Le centre dégage la voie à la droite britannique, Brown ne lâche rien

Par , le 07 mai 2010 à 13h00 , mis à jour le 07 mai 2010 à 15h34

Dossier : Royaume-Uni : la droite de retour à Downing Street

Alors qu'aucun parti n'a la majorité absolue, Nick Clegg, le leader centriste, a admis que les Tories de David Cameron, arrivés en tête des élections, avaient la légitimité pour former le gouvernement. Sous-entendu : il ne discutera pas avec le Premier ministre travailliste sortant Gordon Brown, pointé en deuxième position.

[Expiré] [Expiré] nick clegg © AFP

Malgré sa deuxième place, loin derrière la droite et les Tories, Gordon Brown, le Premier ministre britannique travailliste sortant, garde l'espoir de rester au 10, Downing Street en s'alliant avec les libéraux-démocrates.

  • Le Labour met la barre à gauche

    Virage à gauche annoncé pour le Parti travailliste britannique : c'est Ed Miliband, l'ancien ministre de l'Energie, qui a été élu samedi pour succéder à Gordon Brown. Il se présentait face à son frère David Miliband.

    Publié le 25/09/2010 Le Labour met la barre à gauche
  • David Cameron est le nouveau Premier ministre britannique

    Après plusieurs jours de tractations, le leader de la droite, vainqueur des législatives de jeudi dernier, succède à Gordon Brown, qui a remis sa démission. Il prend la tête d'une coalition "historique" avec le centre-gauche des libéraux-démocrates.

    Publié le 11/05/2010 David Cameron est le nouveau Premier ministre britannique
  • Un squatteur au 10 Downing Street

    La presse britannique appelle de ses voeux une coalition après les élections, afin de répondre aux défis qui attendent le Royaume-Uni. Le Sun a choisi l'humour en évoquant un "squatteur" accroché au 10 Downing Street. D'autres titres s'inquiètent.

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  • Royaume-Uni : la droite tend la perche au centre

    David Cameron, le leader des Tories, qui ne dispose pas de majorité absolue après les législatives de jeudi, propose un "accord global" aux libéraux-démocrates de Nick Clegg. En attendant, Gordon Brown, le Premier ministre travailliste sortant, arrivé en deuxième position, reste en place.

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  • La revanche des petits partis britanniques ?

    Etouffées par le système électoral favorisant le bi-partisme entre Labour et conservateurs et généralement éclipsées par les libéraux-démocrates, les autres formations pourraient cette fois jouer un rôle crucial dans la mise en place d'une coalition.

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  • Le Big Bazar

    Les législatives britanniques n'ont permis à aucun des trois leaders politiques d'obtenir la majorité absolue. Elles ouvrent une période d'incertitudes et de tractations entre partis pour diriger le pays.

    Publié le 07/05/2010 Le Big Bazar
  • Royaume-Uni : des électeurs privés de vote

    <b> Vidéo -</b> En raison de l'affluence dans les bureaux de vote, de nombreux britanniques n'ont pas pu glisser leur bulletin dans l'urne avant l'heure de fermeture. Face aux protestations, la police a parfois été contrainte d'intervenir.

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  • Royaume-Uni : la presse populaire demande à Brown de partir

    Nicolas Bellet, le correspondant de TF1/LCI à Londres, dévoile les titres des journaux de vendredi matin. Si la presse de qualité souligne la situation chaotique, les tabloids conservateurs voient déjà David Cameron au 10, Downing Street.

    Publié le 07/05/2010 Royaume-Uni : la presse populaire demande à Brown de partir
Plus d'infos

Avec une soixantaine de députés sur 650 (pour environ 23% des voix), les "lib-dems" sont en effet arrivés en troisième position des législatives de jeudi. Même si c'est moins bien que prévu, cela suffirait à un éventuel attelage constitué du Labour et des libéraux-démocrates pour devancer les Tories, qui ne disposent que d'une majorité relative.

Clegg douche Brown
 
Vendredi matin, tous les regards étaient donc tournés vers Nick Clegg. Le leader des "lib-dems" a mis fin au suspense en fin de matinée dans une déclaration à son QG londonien. En restant dans la lignée du vote populaire dont il entend respecter la légitimité, il a douché en grande partie les espoirs de Gordon Brown.

 "J'avais dit que le parti, quel qu'il soit, recueillant le plus de voix et de sièges, même s'il n'obtenait pas la majorité absolue, avait la priorité pour tenter de gouverner, soit seul, soit en s'alliant avec d'autres partis. Je garde cette position", a-t-il lancé. "Je pense qu'il revient maintenant au parti conservateur de prouver qu'il est capable de tenter de gouverner dans l'intérêt général", a-t-il ajouté (regardez sa déclaration ci-dessous). Sous-entendu : pas question pour lui pour l'instant de rejoindre une coalition menée par le Labour. Nick Clegg n'a cependant pas précisé s'il a l'intention ou non de faire partie de l'alliance que David Cameron, le leader des Tories, va tenter de former.

Deux solutions pour Cameron

David Cameron semble donc désormais avoir la voie libre pour diriger le Royaume-Uni. Etant donné qu'un accord formel de gouvernement entre Tories et libéraux-démocrates,  plutôt de gauche, semble très peu probable, deux solutions pourraient se dessiner. 

Tout d'abord, David Cameron réussit à former une coalition majoritaire avec l'appui des petits partis (lire notre article : "la revanche des petits partis britanniques ?"). Ou alors il se lance dans l'aventure d'un gouvernement minoritaire qui obtiendrait le soutien au coup par coup des autres formations représentées à la Chambre des communes, libéraux-démocrates en tête. Le dernier exemple de ce type remonte à 1974. Il n'avait duré que sept mois.

Brown attend son tour

La question

Qui sera le prochain Premier ministre britannique ?

Gordon Brown
David Cameron
Nick Clegg
Une autre personne

 
 

De son côté, Gordon Brown, se drapant dans le costume de Premier ministre garant des institutions et non de chef du Labour, a rappelé en début d'après-midi que la situation du "Hung Parliament" ("Parlement suspendu"), c'est-à-dire un Parlement minoritaire, l'obligeait à rester en place pendant les discussions entre David Cameron et Nick Clegg. Sous-entendu : pas question de démissionner pour l'instant.

En cas d'échec des pourparlers Cameron-Clegg, le Premier ministre s'est dit prêt à entamer lui-même des discussions avec le dirigeant centriste. Et a déjà accepté par avance sa principale revendication : le changement du mode de scrutin et l'instauration d'une dose de proportionnelle, qui permettraient aux "lib-dems" d'être mieux représentés aux Communes

Le Royaume-Uni pourrait donc attendre quelques jours avant de connaître son futur Premier ministre. Il faut simplement que la chose soit réglée avant le 25 mai, date du discours du Trône par la reine Elizabeth II.

Par Fabrice Aubert le 07 mai 2010 à 13:00
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6 Commentaires

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  • alewis, le 07/05/2010 à 15h57

    Nick Clegg est loyal en respectant son engagement de négocier avec le parti qui a gagné le plus de sièges, cela ne l'empêchera pas de conserver son indépendance. Il est intelligent il a compris que G. Brown en réalité ne cherche pas le jeu des alliances mais que son but ultime est de conserver le pouvoir tout en avançant l'argument de l'intérêt du pays. La preuve est qu'il n'a pas remis la démission de son gouvernement et qu'il espère que les négociations entre les conservateurs et les démocrates libéraux échoueront.... son équipe continue à travailler.

  • foobrother, le 07/05/2010 à 15h38

    Je ne serais pas surpris de voir Nick Clegg retourner sa veste pour aller negocier avec Brown, parce que Cameron ne lui donne pas ce qu'il desire. Ca aussi c'est du pur esprit Britsh!

  • bizebi, le 07/05/2010 à 14h48

    So British.

  • cyril1342, le 07/05/2010 à 14h32

    C'est une bonne nouvelle pour l'Angleterre avec l'arrivée des conservateurs au pouvoir. Je pense que David Cameron fera un bon Premier Ministre et remettra le pays en marche après le mandat calamiteux de son prédécesseur. Au passage, bravo à Nick Clegg d'avoir respecté le vote Britannique en donnant le pouvoir à celui qui a récolté le plus de voix. C'est rare de voir homme politique digne, loyal et respectueux des électeurs. Je souhaite bon courage et un plein succès au futur Premier Ministre !

  • hc46, le 07/05/2010 à 13h53

    C'est pas drôle,il s'agit de l'avenir d'hommes et de femmes

  • humanoide56, le 07/05/2010 à 13h23

    Au moins les Anglais ont de l'humour, plutôt que couler lentement; autant saborder le navire rapidement

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