Le rapport qui ravive les blessures du "Bloody Sunday"

Par TF1 News (D'après agence), le 15 juin 2010 à 07h23 , mis à jour le 15 juin 2010 à 11h36

Après 12 ans d'enquête, le rapport sur la sanglante répression par l'armée britannique d'une manifestation catholique à Londonderry est attendu ce mardi.

[Expiré] [Expiré] "Bloody sunday" : Gerry Duddy, frère d'une victime, pose devant une affiche montrant son frère blessé © AFP / P. Muhly

Cinq mille pages de conclusions, plus de 2500 témoignages : après douze ans d'une enquête fleuve marquée par un coût exorbitant (190 millions de livres, soit 230 millions d'euros), le rapport sur le "Bloody Sunday", le "dimanche sanglant" du 30 janvier 1972 où la répression par l'armée britannique d'une manifestation catholique avait fait 14 morts, est rendu public ce mardi. Son contenu sera dévoilé en milieu d'après-midi simultanément à Londres, où le Premier ministre David Cameron prononcera un discours devant le Parlement britannique, et à Londonderry, deuxième plus grande ville d'Irlande du Nord, où des milliers de manifestants sont attendus. Initialement, le rapport Saville (du nom de celui qui a présidé les investigations) avait été promis par l'ancien premier ministre Tony Blair à l'époque où il s'efforçait d'obtenir l'appui des républicains pour conclure les accords du Vendredi-Saint en 1998.
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Les familles des victimes espèrent que les conclusions montreront que leurs proches étaient innocents et que la responsabilité du massacre sera rejetée sur les militaires. Mais la publication du rapport fait aussi craindre un retour des tensions, 38 ans après les faits. "Une chose est certaine : Lord Saville ne pourra satisfaire tout le monde", a prévenu Paul Bew, professeur de politique irlandaise à l'université de la Reine, à Belfast, et conseiller de l'enquête entre 1998 et 2001, dans un article publié par le Daily Telegraph.

Juger ou blanchir ?

Que s'est-il passé exactement en ce 30 janvier 1972 ? Dans quelles conditions des soldats britanniques ont-ils ouvert le feu sur une manifestation non autorisée en faveur des droits civiques, dans une région alors très hostile à la présence britannique en Ulster ? Les militaires avaient affirmé avoir tiré sur des personnes armées de pistolets ou de bombes garnies de clous, ce que les témoins et les proches des victimes avaient vivement démenti. Ce drame avait envoyé des centaines de volontaires vers les rangs de l'Armée républicaine irlandaise, qui avait alors intensifié sa campagne visant à rattacher l'Ulster à l'Irlande.

Les médias britanniques ont envisagé que le rapport puisse déboucher sur des poursuites judiciaires contre les soldats impliqués à l'époque dans la fusillade. Mais une telle issue ne manquerait pas de déclencher un tollé dans les rangs unionistes. "Je pense que beaucoup de gens seraient atterrés si les militaires étaient poursuivis alors que d'autres personnes, qui enfreignaient la loi chaque jour, ne l'étaient pas", estime Gregory Campbell, parlementaire britannique du parti des unionistes démocrates, élu dans la circonscription de Londonderry Est. Campbell a notamment mentionné Martin McGuinness, à l'époque numéro deux de l'IRA dans la ville, aujourd'hui vice-Premier ministre d'Ulster dans le gouvernement formé entre les républicains et les unionistes. Pour d'autres, une polémique est à craindre si les soldats du "Bloody Sunday" sont présentés devant la justice alors que de nombreuses personnes des deux camps, condamnées pour meurtre, ont bénéficié de libérations anticipées après les accords du Vendredi-Saint.

Par TF1 News (D'après agence) le 15 juin 2010 à 07:23
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1 Commentaires

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  • phrq, le 15/06/2010 à 14h00

    Pourquoi si longtemps après?

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