Bronislaw Komorowski remporte la présidentielle polonaise.
Le candidat libéral à l'élection présidentielle en Pologne, Bronislaw Komorowski, a été élu dimanche après un duel serré avec le conservateur Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président défunt. M. Komorowski, candidat du parti pro-européen au pouvoir Plateforme civique, a recueilli 53% des voix contre 47% pour M. Kaczynski. Le taux de participation a été de 56,2%, précise cette même enquête.
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Publié le 05/07/2010
Sans attendre les résultats définitifs, le chef des conservateurs polonais a félicité Bronislaw Komorowski pour sa victoire. Les marchés financiers sont favorables à Komorowski, qui devrait travailler harmonieusement avec le Premier ministre Donald Tusk, un libéral comme lui, à la réduction du déficit budgétaire, sans toutefois entraver la reprise économique. "Je pense qu'il y aura une réaction très positive des marchés", a prédit le ministre des Finances, Jacek Rostowski. Le plus grand des anciens pays communistes de l'Union européenne est le seul du bloc à avoir évité la récession l'an dernier, mais la Pologne doit réduire un important déficit budgétaire et sa dette publique. "Aujourd'hui, la démocratie l'a emporté, notre démocratie polonaise", a déclaré Komorowski dans un discours soulignant la nécessité du dialogue et de la coopération. "Il est important de ne pas fomenter de divisions mais de bâtir un sens de l'unité", a-t-il ajouté devant ses partisans enthousiastes.
Le libéral Bronislaw Komorowski, 58 ans, est un ancien radical anticommuniste devenu homme de compromis. "J'étais un radical, déclarait-il récemment, je contestais la Table ronde" entre le mouvement pro-démocratique Solidarité et le pouvoir communiste, négociations qui ont ouvert la voie en 1989 à la décomposition de l'ancien régime en Pologne. "J'estimais que la Table ronde était une trahison et que les communistes allaient nous avoir", a-t-il confié. Contrairement à des millions de Polonais, il a même boycotté les premières élections semi-démocratiques en Pologne, le 4 juin 1989. Le changement est survenu quelques mois plus tard, sous l'influence de Tadeusz Mazowiecki, premier chef d'un cabinet non-communiste du bloc soviétique, qui lui a confié un poste dans son administration. M. Mazowiecki lui a ainsi offert "une chance de changer et de devenir un homme de compromis et de modération", a-t-il reconnu. C'est avec Tadeusz Mazowiecki et d'autres opposants tels que Bronislaw Geremek et Wladyslaw Bartoszewski, futurs chefs de la diplomatie polonaise, que Bronislaw Komorowski avait été interné le 13 décembre 1981, après l'instauration de la loi martiale par le général Wojciech Jaruzelski. Depuis, Bronislaw Komorowski a occupé dans trois gouvernements le poste de vice-ministre de la Défense, avant d'en prendre le portefeuille entre 2000 et 2001 dans le gouvernement de Jerzy Buzek, actuel président du Parlement européen.
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