Image d'archives © ABACA"On n'a pas la peine de mort en Europe mais on l'exporte ! La phrase est de Claude Moraes, député britannique et membre du parlement européen. Cette semaine, il a appelé la vice-présidente de la Commission européenne, en charge notamment des droits fondamentaux Viviane Reding et Karel de Gucht, commissaire européen au commerce international à "réaffirmer le ferme rejet de l'Union à tout soutien de la peine de mort" mais aussi à" proclamer l'interdiction de cette inacceptable exportation de la mort." Dans le collimateur de l'eurodéputé : ces sociétés britanniques ayant récemment exporté des produits utilisés dans les exécutions capitales aux Etats-Unis. "L'Union européenne ne peut pas tolérer que des entreprises européennes coopèrent avec des pays qui ont la peine de mort en exportant des drogues destinées à l'injection létale, explique Claude Moraes. La Charte européenne des droits fondamentaux rejette fermement la peine de mort".
Le New Jersey abolit la peine de mort
Cet Etat de l'est devient ainsi le premier des Etats-Unis à abolir par un vote la peine capitale depuis quarante ans.
Publié le 14/12/2007
Vigoureux plaidoyer contre la peine de mort
Le film diffusé lundi sur TF1 retrace le célèbre fait-divers à travers le regard de la mère de celui qui cria "Réhabilitez moi" avant d'être guillotiné.
Publié le 29/01/2007
Un anesthésiant pour animaux pourra être utilisé pour des exécutions
En raison d'une rupture de stock de l'anesthésiant utilisé pour exécuter les condamnés à mort, la justice américaine a autorisé l'usage d'un produit pour animaux en remplacement. L'Oklahoma pourrait faire usage de ce produit en décembre prochain.
Publié le 24/11/2010
Tout commence en 2009 aux Etats-Unis. L'unique fabricant de thiopental sodique, un barbiturique entrant dans la composition des injections létales, est en rupture de stock. Depuis, il a même cessé sa production. Sans lui, pas de piqure mortelle. Pour les Etats appliquant la peine capitale, c'est un casse-tête. Comment faire ? Certains reportent les exécutions, d'autres ont recours à un produit alternatif, en l'occurrence un barbiturique utilisé d'ordinaire pour euthanasier les animaux, et d'autres se procurent l"'indispensable" thiopental par d'autres moyens. C'est ainsi qu'en octobre 2010, l'Arizona et la Californie annoncent avoir en leur possession le fameux barbiturique. Quelques jours plus tard un homme est exécuté ; l'injection mortelle contient du thiopental venant de... Grande-Bretagne. Ou quand des sociétés européennes exportent la mort.
Mortelle facture
Début 2011, Reprieve, une organisation britannique de défense des droits de l'homme, affirme avoir identifié l'entreprise ayant vendu le produit mortel. Son nom : Dream Pharma Ltd, un laboratoire non immatriculé situé dans une pièce à l'arrière d'une école de conduite, à Londres. Pour appuyer ses affirmations, Reprieve cite cette facture datée de septembre et adressée à une prison de l'Arizona, récapitulatif d'une commande de thiopental, le chlorure de potassium et le bromure de pancuronium, trois produits entrant dans la composition de l'injection létale. La mort pour un total de 5.319 euros, soit 7.040 dollars. Fin octobre, Jeffrey Landrigan est exécuté en Arizona. Selon Clive Stafford Smith, le président de l'association Reprieve, Dream Pharma a exporté des produits dans au moins quatre Etats, "assez de produits pour tuer plus de 100 personnes". Ont également passé commande au Royaume-Uni, toujours selon Reprieve, l'Arkansas et la Californie. Entre autres.
Les défenseurs des droits de l'homme montent au créneau. Sous leur pression, l'exportation du thiopental depuis le Royaume-Uni n'est autorisée que pour des raisons médicales. Les autres produits n'ont pas de restriction. "Ce qui est frustrant, raconte Clive Stafford Smith, c'est qu'au moment de la promulgation de ces restrictions une nouvelle cargaison de produits était envoyée vers les Etats-Unis avec de quoi tuer 80 personnes...." Pour les associations et Claude Moraes, l'interdiction de ces produits doit se faire à l'échelle européenne. "Si ce n'est pas le cas, les produits partiront du Royaume-Uni vers un autre pays européen d'où ils seront ensuite envoyés dans un état américain, relèvent-ils. Plus de 3.200 personnes se trouvent actuellement dans le couloir de la mort outre-atlantique.
| En pleine polémique, un homme exécuté en Géorgie |
Emmanuel Hammond, 45 ans, a été exécuté mardi à 23h39 en Géorgie, dans le sud des Etats-Unis après plusieurs heures de sursis accordées par la Cour suprême afin d'examiner un recours contre l'emploi d'un anesthésiant importé. Cet homme avait été condamné à mort en 1990 pour le meurtre deux ans plus tôt d'une enseignante de 27 ans. La Cour suprême a en effet commencé par suspendre l'exécution, le temps d'examiner le recours de ses avocats contre l'emploi d'un anesthésiant dont l'origine est douteuse pour exécuter leur client. Mais la plus haute juridiction a ensuite autorisé les autorités pénitentiaires à procéder à l'injection mortelle. Le thiopental que les autorités ont utilisé pour anesthésier le condamné avant de lui injecter les produits mortels provenait de... Dream Pharma ltd. |
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