conférence de presse Cameron-Clegg en intégralité - 26 min 28 s
- Royaume-Uni : les enjeux de la coalition historique - 02 min 33 s
David Cameron est le nouveau Premier ministre britannique
Après plusieurs jours de tractations, le leader de la droite, vainqueur des législatives de jeudi dernier, succède à Gordon Brown, qui a remis sa démission. Il prend la tête d'une coalition "historique" avec le centre-gauche des libéraux-démocrates.
Publié le 11/05/2010
Changement de locataire au 10 Downing Street
Le conservateur David Cameron a pris mardi soir la tête d'une coalition gouvernementale en Grande-Bretagne après être parvenu à un accord de partage du pouvoir avec les libéraux-démocrates de Nick Clegg.
Publié le 12/05/2010
Portrait - David Cameron
David Cameron est le Premier ministre britannique depuis le 11 mai 2010.
Publié le 12/04/2010
Portrait - Gordon Brown
Gordon Brown est l'ancien Premier ministre britannique. Il a toujours privilégié la discrétion et le labeur aux bains de foules et la presse.
Publié le 24/07/2008
C'est un exercice d'équilibriste difficile que David Cameron, le Premier ministre britannique, et Nick Clegg, vice-Premier ministre, ont tenté mercredi après-midi devant la presse. Les deux hommes, respectivement leader des Tories (droite) et des libéraux-démocrates (centre-gauche), se sont en effet lancés dans l'aventure d'une coalition a priori contre-nature pour gouverner le Royaume-Uni pendant cinq ans, durée théorique de la législature.
Et, avant même que le gouvernement ne soit connu dans sa totalité, il leur fallait venir expliquer leur attelage lors d'une conférence de presse commune donnée dans les jardins du 10, Downing Street, le "Matignon britannique" (regardez l'intégralité de cette conférence, doublée en français, ci-contre). Comme on pouvait s'y attendre, la presse s'est arrêtée sur le côté factice du duo. Un correspondant étranger a ainsi provoqué l'hilarité générale en demandant au Premier ministre s'il regrettait d'avoir récemment répondu "Nick Clegg" à la question : "Quelle est votre blague politique préférée ?" "Nous étions rivaux, nous voilà collègues", a répondu David Cameron.
Cameron : "gouverner seul n'aurait eu aucun sens"
Plus sérieusement, les deux hommes, âgés tous les deux de 43 ans, ont affirmé que leur alliance était le symbole de la "nouvelle politique" qu'ils entendent insuffler au Royaume-Uni. Selon eux, elle assurera un "gouvernement fort et stable" au pays afin de valider les "réformes". "Un gouvernement minoritaire de droite n'aurait eu aucun sens", a affirmé David Cameron, qui ne disposait pas de la majorité absolue à la Chambre des communes à lui seul.
Le tandem, qui se voulait détendu, a bien évidemment été interrogé sur les dossiers où les divergences sont les plus criantes, notamment l'Union européenne (Nick Clegg est autant europhile que David Cameron est eurosceptique) et la réforme du système électoral. Sans surprise, avec une langue de bois digne de l'habituelle politique, le couple a botté en touche, soulignant "avoir une position commune" sur l'Europe et qu'un référendum aurait lieu sur les revendications des "lib-dems" en matière de mode de scrutin. Les autres points de divergences, comme la fiscalité ou l'immigration, ont été laissés de côté, ou du moins rapidement abordés.
Réduction du déficit : la priorité
Pour avoir plus de détails sur les concessions et les compromis que chacun a été contraint de faire, il faut se plonger dans l'accord de coalition publié en même temps que la conférence. La réduction du déficit public et la poursuite de mesures pour assurer la reprise économique sont "le problème le plus urgent", indique le document, long de sept pages. La solution passerait par des "baisses de dépenses plutôt que par des hausses d'impôt". Il s'agit là d'un alignement partiel sur les Tories, qui souhaitent faire des coupes sombres dans certains ministères et refusent d'augmenter les impôts. Dans de domaine, l'inexpérimenté ministre des Finances tory George Osborne, 38 ans, sera flanqué de Vince Cable, vieux routier libéral-démocrate de 67 ans qui gérera le Commerce.
En matière de régulation bancaire, la coalition souhaite créer une commission chargée "d'étudier la question complexe de la séparation des banques de détail et des banques d'investissement". Les libéraux-démocrates s'étaient engagés durant leur campagne à mettre en place une telle séparation, qui reviendrait à briser les principales banques du pays en plusieurs établissements plus petits. Toujours dans ce secteur, le nouveau gouvernement entend instituer une taxe spécifique sur les banques, mesure assez consensuelle.
Combien de temps ?
Sur l'Union europénne, l'accord indique que le Royaume-Uni n'adoptera pas l'euro pendant la législature, comme les "lib-dems" espéraient pouvoir l'envisager. Il s'agit là d'un gage donné aux Tories, pourfendeurs de la monnaie unique. Sur l'immigration, le centre-gauche a également été contraint de revoir ses ambitions à la baisse en acceptant un plafonnement des entrées d'immigrés dans le pays. En échange de toutes ces concessions, outre le poste de vice-Premier ministre, les libéraux-démocrates ont obtenu quatre ministères.
Derrière ces belles intentions, reste maintenant à savoir comment fonctionnera la cohabitation au quotidien. Cohabitation qui sera en fait double : entre David Cameron et Nick Clegg tout d'abord, et ensuite entre députés conservateurs et libéraux-démocrates.
De la réponse dépendra la durée de vie de la coalition. Si le Premier ministre et le vice-Premier ministre affirment qu'elle ira au bout de la législature en 2015, les observateurs sont quant à eux plus que sceptiques. Chez les bookmakers britanniques, les paris sont déjà ouverts. Pour l'instant, 2013 semble tenir la corde.
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