© sxc.hu / DR "Le mouvement de protestation lancé par la fédération nationale de la presse n'est pas la défense corporatiste des journalistes, mais le cri d'alarme de ceux qui s'inquiètent des effets qu'auront la nouvelle loi (...) : la limitation extrême de la possibilité de diffuser des nouvelles, de faire de l'information." Comme l'immense majorité des sites internet d'information, des médias papier, télévisés et radios, le site corriere.it - du quotidien Corriere della Sera -, est en grève ce vendredi, et observe une "journée du silence". "Le site corriere.it ne sera pas mis à jour", prévient la rédaction. Les journalistes italiens ont en ligne de mire ce qu'ils ont baptisé la "loi-baîllon", un projet de loi qui prévoit jusqu'à deux mois de prison et une amende pouvant atteindre 464.700 euros pour les éditeurs de journaux et médias audiovisuels diffusant des écoutes ou des enregistrements audio et vidéo pendant une enquête judiciaire. A l'origine, la loi complique considérablement la possibilité pour les juges de procéder à des écoutes. Les médias, à leur suite, n'auront pas le droit de publier leurs transcriptions ou de leurs résumés ni ne pourront donner des informations sur une enquête que lorsque les investigations préliminaires seront terminées. Le système judiciaire étant très lent, cela pourra prendre des années.
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Le chef du gouvernement est monté au front à son tour dans l'affaire Bettencourt, alors que le site Mediapart concentre les attaques de la droite. Une élue UMP compte déposer une proposition de résolution qui encadrerait le "droit d'informer".
Publié le 09/07/2010
Les médias italiens font une "journée du silence"
Publié le 09/07/2010
Loi "sur mesure"?
Cette loi, le président du Conseil Silvio Berlusconi la défend au nom du respect de la vie privée et des droits de la défense. L'opposition de gauche et la majorité des grands médias y voient une tentative de museler la presse et d'empêcher la divulgation d'informations embarrassantes pour le chef du gouvernement. Certaines voix dénoncent aussi une loi "sur mesure" : le projet de loi a sommeillé au Parlement pendant des mois, mais a été exhumé par le gouvernement après la publication par la presse de transcriptions d'écoutes sur une affaire de corruption concernant des contrats de travaux publics dans lesquels le gouvernement Berlusconi était impliqué. Il s'agit d'un "geste symbolique pour montrer tous les silences que la loi imposerait", explique la Fédération nationale de la presse (FNSI, syndicat national des journalistes) qui a appelé à cette journée.
Dès vendredi 7H00, les fils des agences d'information se sont tus. Sur les chaînes d'information en continu, des programmes pré-enregistrés sont interrompus seulement par le journal de 6H00 qui tourne en boucle et seules deux autres éditions, à la mi-journée et dans la soirée, sont prévues. Sur Rai News 24, un bandeau indique: "grève des journalistes contre la loi-bâillon jusqu'à demain 6H00". Seul Il Giornale, quotidien appartenant à la famille Berlusconi est présent dans les kiosques. Son directeur, Vittorio Feltri, explique dans une vidéo "ne pas être satisfait de la loi-bâillon" mais juge "erroné de se mettre le baîllon tout seul et de se priver du seul moyen qui nous permet de nous tourner vers les lecteurs". De son côté, le quotidien de gauche la Repubblica voient dans les événements la manifestation d'une crise plus grave : "Cette grève est aussi l'unique façon, dans un pays où règne malheureusement un monopole télévisé inapproprié, de porter à la connaissance du public des télévisions ce qui se passe dans les circuits entre le pouvoir, la justice, l'information et l'opinion publique : c'est-à-dire la tentative par la loi d'obstruer ce circuit", lit-on aujourd'hui sur le site internet du journal.
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