Manifestation anti-nucléaire à Berlin le 26 mars 2011 à la veille de régionales clé en Allemagne © TF1-LCILes électeurs du Bade-Wurtemberg risquent fort de mettre fin dimanche à 58 ans de règne de la CDU d'Angela Merkel, affaiblissant la position de la chancelière allemande, dont les décisions sur le nucléaire sont contestées jusque dans son camp. Les sondages pointent tous dans le même sens : Verts et sociaux-démocrates du SPD, portés par leurs convictions antinucléaires, devraient obtenir 4 à 5 points d'avance sur la CDU et le parti libéral FDP. "Perdre le pouvoir en Bade-Wurtemberg serait la pire défaite de Merkel depuis qu'elle a pris la tête de la CDU" en 2000, estime l'hebdomadaire Die Zeit.
Régionale allemande : le parti de Merkel en recul
Les conservateurs d'Angela Merkel ont reculé à leur plus bas historique dimanche dans le Land de la chancelière lors d'une élection régionale, mais ils pourraient continuer à gouverner avec les sociaux-démocrates qui confortent leur première place.
Publié le 04/09/2011
Allemagne : le camp Merkel mis à mal par la fronde anti-nucléaire
Le camp conservateur-libéral de la chancelière allemande a perdu dimanche, , selon les résultats officiels provisoires, une élection régionale cruciale au profit des Verts, sur fond de fronde anti-nucléaire qui a rassemblé 200.000 manifestants la veille.
Publié le 27/03/2011
Fort de ses 10 millions d'habitants et de son économie dynamique, le Bade-Wurtemberg n'a jamais fait défaut à la CDU depuis 1953. Mais avec quatre des 17 réacteurs nucléaires allemands, c'est aussi un terrain particulièrement sensible à la question nucléaire, qui ne quitte plus la une des journaux depuis l'accident de la centrale de Fukushima au Japon. Dès les premiers jours de la catastrophe, Angela Merkel a tenté de désamorcer la polémique en ordonnant l'arrêt provisoire des sept plus vieux réacteurs nucléaires d'Allemagne et un réexamen du dossier. Elle semble ainsi remettre en question la prolongation de la durée de vie des centrales de douze ans en moyenne que sa majorité avait imposée à l'automne, à contre-courant de l'opinion publique. Un précédent gouvernement SPD-Verts avait décidé l'arrêt de toutes les centrales à l'horizon 2020.
Manifestations anti-nucléaires samedi
Mais cette volte-face n'a fait que la desservir auprès d'électeurs qui ne la croient pas sincère et renforcé les Verts déjà en progression spectaculaire. Cette défiance vis-à-vis de la chancelière a même obéré les chances de la candidate CDU dans l'Etat voisin de Rhénanie-Palatinat, où l'on vote également dimanche. Le chef du gouvernement régional sortant, Kurt Beck (SPD), devrait se maintenir avec l'appui des Verts qui feraient leur entrée au parlement régional. Samedi, des manifestations antinucléaires étaient organisées dans quatre grandes villes allemandes, Berlin, Hambourg, Cologne et Munich. Au total, ce sont plus de 200.000 manifestants qui ont défilé. A Berlin, ils étaient plus de 100.000 à scander des slogans demandant la fin de l'énergie nucléaire, selon les estimations de la police. Les protestataires étaient 50.000 à Hambourg, 40.000 à Cologne et 40.000 à Munich. Les organisateurs évoquent la plus grande mobilisation jamais vue en Allemagne sur ce sujet.
Au-delà du nucléaire, le refus allemand de soutenir l'intervention internationale en Libye, au risque de s'isoler de ses alliés européens et des Etats-Unis, a jeté le trouble jusque dans les rangs conservateurs. "Depuis cinq ans et demi les observateurs essayent de se faire une idée claire" de la chancelière, mais elle "vacille, papillonne, se tortille de façon totalement imprévisible (avec pour seul) fil conducteur clair: la peur des électeurs blasés de l'atome et réfractaires à la guerre et de la défaite en Bade-Wurtemberg", écrit l'hebdomadaire Stern, dans un éditorial. L'adoption du plan de sauvetage de la zone euro à Bruxelles, à laquelle la chancelière a fini par se résoudre, a aussi été vécue comme une capitulation par la presse de droite, qui craint son coût pour les contribuables allemands.
Cinq scrutins régionaux sont encore programmés cette année en Allemagne. La CDU a déjà perdu en mai dernier la Rhénanie-du-Nord/Westphalie (ouest), Land le plus peuplé d'Allemagne, puis Hambourg en février. La perte du Bade-Wurtemberg réduirait encore la marge de manoeuvre du gouvernement, déjà minoritaire au Bundesrat (chambre haute du Parlement).
Retour MYTF1
Régionale allemande : le parti de Merkel en recul
Chargement en cours...




