Risques sur la Russie, mais aussi sur l'Europe. L'association écologiste Robin des Bois a mis en garde jeudi contre le risque de retombées radioactives en Europe, un danger que l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) s'est engagé à surveiller de près. L'IRSN "pourra disposer dans quelques semaines des résultats de mesure" en cours, et assure qu'il les présentera "dès qu'ils seront disponibles". "D'éventuelles traces de pollution radioactive ne pourront être décelées que si la France est exposée au panache de fumées. Or, depuis ces derniers jours, le territoire est plutôt sous des vents orientés nord-ouest", explique l'IRSN. "En tout état de cause, les niveaux d'activité susceptibles d'être observés en France à la suite de tels phénomènes ne sont pas de nature à provoquer une inquiétude d'ordre sanitaire", affirme l'institut.
La France prête à aider
Les installations militaires russes sont également surveillées de près. Quelques sites ont évacués par précaution, dont un dépôt de munitions de la région de Moscou. Le président Dmitri Medvedev a ordonné mercredi de renforcer la protection des sites stratégiques après l'incendie d'une base logistique militaire près de la capitale. Sur l'ensemble du pays, "on a constaté au cours des dernières 24 heures une baisse du nombre d'incendies, pas assez importante toutefois pour que l'on puisse se réjouir", a déclaré le ministre des Situations d'urgence, Sergueï Choïgou. La situation s'est aggravée dans le Sud-Ouest, alors que l'Ouest et le Centre de la Russie - où l'état d'urgence a été décrété dans sept régions étaient jusqu'à présent les plus durement touchés par les incendies.
Le bilan des pertes humaines est passé jeudi de 48 à 50 morts, selon le ministère. A Moscou, le nombre de morts a été multiplié par trois cet été, certains crématoriums refusant même de réceptionner les corps, car ils n'arrivaient pas à suffire à leurs fonctions, selon plusieurs bureaux de pompes funèbres locaux. De plus en plus de moscovites circulent avec des masques de protection, une épaisse fumée a en effet commencé à recouvrir la capitale.
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi que les autorités françaises "se tenaient prêtes à répondre à toute demande d'assistance", selon un communiqué de l'Elysée. La France dispose d'avions bombardiers d'eau, tout comme l'Italie qui a déjà dépêché deux Canadair en Russie. Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est entretenu jeudi par téléphone avec Dmitri Medvedev pour exprimer sa "solidarité avec le peuple russe et présenter ses condoléances aux familles des victimes de cette catastrophe naturelle", selon un communiqué du Kremlin. En raison de la sécheresse qui entraîne une énorme perte pour les récoltes, le Premier ministre Vladimir Poutine a interdit les exportations de céréales jusqu'à la fin de l'année. La Russie est le troisième exportateur mondial de céréales, et les difficultés de son agriculture ont déjà contribué à une flambée des cours du blé sur les marchés mondiaux.
| Hausse vertigineuse du nombre de morts |
Le nombre de décès à Moscou en juillet a été supérieur de près de 50% au même mois de l'année dernière, avec près de 5.000 morts supplémentaires imputables à la canicule, selon les services de l'état-civil de la capitale russe. "L'augmentation de décès a commencé en juillet, en juin au contraire les chiffres étaient plutôt bons. La canicule a très certainement influé", a-t-on déclaré, sans pouvoir cependant donner de statistiques sur les cause de décès. |







