Natascha Kampusch raconte l'horreur de ses années de captivité

le 08 septembre 2010 à 10h43 , mis à jour le 08 septembre 2010 à 10h48

La jeune femme qui a vécu huit ans dans une cave, sous le joug de son ravisseur, sort un livre cette semaine, détaillant les sévices qu'il lui a fait subir.

Natascha KampuschNatascha Kampusch © Abaca

Quatre ans après s'être enfuie, Natascha Kampusch publie cette semaine un livre sur ses huit années de séquestration dans une cave. Les mémoires de Kampusch, "3.096 jours", détaillent les méthodes de Wolfgang Priklopil, son ravisseur, qui l'affamait, la frappait pour qu'elle ne puisse pas s'étendre sur le dos et la forçait à nettoyer sa maison à demi nue en la traitant d'esclave. Celle qui avait dix ans lors de son enlèvement estime avoir survécu grâce à ses "instincts d'enfant", pressentant à quel moment il valait mieux céder à son ravisseur "malade" et quand lui résister. Elle s'est échappée en août 2006. Priklopil s'est suicidé quelques heures plus tard en se jetant sous un train.

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Enlevée dans la capitale autrichienne sur le chemin de l'école, Kampusch dit s'être obligée à régresser mentalement à l'âge de quatre ou cinq ans afin de supporter ses premières nuits dans la cellule sans ouverture où Priklopil la confinait dans le sous-sol de sa maison. "C'était une tentative désespérée pour créer un petit refuge dans une situation sans espoir", écrit Kampusch, aujourd'hui âgée de 22 ans, dans la version allemande de ses mémoires. "Quand le ravisseur revenait dans la cellule, je lui demandais de rester avec moi, de me mettre au lit correctement et de me lire une histoire avant que je m'endorme. "Je lui demandais même de m'embrasser pour me souhaiter bonne nuit, comme le faisait ma mère, n'importe quoi pour préserver l'illusion de la normalité", indique-t-elle. Kampusch dit avoir eu terriblement peur qu'il la tue.
 
"Cours, cours, bon sang, cours !"
 
Dans les dernières années de sa captivité, l'adolescente s'est mise à tenir des carnets de notes qui ont servi à la rédaction de son livre, auquel deux "nègres" ont contribué. Kampusch a été victime d'abus sexuels et psychologiques de la part de Priklopil, qui lui criait jour et nuit par interphone qu'elle devait lui "obéir". Il lui rasait la tête et brûlait ses cheveux par crainte que la police ne découvre des traces de son ADN. Il faisait aussi en sorte qu'elle soit sous-alimentée. "Par ces méthodes, le ravisseur me maintenait en état de faiblesse et faisait de moi une captive à la fois dépendante et reconnaissante (du peu de nourriture qu'il lui donnait)."  Elle a tenté plusieurs fois de se supprimer.

Le récit de Kampusch laisse entendre qu'elle a failli être découverte plus d'une fois durant ses huit ans de détention, en particulier un jour où des policiers ont arrêté la voiture de Priklopil et lors d'un séjour en montagne. Un complément d'enquête a conclu cette année que Priklopil avait agi seul pour enlever et séquestrer l'écolière. Kampusch s'est échappée en 2006 alors qu'elle passait l'aspirateur dans la voiture de Priklopil et que celui-ci était occupé à répondre au téléphone. "J'étais seule. Pour la première fois depuis le début de mon emprisonnement, le ravisseur n'avait pas les yeux sur moi", écrit-elle en évoquant l'état de choc où elle s'était sentie avant de retrouver son instinct de survie. "Cours, cours, bon sang, cours !", se disait-elle. Depuis qu'elle a retrouvé la liberté, Kampusch anime un talk-show et a fait quelques apparitions médiatiques préparées avec soin. Un film consacré à son histoire sortira en salle en 2012. "Ce n'est que maintenant et avec ces lignes que je peux tirer un trait sur tout cela", écrit-elle au dernier chapitre du livre. "Je peux vraiment dire à présent : je suis libre."

le 08 septembre 2010 à 10:43
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7 Commentaires

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  • ilesmarquises, le 07/11/2010 à 08h50

    Je me demande pourquoi certains doutent de sa bonne foi.... Sans doute parce que çà paraît incroyable d'un être humain puisse faire çà à un enfant.... Pourtant, on en découvre régulièrement des horreurs pareilles. Des enfants enlevés et séquestrés, parfois même par leur proche famille ! Au moment même où Natacha est libre, il y a peut-être ailleurs des enfants disparus qui vivent le même calvaire ! Si c'est le cas, j'espère vivement qu'on finira par les retrouver et qu'ils s'en sortiront !.... Bon courage Natacha, tu as été forte, il faut maintenant rattraper le temps perdu... longue vie à toi !

  • glee77, le 08/09/2010 à 16h29

    L'homme est un animal..comment peut on faire une chose pareille a une enfant de 10 ans? C'est bien triste...

  • mam01, le 08/09/2010 à 14h56

    Eh ben jen ai des frissons..... fonce Natascha bravooo a TOI.....

  • michalowice, le 08/09/2010 à 12h42

    Se raconter, vider ses angoisses vécues, est une excellente thérapie pour cette jeune femme à qui on a volé son enfance, j'espère que ce livre lui apportera la paix et la sérénité.

  • nick666, le 08/09/2010 à 12h37

    Rien à ajouter;j'espère que la vie ne sera plus qu'un long fleuve tranquille pour cette adorable jeune femme qui a du courage pour 10000 personnes...J'espère surtout qu'elle se souviendra que tous les hommes ne sont pas de misérables laches , et qu'il y a mille belles choses a découvrir sur l'être humain, même si il restera pour toujours le plus grand prédateur nuisible et sans fonction sur cette pourtant magnifique planète!

  • mamienou42, le 08/09/2010 à 11h54

    Une gamine courageuse, et une jeune femme extra-ordinaire , très lucide. Je vous souhaite tous les bonheurs du monde.

  • celiaaa78, le 08/09/2010 à 11h17

    Tout simplement bravo à cette jeune femme d'avoir tenu le coup, je vous souhaite du bonheur en quantité astronomique vous le méritez grandement,

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