Royaume-Uni : la droite tend la perche au centre

Par , le 07 mai 2010 à 15h50 , mis à jour le 07 mai 2010 à 21h31

Dossier : Royaume-Uni : la droite de retour à Downing Street

David Cameron, le leader des Tories, qui ne dispose pas de majorité absolue après les législatives de jeudi, propose un "accord global" aux libéraux-démocrates de Nick Clegg. En attendant, Gordon Brown, le Premier ministre travailliste sortant, arrivé en deuxième position, reste en place.

[Expiré] [Expiré] cameron_discours © AFP/L. Pitarakis

Au lendemain des législatives britanniques qui ont débouché sur une situation chaotique -aucun parti n'a obtenu la majorité absolue requise de 326 sièges à la Chambre des Communes-, les grandes manœuvres ont commencé ce vendredi avec les déclarations solennelles des trois grands leaders : Gordon Brown, le Premier ministre travailliste sortant, David Cameron, le leader de la droite, et Nick Clegg, le centriste. Objectif : lancer les tractations pour tenter de former un gouvernement stable.

  • Royaume-Uni : entre droite et gauche, le centre balance

    Les discussions continuent entre la droite de David Cameron, arrivé en tête des législatives de jeudi sans majorité absolue, et le centre de Nick Clegg. Mais ce dernier négocie aussi en catimini avec le Labour à qui il aurait proposé son ralliement si Gordon Brown, le Premier ministre, démissionnait.

    Publié le 10/05/2010 Royaume-Uni : entre droite et gauche, le centre balance
  • Royaume-Uni : la droite drague toujours le centre

    Les discussions ont repris ce lundi entre les Tories de David Cameron, arrivés en tête des législatives de jeudi sans majorité absolue, et les libéraux-démocrates de Nick Clegg. Ce dernier n'excluerait pas de négocier avec le Labour si le Premier ministre Gordon Brown démissionne.

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  • Le centre dégage la voie à la droite britannique, Brown ne lâche rien

    Alors qu'aucun parti n'a la majorité absolue, Nick Clegg, le leader centriste, a admis que les Tories de David Cameron, arrivés en tête des élections, avaient la légitimité pour former le gouvernement. Sous-entendu : il ne discutera pas avec le Premier ministre travailliste sortant Gordon Brown, pointé en deuxième position.

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  • La revanche des petits partis britanniques ?

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  • Le Big Bazar

    Les législatives britanniques n'ont permis à aucun des trois leaders politiques d'obtenir la majorité absolue. Elles ouvrent une période d'incertitudes et de tractations entre partis pour diriger le pays.

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  • Elections Royaume-Uni : des négociations serrées

    Les conservateurs sont désormais le parti dominant au Parlement britannique. Leur leader, David Cameron, a annoncé vendredi qu'il était prêt à offrir un accord aux libéraux démocrates.

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  • Royaume-Uni : la déclaration de Gordon Brown

    <b> Document -</b> Découvrez en intégralité l'allocution du Premier ministre britannique travailliste sortant prononcée vendredi au lendemain des législatives.

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  • Royaume-Uni : la presse populaire demande à Brown de partir

    Nicolas Bellet, le correspondant de TF1/LCI à Londres, dévoile les titres des journaux de vendredi matin. Si la presse de qualité souligne la situation chaotique, les tabloids conservateurs voient déjà David Cameron au 10, Downing Street.

    Publié le 07/05/2010 Royaume-Uni : la presse populaire demande à Brown de partir
Plus d'infos

Clegg douche Brown
 
Comme on pouvait s'y attendre, Nick Clegg, le dirigeant des libéraux-démocrates, pointés en troisième position avec 23% des suffrages et 57 députés, est très courtisé. Même si son score est beaucoup moins important que prévu, le patron des "lib-dems" est néanmoins devenu le "faiseur de roi". Vendredi matin,  premier à s'exprimer, il a tout de suite admis qu'il revenait au parti conservateur, arrivé en tête avec 306 mandats (36% du vote populaire), "de prouver qu'il est capable de tenter de gouverner dans l'intérêt général". "J'avais dit que le parti, quel qu'il soit, recueillant le plus de voix et de sièges, même s'il n'obtenait pas la majorité absolue, avait la priorité pour tenter de gouverner, soit seul, soit en s'alliant avec d'autres partis. Je garde cette position", a-t-il expliqué.

 

Sous-entendu : pas question pour lui de rejoindre pour l'instant une coalition menée par le Labour, largement distancé par les Tories avec seulement 257 députés (29% des suffrages) -un attelage Labour-libéraux-démocrates, s'il serait plus fort que le parti conservateur, serait d'ailleurs minoritaire.

L'offre "globale" de Cameron à Clegg
 
Avec sa prise de position en faveur de la légitimité du vote populaire, Nick Clegg a de fait ouvert la voie à un gouvernement dirigé par la droite et David Cameron. Ce dernier a désormais deux possibilités : se lancer dans l'aventure d'un cabinet minoritaire qui obtiendrait le soutien ponctuel des petites formations, qui disposent au total de 29 sièges (lire notre article : "la revanche des petis partis britanniques ?") ou essayer de former une coalition majoritaire avec les libéraux-démocrates.  Dans un premier temps, il a retenu cette solution, loin d'être acquise en raison des divergences entre les deux partis.

Dans son allocution (en intégralité ci-contre), David Cameron s'est ainsi dit prêt à offrir un "accord large, ouvert et global" aux "lib-dems". "Je pense que nous disposons d'une base solide pour un gouvernement", a-t-il souligné. Il a admis que cette main tendue à Nick Clegg, dont l'inclinaison naturelle vers le centre-gauche le destine plutôt à une alliance avec Gordon Brown, passe par de nombreux compromis. Sans entrer dans les détails, il a cité notamment la réforme fiscale, les libertés publiques, la lutte contre l'effet de serre et surtout la réforme du système électoral, revendication principale des libéraux-démocrates qui exigent l'instauration d'une dose de proportionnelle.

En revanche, il a déjà posé une fin de non-recevoir pour transférer davantage de pouvoirs vers l'Union européenne ou revenir sur son engagement à maintenir le système de dissuasion nucléaire. Selon les médias, un premier entretien téléphonique entre les deux hommes a eu lieu dès vendredi après-midi, avant une réunion en face-à-face samedi.

Brown attend son tour  

De son côté, Gordon Brown, douché dans son espoir de former une alliance avec Nick Clegg, s'est drapé dans le costume de Premier ministre garant des institutions et non de chef du Labour. Il a ainsi rappelé que la situation actuelle du "Hung Parliament" ("Parlement suspendu"), c'est-à-dire un Parlement minoritaire, l'obligeait à rester en place pendant les discussions entre David Cameron et Nick Clegg. Pas question donc pour lui de démissionner immédiatement.

La question

Qui sera le prochain Premier ministre britannique ?

Gordon Brown
David Cameron
Nick Clegg
Une autre personne

 
 

Attendant son tour, il mise en fait sur l'échec des pourparlers Cameron-Clegg. Si tel était le cas, il a annoncé être prêt à entamer des discussions avec le dirigeant centriste. Et a déjà accepté par avance l'instauration d'une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin, qui permettrait aux "lib-dems" d'avoir plus de députés dans le futur.

Discours du Trône le 25 mai

Quoi qu'il en soit, le Royaume-Uni devra certainement attendre quelques jours avant de connaître son futur Premier ministre. Il faut simplement que la chose soit réglée avant le 24 mai, veille du discours du Trône prononcé par la reine Elizabeth II. Discours écrit en fait par le nouveau Premier ministre et simplement lu par la souveraine.

Par Fabrice Aubert le 07 mai 2010 à 15:50
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2 Commentaires

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  • npa2010, le 07/05/2010 à 23h04

    La reine d'Angleterre doit prendre sa retraite et laisser la place au sang neuf.

  • monacfrance, le 07/05/2010 à 17h40

    Que de magouilles et après on se demande pourquoi l'on se désintéresse de la politique .... eux aussi ils ont leur Bayrou !

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