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- Retour sur le Bloody Sunday - 01 min 03 s
Bloody Sunday : 38 ans après, le Royaume-Uni présente ses excuses
Le Premier ministre David Cameron a solennellement reconnu mardi la responsabilité de l'armée britannique dans la mort de 14 catholiques lors d'une manifestation en Irlande du nord le 30 janvier 1972.
Publié le 15/06/2010
Les familles des victimes espèrent que les conclusions montreront que leurs proches étaient innocents et que la responsabilité du massacre sera rejetée sur les militaires. Mais la publication du rapport fait aussi craindre un retour des tensions, 38 ans après les faits. "Une chose est certaine : Lord Saville ne pourra satisfaire tout le monde", a prévenu Paul Bew, professeur de politique irlandaise à l'université de la Reine, à Belfast, et conseiller de l'enquête entre 1998 et 2001, dans un article publié par le Daily Telegraph.
Juger ou blanchir ?
Que s'est-il passé exactement en ce 30 janvier 1972 ? Dans quelles conditions des soldats britanniques ont-ils ouvert le feu sur une manifestation non autorisée en faveur des droits civiques, dans une région alors très hostile à la présence britannique en Ulster ? Les militaires avaient affirmé avoir tiré sur des personnes armées de pistolets ou de bombes garnies de clous, ce que les témoins et les proches des victimes avaient vivement démenti. Ce drame avait envoyé des centaines de volontaires vers les rangs de l'Armée républicaine irlandaise, qui avait alors intensifié sa campagne visant à rattacher l'Ulster à l'Irlande.
Les médias britanniques ont envisagé que le rapport puisse déboucher sur des poursuites judiciaires contre les soldats impliqués à l'époque dans la fusillade. Mais une telle issue ne manquerait pas de déclencher un tollé dans les rangs unionistes. "Je pense que beaucoup de gens seraient atterrés si les militaires étaient poursuivis alors que d'autres personnes, qui enfreignaient la loi chaque jour, ne l'étaient pas", estime Gregory Campbell, parlementaire britannique du parti des unionistes démocrates, élu dans la circonscription de Londonderry Est. Campbell a notamment mentionné Martin McGuinness, à l'époque numéro deux de l'IRA dans la ville, aujourd'hui vice-Premier ministre d'Ulster dans le gouvernement formé entre les républicains et les unionistes. Pour d'autres, une polémique est à craindre si les soldats du "Bloody Sunday" sont présentés devant la justice alors que de nombreuses personnes des deux camps, condamnées pour meurtre, ont bénéficié de libérations anticipées après les accords du Vendredi-Saint.
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