Manifestation anti-nucléaire à Berlin le 26 mars 2011 à la veille de régionales clé en Allemagne © TF1-LCILes chrétiens démocrates gouvernaient le Bade-Wurtemberg, land le plus riche d'Allemagne, depuis 1953. Mais les revirements politiques d'Angela Merkel dans le domaine de l'énergie nucléaire, sur la Libye ou encore sur la crise de la dette dans la zone euro ont précipité une alternance qui serait historique. Le camp conservateur-libéral de la chancelière allemande a perdu une élection régionale cruciale dimanche au profit des Verts sur fond de fronde antinucléaire, selon les résultats officiels provisoires. Les Verts et leurs alliés sociaux-démocrates devancent de plus de 3 points de pourcentage les chrétiens-démocrates (CDU) de Mme Merkel, au pouvoir depuis 1953, et leurs alliés libéraux (FDP). Selon les résultats officiels provisoires, CDU et FDP obtenaient 67 sièges contre 71 pour l'alliance Verts/SPD. Les Verts sont les grands gagnants du scrutin dans le riche Etat du Bade-Wurtemberg (sud-ouest), siège de Daimler, Porsche et bien d'autres industries. Ils recueillent 24,2% des voix, leur meilleur score jamais enregistré à une élections, qu'elles soient municipales ou fédérale, contre 11,7% en 2006.
Nucléaire : Paris "respecte" la décision de Berlin mais ne l'imitera pas
<b>Réactions -</b> François Fillon a affirmé que la France "respectait la décision allemande" de renoncer au nucléaire, mais que ça n'est "pas le choix" fait par son gouvernement. Le porte-parole du PS Benoît Hamon s'est dit favorable à un "arbitrage des Français" en 2012.
Publié le 30/05/2011
L'Allemagne abandonne le nucléaire
Le pays a décidé tôt lundi de fermer toutes ses centrales d'ici 2022. Cette décision, prise à la suite de l'accident de Fukushima marque un revirement complet de la part du gouvernement d'Angela Merkel.
Publié le 30/05/2011
Allemagne: le scrutin de tous les dangers pour Merkel
La CDU d'Angela Merkel risque dimanche de se faire prendre le länder de Bade-Wurtemberg lors de régionales aux allures de référendum sur la politique face au nucléaire de la chancelière. Samedi, 200.000 Allemands ont manifesté pour la fin du nucléaire.
Publié le 26/03/2011
Ils devraient pour la première fois depuis leur fondation en 1980 gouverner un Land, en s'alliant avec les sociaux-démocrates (SPD) qui ont fait 23,1%, selon ces résultats officiels provisoires. A l'annonce des résultats, une gigantesque clameur de joie a retenti au QG des Verts. "C'est un rêve qui devient réalité (...) Nous n'aurions jamais pu rêver d'un tel résultat il y a encore quelques jours", a déclaré Franz Untersteller, un porte-parole des Verts.
Fort de ses 10 millions d'habitants et de son économie dynamique, le Bade-Wurtemberg n'a jamais fait défaut à la CDU depuis 1953. Mais avec quatre des 17 réacteurs nucléaires allemands, c'est aussi un terrain particulièrement sensible à la question nucléaire, qui ne quitte plus la une des journaux depuis l'accident de la centrale de Fukushima au Japon. Dès les premiers jours de la catastrophe, Angela Merkel a tenté de désamorcer la polémique en ordonnant l'arrêt provisoire des sept plus vieux réacteurs nucléaires d'Allemagne et un réexamen du dossier. Elle semble ainsi remettre en question la prolongation de la durée de vie des centrales de douze ans en moyenne que sa majorité avait imposée à l'automne, à contre-courant de l'opinion publique. Un précédent gouvernement SPD-Verts avait décidé l'arrêt de toutes les centrales à l'horizon 2020.
Manifestations anti-nucléaires samedi
Mais cette volte-face n'a fait que la desservir auprès d'électeurs qui ne la croient pas sincère et renforcé les Verts déjà en progression spectaculaire. Cette défiance vis-à-vis de la chancelière a même obéré les chances de la candidate CDU dans l'Etat voisin de Rhénanie-Palatinat, où l'on vote également dimanche. Le chef du gouvernement régional sortant, Kurt Beck (SPD), devrait se maintenir avec l'appui des Verts qui feraient leur entrée au parlement régional. Samedi, des manifestations antinucléaires étaient organisées dans quatre grandes villes allemandes, Berlin, Hambourg, Cologne et Munich. Au total, ce sont plus de 200.000 manifestants qui ont défilé. A Berlin, ils étaient plus de 100.000 à scander des slogans demandant la fin de l'énergie nucléaire, selon les estimations de la police. Les protestataires étaient 50.000 à Hambourg, 40.000 à Cologne et 40.000 à Munich. Les organisateurs évoquent la plus grande mobilisation jamais vue en Allemagne sur ce sujet.
Au-delà du nucléaire, le refus allemand de soutenir l'intervention internationale en Libye, au risque de s'isoler de ses alliés européens et des Etats-Unis, a jeté le trouble jusque dans les rangs conservateurs. "Depuis cinq ans et demi les observateurs essayent de se faire une idée claire" de la chancelière, mais elle "vacille, papillonne, se tortille de façon totalement imprévisible (avec pour seul) fil conducteur clair: la peur des électeurs blasés de l'atome et réfractaires à la guerre et de la défaite en Bade-Wurtemberg", écrit l'hebdomadaire Stern, dans un éditorial. L'adoption du plan de sauvetage de la zone euro à Bruxelles, à laquelle la chancelière a fini par se résoudre, a aussi été vécue comme une capitulation par la presse de droite, qui craint son coût pour les contribuables allemands.
Cinq scrutins régionaux sont encore programmés cette année en Allemagne. La CDU a déjà perdu en mai dernier la Rhénanie-du-Nord/Westphalie (ouest), Land le plus peuplé d'Allemagne, puis Hambourg en février. La perte du Bade-Wurtemberg réduira encore la marge de manoeuvre du gouvernement, déjà minoritaire au Bundesrat (chambre haute du Parlement).
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