En annonçant sa future démission, Brown relance le jeu

Par F.A., le 10 mai 2010 à 18h32 , mis à jour le 11 mai 2010 à 09h13

Dossier : Royaume-Uni : la droite de retour à Downing Street

Le Premier ministre britannique sortant a annoncé qu'il démissionnerait de son poste de leader du Labour Party d'ici septembre, et donc de sa fonction de Premier ministre. C'était là une exigence des centristes pour éventuellement s'allier aux travaillistes.

gordon brownGordon Brown, le 10 mai 2010 © TF1/LCI

Après une journée de lundi où la presse a révélé que les libéraux-démocrates (centre), qui négocient officiellement avec les Tories (droite) pour trouver un accord de gouvernement, discutaient également en catimini avec le Labour (gauche), Gordon Brown, le Premier ministre travailliste sortant, a fait une annonce qui rebat les cartes politiques du Royaume-Uni.

  • Le Labour met la barre à gauche

    Virage à gauche annoncé pour le Parti travailliste britannique : c'est Ed Miliband, l'ancien ministre de l'Energie, qui a été élu samedi pour succéder à Gordon Brown. Il se présentait face à son frère David Miliband.

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  • David Cameron est le nouveau Premier ministre britannique

    Après plusieurs jours de tractations, le leader de la droite, vainqueur des législatives de jeudi dernier, succède à Gordon Brown, qui a remis sa démission. Il prend la tête d'une coalition "historique" avec le centre-gauche des libéraux-démocrates.

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  • Après le sacrifice de Brown, les négociations s'accélèrent

    Au lendemain de la démission annoncée du Premier ministre travailliste britannique sortant, Nick Clegg, le leader centriste, est plus que jamais le "faiseur de roi" de la future coalition. Choisira-t-il de s'allier avec la droite de David Cameron ou avec le Labour ? Réponse d'ici ce soir normalement.

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  • Royaume-Uni : entre droite et gauche, le centre balance

    Les discussions continuent entre la droite de David Cameron, arrivé en tête des législatives de jeudi sans majorité absolue, et le centre de Nick Clegg. Mais ce dernier négocie aussi en catimini avec le Labour à qui il aurait proposé son ralliement si Gordon Brown, le Premier ministre, démissionnait.

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  • Royaume-Uni : la droite drague toujours le centre

    Les discussions ont repris ce lundi entre les Tories de David Cameron, arrivés en tête des législatives de jeudi sans majorité absolue, et les libéraux-démocrates de Nick Clegg. Ce dernier n'excluerait pas de négocier avec le Labour si le Premier ministre Gordon Brown démissionne.

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Plus d'infos

 
Dans une allocution solennelle, le locataire du 10, Downing Street a en effet fait savoir en fin d'après-midi qu'il démissionnerait de son poste de leader du Labour d'ici l'automne et qu'il ne se représenterait pas à sa propre succession. Il a dit espérer que les travaillistes auront un nouveau leader au plus tard lors de la convention du parti prévue fin septembre. "En tant que chef de parti, je dois accepter qu'il y ait un jugement sur moi", a expliqué Gordon Brown.  

Le centriste Clegg ne voulait pas de Brown
 
Or, selon les institutions britanniques, le leader du parti au pouvoir occupe la fonction de Premier ministre. Avec cette déclaration, Gordon Brown, 59 ans, jette donc de fait l'éponge et abandonne l'idée de rester à son poste pendant toute la législature si le Labour réussit à former une coalition majoritaire dans les jours qui viennent avec les libéraux-démocrates.
 
Gordon Brown accède de fait à une revendication de Nick Clegg. Lors de ses pourparlers "secrets" avec les négociateurs travaillistes, le chef des "lib-dems" a en effet indiqué qu'il n'écartait pas l'idée de former une coalition avec le Labour. Mais a posé une condition claire et nette : que Gordon Brown passe la main et ne dirige pas le gouvernement. Ce sera donc le cas d'ici l'automne.  Les centristes ont aussitôt salué la décision.

Clegg plus que jamais "faiseur de roi"
 
Reste désormais à savoir qui va choisir Nick Clegg, dont les négociations vont se faire maintenant au grand jour aussi bien avec la droite qu'avec la gauche. La majorité absolue à la Chambre des communes est fixée à 326. Les Tories disposent de 306 députés, le Labour de 258 et les libéraux-démocrates de 57 -les autre formations se répartissant 28 mandats. Alliés, Tories et libéraux-démocrates disposeraient donc de la majorité absolue. Labour et libéraux-démocrates, bien que plus forts que les seuls Tories, ne l'auraient pas.

Deux solutions s'ouvrent à Nick Clegg : soit il trouve un accord avec David Cameron, le leader des Tories, pour former une coalition majoritaire et un gouvernement a priori stable. Soit il se lance dans l'aventure d'une alliance minoritaire et d'un gouvernement forcément instable avec le Labour. Dans ce cas, le futur leader du Labour, pour lequel les Britanniques n'ont pas voté, serait le Premier ministre.
 

Par F.A. le 10 mai 2010 à 18:32
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