Quand la Belgique regarde "sa mort en direct"

Par TF1 News (D'après agence), le 22 novembre 2010 à 08h11 , mis à jour le 22 novembre 2010 à 11h43

Une émission diffusée dimanche soir sur les chaînes publiques néerlandophone et francophone a évoqué l'impact d'un éventuel éclatement du pays.

[Expiré] [Expiré] drapeau Belgique © AFP

La Belgique a regardé dimanche sa "mort en direct" dans une émission de télévision spéciale sur l'impact d'un éclatement du pays. Qu'adviendrait-il de Bruxelles, du roi Albert II, de l'armée, de la dette nationale ou de la sécurité sociale ? Ces questions ont été abordées en une quarantaine de minutes dans une édition spéciale du magazine d'actualité de la télévision publique belge néerlandophone VRT, baptisée "Plan B". L'émission, fait exceptionnel, a été simultanément retransmise sur la télévision publique francophone RTBF.

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Elle rappelle par le thème choisi une "vraie-fausse" fiction retentissante sur la scission du pays, "Bye-Bye Belgium", diffusée fin 2006 par la RTBF. Tournée comme s'il s'agissait d'un journal télévisé en direct annonçant la proclamation unilatérale d'indépendance par la Flandre, l'émission avait fait croire à des centaines de milliers de téléspectateurs, par le biais de faux reportages, que la messe était dite. Il n'en a rien été cette fois. L'émission entendait regarder la réalité en face en donnant la parole à 11 universitaires.
 
Une plongée dans l'incertitude pour au moins 10 ans
 
Le simple fait que la télévision belge décortique la question montre néanmoins l'évolution qu'a connue l'opinion depuis que la crise politique nationale s'est brusquement envenimée en 2007 à la suite de revendications autonomistes plus dures de la part de la Flandre. La victoire d'un parti flamand séparatiste aux élections législatives de juin dernier, la N-VA, est passée par là. Depuis, le pays n'a toujours pas réussi à se doter d'un nouveau gouvernement.
 
"En droit international, il n'y a pas de règles pré-établies à suivre pour scinder un pays. Il faudrait tout négocier", a expliqué l'un des professeurs, rappelant que l'accord de scission de la Tchécoslovaquie comportait plus de 22.000 pages. Mais il est clair que les francophones auraient le plus à perdre  économiquement d'une scission. En termes de richesse par habitant et par rapport à une moyenne nationale à 100, la Flandre se situe aujourd'hui à 109%, selon les statistiques officielles. La Wallonie n'est qu'à 87% et la ville-Région de Bruxelles est encore plus pauvre (86%). Entre le partage de la dette fédérale et le maintien des institutions européennes en Belgique, les problématiques découlant d'un éclatement sont complexes voire inextricables, ont souligné les experts. "Le repli de la solidarité vers des entités plus petites est un recul de la civilisation", a lâché Bea Cantillon, professeur à l'Université d'Anvers à propos de la sécurité sociale, l'une des rares expertes à avoir donné une opinion personnelle.
 
Et puis il y a le casse-tête de Bruxelles, ville francophone, capitale de L'Europe mais située en Flandre et donc sans lien territorial avec la Wallonie plus au sud. Lors d'un débat, la N-VA et le parti d'extrême droite Vlaams Belang se sont réjouis que "les esprits aient évolué" et que le sujet ne soit plus un tabou. Les autres partis flamands ont souligné qu'ils continuaient, malgré le blocage actuel, à privilégier le dialogue afin de renforcer l'autonomie des régions, mais dans un cadre belge. Pour le président des Libéraux flamands, Alexander De Croo, s'orienter vers un éclatement "serait plonger dans l'incertitude pour au moins dix ans" car cela exigerait que Flamands et francophones se mettent d'accord "sur 40 sujets" alors qu'ils n'arrivent pas en régler un seul aujourd'hui.

Par TF1 News (D'après agence) le 22 novembre 2010 à 08:11
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6 Commentaires

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  • fabrice93300, le 22/11/2010 à 15h51

    40 mn pour discuter d'un probleme aussi important c'est très peu!!!...

  • ladyred92, le 22/11/2010 à 13h32

    Désolée mais en Suisse aussi , tout ne se passe pas bien ! Mais, contrairement à la Belgique, ca reste seulement à l'état de tension plus ou moins forte entre "états"

  • cosmox, le 22/11/2010 à 12h19

    En Suisse aussi il y a plusieures langues et plusieures cultures. Et tout se passe bien. La mission n'est donc pas impossible. La France d'autre-fois était dans le même cas, avec un apprentissage forcé du français dans certaines régions.

  • igauthiers, le 22/11/2010 à 10h41

    Pourquoi, mais pourquoi les gens ne peuvent-ils vivre en paix en acceptant leurs differences, en respectant leurs differences et en faisant montre de tolerance. Est ce vraiment impossible? Pauvre humanite! Que d' egoisme, de betise et d'occasions manquees.

  • petittank, le 22/11/2010 à 09h31

    De cette situation, il faut en tirer les leçons.En effet, les problèmes communautaires rencontrés en Belgique auront et ont déjà des consèquences sur la viabilité de l'Europe telle qu'elle est instaurée en ce moment. Je m'explique, La belgique est un pays multilingue ( francophone, et néerlandophone), fédéral (administrée par région plus ou moins indépendante) où chaque région a son système parlementaire et ses lois plus ou moins spécifiques. Le pouvoir central est donc nettement mons présent et pesant qu'en France par exemple. Deux communautés culturellement différentes se côtoient (wallons et flamands). Or, lorsque que nous faisons le parrallèle entre le fonctionnement de ce pays et le fonctionnement le l'Europe on constate des similitudes.C'est à dire, communautés différentes, langues différentes, cultures différentes etc....Donc, la question est : comment réussir au niveau européen ce que la Belgique ne réussit pas au niveau le l'etat élèmentaire. Soyons en sûr que les eurosceptiques useront de cet argument (judicieux certes) pour dénoncer à terme la non viabilité de l'Europe prévue dans les formes actuelles.

  • tram75, le 22/11/2010 à 08h29

    Mieux vaut un "bon" divorce" que poursuivre un "mariage" contraint! La Belgique, comme la Tchecoslovaquie hier, montre qu'un Etat nation ne peut résulter d'un construction artificielle imposée par des tiers... s'il veut réellement durer. Un pays a besoin d'un ciment culturel. Quand il n'exitse pas, il ne peut resister à des crises. D'une manière, cela renvoie également à la démarche du multiculturalisme imposé dans beaucoup de grand pays (avec l'immigration) qui met également à mal ce ciment culturel fondant une nation. L'Allemagne l'expose au grand jour, l'Italie également. En France, cela reste encore tabou... mais pour combien de temps. Même aux USA, où ce ciment culturel n'existe pas réellement au regard de sa création, le problème se fait jour, que cela soit avec les latinos ou plus récemment la population d'origine mulsumane. Si la Belgique résiste à cette crise, sera-t-il le cas de la suivante? Merci de me publier.

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