Jean-Yves Camus est chercheur associé à l'Institut des relations internationales et stratégiques. Il est spécialisé dans l'étude des mouvements d'extrême-droite.
Pays-Bas : le député anti-islam à la barre
Geert Wilders, le chef de l'extrême droite néerlandaise, qui vient de conclure un accord de soutien à un gouvernement minoritaire, est jugé depuis ce lundi pour incitation à la haine raciale. Il avait comparé le Coran au livre "Mein Kampf" d'Adolf Hitler.
Publié le 04/10/2010
Le gouvernement néerlandais sera soutenu par le parti anti-islam
Trois mois après les législatives du 9 juin, un accord sur une coalition gouvernementale minoritaire entre libéraux et le centre-droit, soutenue par la formation populiste de Geert Wilders, a été conclu mardi soir.
Publié le 29/09/2010
Belgique : "Les francophones sont prêts à discuter des réformes"
<b> Décryptage -</b> Jean-Pierre Stroobants, auteur de "Belgique, laboratoire de la désunion européenne", explique sur TF1 News que les partis francophones, jusqu'ici réticents, devraient engager des discussions sur les réformes voulues par les Flamands depuis 2007.
Publié le 15/06/2010
Un député UMP évoque le rattachement de la Wallonie à la France
Le député UMP Jacques Myard a évoqué mardi la question du "rattachement de la Wallonie et de Bruxelles" à la France, après le triomphe historique des indépendantistes flamands en Belgique.
Publié le 15/06/2010
Y a-t-il quelqu'un pour sauver la Belgique ?
Quels vont être les effets de la poussée des séparatistes flamands aux législatives ? Quel gouvernement peut sortir de ces élections ? Quels vont être les défis auxquels il sera confronté ?
Publié le 14/06/2010
Belgique: victoire historique des indépendantistes flamands
Selon des résultats partiels, la N-VA recueillerait en Flandre près de 30% des votes lors des élections législatives de dimanche. "Ce sont des résultats extraordinaires", a clamé dimanche soir le chef de file du N-VA.
Publié le 13/06/2010
Belgique : élections décisives entre Wallons et Flamands
Les séparatistes flamands sont les grands favoris ce dimanche des législatives anticipées provoquées par la querelle linguistique qui menace de faire imploser le pays.
Publié le 13/06/2010
Pays-Bas : l'extrême-droite en force
Avec 15% des voix et 24 sièges, Geert Wilders, au discours anti-islam, a déjoué les sondages et terminé en troisième position des législatives anticipées de mercredi. Il pourrait s'avérer incontournable pour que les libéraux du VVD, arrivés en tête, puissent former une coalition stable.
Publié le 10/06/2010
Pays-Bas : "la crise a montré les limites de l'extrême-droite"
<b> Interview -</b> Laurent Chambon, spécialiste des Pays-Bas, décrypte pour TF1 News les enjeux des législatives anticipées de ce mercredi. Le score de l'extrême-droite, qui tient un discours anti-islam, sera scruté à la loupe.
Publié le 09/06/2010
TF1 News : La percée de Geert Wilders aux Pays-Bas et la victoire du N-VA en Flandre lors des législatives belges sont-elles le signe d'un basculement populiste ?
Jean-Yves Camus : Ce sont deux phénomènes différents qui sont le résultat de deux conjonctures elles-aussi différentes. Aux Pays-Bas, malgré la manière dont il est présenté par beaucoup de médias occidentaux, le PVV (Parti de la liberté) de Geert Wilders n'est pas un parti d'extrême-droite. Geert Wilders a par exemple été l'assistant parlementaire de Frits Bolkestein (ndlr : l'ancien commissaire européen au Marché intérieur rendu célèbre par sa directive sur les services dite "directive du plombier polonais") et a été député du VVD (ndlr : le parti libéral de droite).
Pour comprendre le phénomène Wilders, il faut le relier à Pim Fortuyn (ndlr : le leader populiste assassiné en 2002). Comme lui, il représente la même droite décomplexée qui affiche ouvertement son refus d'une société où l'islam -et pas seulement l'islamisme- serait visible. C'est en fait un homme de droite qui n'a qu'une seule obsession : le multiculturalisme, pilier de la société néerlandaise, et l'islam. Il compare ainsi le Coran à Mein Kampf et fait donc campagne aujourd'hui sur deux thèmes principaux : le refus de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et contre le multiculturalisme. Mais son score n'est pas seulement fonction de ses positions. Il y a un vrai débat actuellement dans la société néerlandaise pour savoir si le pays est allé trop loin dans le multiculturalisme. Le PVV accompagne ce débat.
| "Wilders n'est pas d'extrême-droite, De Wever n'est pas populiste" |
TF1 News : Peut-on comparer Geert Wilders à un homme politique français ?
J.-Y. C. : Non. Certes, Geert Wilders se situe à l'extrême-droite de la classe politique néerlandaise puisqu'il n'y a plus aucun parti à sa droite, à part quelques groupuscules qui vivotent tant bien que mal. Mais il n'est en rien représentatif de l'extrême-droite comme on l'entend, c'est-à-dire l'extrême-droite liée aux fascismes. A l'instar de la Ligue du Nord ou de l'UDC en Suisse, il représente une nouvelle catégorie de partis xénophobes, qui ont beaucoup de crédit dans leur pays, mais qui ne se rattachent pas à l'extrême-droite.
Il fait ainsi aussi campagne pour la mise en place d'une forte protection sociale pour les classes favorisées et contre l'allongement de l'âge de la retraite. Sur ces points, il se rapproche plutôt des thèmes de l'extrême-gauche. De même, il est pro-israélien. L'antisémitisme d'une partie des musulmans néerlandais lui permet d'avoir des relais dans la communauté juive néerlandaise et dans l'Etat d'Israël. Les félicitations adressées par Bruno Gollnisch jeudi sont donc un acte unilatéral. Geert Wilders n'a jamais sollicité l'appui, ni même de rendez-vous, avec le Front national français.
TF1 News : En Belgique, que signifie la percée des séparatistes flamands ?
J.-Y. C. : Il s'agit là d'un énième épisode de la marche vers un pays confédéral où coexisteront trois entités : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Chacune sera totalement autonome. Seules les compétences régaliennes seront gérées par le gouvernement. Mais contrairement à ce qu'on peut lire ou entendre dans les médias, la N-VA n'est pas populiste. C'est simplement un parti conservateur de droite et républicain -il faut bien souligner cet aspect républicain. Il n'est pas plus populiste qu'une autre formation flamande.
A force d'être trop utilisé, le terme 'populiste', qui désigne normalement un parti xénophobe et qui décrédibilise les élites, finit par être galvaudé. Peut-on en effet utiliser ce terme très péjoratif pour les partis qui ne font qu'émettre un avis négatif sur les élites ?
| "La crise ne favorise pas obligatoirement l'extrême-droite" |
TF1 News : PVV aux Pays-Bas, FN en France, Ligue du Nord en Italie. Les dernières élections tenues en Europe ont néanmoins montré une percée de ces partis contestataires de droite.
J.-Y. C. : Certes. Mais il y a aussi des contre-exemples. En Slovaquie, le Parti national slovaque (SNS) n'a récolté que 5% aux législatives de ce week-end contre le double lors du précédent scrutin. En Autriche, la candidate du FPÖ à la présidentielle d'avril, Barbara Rosenkranz, n'a obtenu que 15% (ndlr : en 2008, le FPÖ avait atteint 30% aux législatives). Et même en France, si le FN a progressé entre 2007 et 2010, il était en recul par rapport aux précédentes régionales de 2004. Au Royaume-Uni et en Allemagne, l'extrême-droite n'a également pas fait de bons scores aux législatives.
Il est donc difficile de parler d'une vague nationale-populiste en Europe actuellement. Au contraire. Comme on a encore pu le voir avec les Pays-Bas, la République tchèque ou la Hongrie, les électeurs font souvent le choix de formations de la droite classique qui promettent des mesures d'austérité. Bref, la crise ne favorise pas obligatoirement l'extrême-droite.
TF1 News : La comparaison entre la situation actuelle et les années 30 est-elle exagérée ?
J.-Y. C. : Tout à fait. Il y a une différence massive : celle des filets de protection instaurés par les Etats. Dans les années 30, il n'y avait ni assurance chômage ni sécurité sociale. Et le contexte est totalement différent. La crise avait alors eu lieu une dizaine d'années après la fin de la 1re Guerre mondiale, qui était encore présente dans tous les esprits. Il n'y a eu aucun fait similaire en Europe depuis 1945. Le parallèle avec les années 30 me paraît donc inutile et alarmiste.
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