Natascha Kampusch raconte son calvaire pour tourner la page

Par , le 29 octobre 2010 à 16h48 , mis à jour le 29 octobre 2010 à 20h34

Chronique - Enlevée et séquestrée pendant 8 ans, Natascha Kampusch publie mercredi "3096 jours", le récit de son cauchemar : les circonstances de son enlèvement, quotidien de sa captivité, sa terrible relation avec son bourreau. TF1 News l'a lu.

Natascha KampuschNatascha Kampusch en décembre 2009 © ABACA

Ce jour-là, Natascha Kampusch a attrapé son goûter, mis son anorak rouge, fait une caresse au chat et elle est partie. A l'école, seule, son cartable multicolore sur le dos. Elle allait lui montrer à sa mère qu'elle n'était plus une gamine. "Ce serait le premier jour de ma nouvelle vie, et le dernier de l'ancienne (...) mais j'étais loin d'imaginer comme cela allait se produire", raconte aujourd'hui la jeune femme. La suite, tout le monde la connaît. Ce 2 mars 1998, l'Autrichienne de 10 ans est enlevée par Wolfgang Priklopil. Il l'a séquestre, elle s'échappera, il se suicidera le jour même de son évasion le 23 août 2006. Son calvaire durera "3096 jours" précisément, le titre de son livre qui sort mercredi en France.

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Cette autobiographie, celle qui se définit comme une "survivante" l'a écrite pour tirer un trait, dire enfin "je suis libre". Pour pouvoir se reconstruire, à défaut d'oublier, la jeune femme aujourd'hui âgée de 22 ans reprend depuis le début : par la petite fille grosse qu'elle était. Un père alcoolique, une mère colérique, des parents qui finissent pas se séparer et une fillette laissée seule. Elle se réfugie dans la télévision. Entourées de sucreries, elle regarde des émissions où l'on parle de fillettes enlevées, violées ou assassinées. Les recommandations y sont légions : "ne suivez jamais un inconnu, n'acceptez pas de bonbons..."
 
Quelques minutes avant d'être enlevée, elle repense à tous ces avertissements. Mais, en voyant cet homme seul à côté de sa camionnette blanche, Natascha Kampusch ne veut pas avoir peur. "Si je veux vraiment devenir adulte, je ne dois pas céder à cette impulsion", se répète-t-elle. Puis, tout va très vite. Elle passe à côté du véhicule, il l'attrape par la taille, la jette dans le fourgon. C'était comme une chorégraphie, comme si nous l'avions répétée ensemble. Une chorégraphie de la terreur." Dans la fourgonnette, elle sait pour avoir vu dans un magazine policier que chaque détail compte pour retrouver un criminel. Elle lui pose deux questions : sa pointure et s'il va abuser d'elle. "Tu es bien trop jeune", lui répond-il.

"Ma stratégie de survie"
 
Wolfgang Priklopil l'emprisonne dans un cachot de 5 mètres carrés qu'il a creusé sous sa cave, chez lui, dans un pavillon de Strasshof, dans la banlieue de Vienne. Pendant 3096 nuits, la pièce sera pour Natascha, un refuge et une prison. Au début de sa séquestration, la petite fille est confiante : la police va la retrouver, ça se passe comme ça dans les séries télé. Progressivement, sa captivité "lui rentre dans le sang". L'ouvrage détaille les méthodes de Wolfang Priklopil pour faire de cette petite-fille grassouillette, sa chose. Il l'affame, la frappe, la force à nettoyer sa maison à demi-nue, lui rase la tête, la traite en esclave. Les manipulations mentales sont permanentes. Il l'épie, l'insulte "Regarde-toi, tu es grosse et moche", la rabaisse, lui fait du chantage. "Par ces méthodes, le ravisseur me maintenait en état de faiblesse et faisait de moi une captive à la fois dépendante et reconnaissante", écrit Natascha Kampusch. "Ses paroles me transperçaient comme des flèches", se souvient-elle encore. "Ces formes d'oppression étaient le cadre dans lequel j'évoluais (...) Ma seule marge de manœuvre était de lui pardonner, écrit-elle. Par le pardon, je repoussais ses actes loin de moi."
 
Wolfang Priklopil est le seul être humain avec qui elle est en contact durant ces huit années. Ses autres compagnons seront une Barbie qu'il lui a offerte, une radio et des livres. De l'enfant qu'elle est, il veut faire une petite femme vaillante, qui ne le contredit pas et accomplit parfaitement les taches ménagères. Il lui ordonne de l'appeler Maestro et la rebaptise Bibiana. L'a-t-il violée ? Si elle parle de brimades sexuelles comme faisant partie des "tourments quotidiens", elle ne veut pas en dire plus. Elle dormira, attachée contre lui. "Il n'était pas question de sexe, cet homme qui me frappait et m'affamait, voulait des câlins." Dans son livre, Natasha Kampush répond aussi à ceux pour qui elle a été frappée par le syndrome de Stockholm. "Le rapprochement avec le ravisseur n'est pas une maladie (...). Se créer un cocon de normalité dans le cadre d'un crime n'est pas un syndrome. Au contraire. C'est une stratégie de survie". Survivre, elle y a réussi grâce à ses "instincts d'enfant". A 22 ans, Natascha Kampusch veut devenir adulte. "J'ai survécu à la captivité dans le cachot, le suis libérée et suis restée debout. Je sais que je peux aussi être maître de ma vie en liberté."

3096 JOURS

de Natascha  Kampusch

éditions JC Lattès,

en librairie le 3 nov,

20 euros

Par Amélie Gautier le 29 octobre 2010 à 16:48
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15 Commentaires

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  • mamemimomu60, le 11/02/2011 à 10h14

    Je suis actuellement entrain de lire son livre et j'ai moi aussi quelques doute sur l'authenticité de certaines choses,mais bon il n'y a qu'elle qui sache ce qui s'est réellement passé!!Mais je ne remets pas en doute ce q'elle a subi,mais c'est tout le profit financier qu'elle en retire qui me géne!!!

  • chanel02240, le 31/01/2011 à 14h54

    Je viens de finir son livre et je suis bouleversé ... elle est inteligente et forte je crois en tout ce qu'elle dit ! il faut se mettre à sa place elle n'a connu que cet homme pendant 8 ans alors qu'elle n'était qu'une enfant ... comment ne pas avoir une sorte d'attachement à son bourreau ? De plus c'est ce qui la sauvée et permit de tenir pendant toutes ces années de calvaires. Je lui souhaite une longue vie heureuse.

  • amecor14, le 02/11/2010 à 15h29

    Parce qu'elle ne voulait pas que d'autres se servent de cette maison comme d'une attraction et qu'ils profitent de ce qui c'était passé pour ce faire de l'argent. je pense qu'en réfléchissant, on peut le comprendre mais certains ont l'air d'avoir du mal vu les commentaires.

  • ilesmarquises, le 01/11/2010 à 12h59

    C'est votre commentaire qui est bizarre..... Il y a quand même des preuves et les enquêteurs ont retrouvé la cachette, sans compter l'agresseur qui s'est suicidé et les témoins qui l'ont vu avec la fille, etc..... Il vous faut quoi d'autre ??

  • croix70, le 01/11/2010 à 10h02

    Non elle n'a pas racheté la maison de son bourreau, c'est la justice qui la lui attribuée en guise de dédommagement. Ce qu'elle fera .......nul ne le sait.

  • garance54, le 31/10/2010 à 12h13

    Moi aussi je trouve cette fille bizarre. Non pas que je ne crois pas a son histoire mais elle a quand meme racheter la maison de son bourreau !!!!! Pourquoi faire ca ??

  • thierrymugler77, le 30/10/2010 à 10h02

    Je suis tout à fait d'accord avec vous. Bizarre autant qu'étrange

  • elealouest, le 30/10/2010 à 09h50

    Cavagna02, pourquoi vous n'y croyez pas ? parce que cette jeune fille est calme, pas assez larmoyante peut-être ?

  • mam01, le 29/10/2010 à 23h57

    Oui physiquement va mieux mais moralement avec les annees qui passeront peut etre.... je veux bien croire ce quelle dit pourquoi devrait elle mentir..? des fous il y en a de toutes sortes.... elle a reussit a se sauver de ce monstre et je lui dis bravo et bonne chance..!!!

  • michalowice, le 29/10/2010 à 22h15

    Se raconter est la meilleure thérapie pour oublier, elle est trop jeune pour porter un tel mal en elle!!! avec le temps, avec le temps va, tout s'en va ......

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