Belgique cherche gouvernement désespérément

le 13 juin 2011 à 05h30 , mis à jour le 12 juin 2011 à 14h05

Il y a un an avaient lieu les législatives qui devaient plonger la Belgique dans la crise. Un an plus tard, le prochain gouvernement belge reste introuvable, et c'est la Belgique entière qui se cherche. Le gouvernement sortant, lui, se tire plutôt bien d'un exercice compliqué...

Il y a un an, le 13 juin 2010, avaient lieu des élections législatives en Belgique. Un scrutin qui devait ouvrir une crise politique inédite, dont le pays peine toujours à sortir aujourd'hui. Car depuis un an, le gouvernement sortant d'Yves Leterme continue à gérer les affaires courantes. Pendant que le gouvernement qui devrait lui succéder reste introuvable. Paradoxalement, le gouvernement Leterme se tire plutôt bien de sa tâche : les finances publiques sont en voie de redressement, le pays n'est pas paralysé puisqu'il a pu, par exemple, décider de l'envoi d'avions en Libye et la population ne ressent pas encore d'impact dans sa vie quotidienne. Il faut dire que si l'échelon fédéral est en veilleuse, les régions, à qui de nombreuses compétences ont été transférées dans le passé, fonctionnent normalement.

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Pendant ce temps, les tractations politiques pour tenter de réconcilier les communautés flamande et wallonne tournent en rond avec, au centre du jeu, le chef des indépendantistes de la N-VA, Bart De Wever, qui donne le ton, conforté par des sondages qui pointent son parti à 33,5% des intentions de vote en Flandre. "Pour la première fois dans l'histoire de la Belgique, la première formation du pays est un parti séparatiste, la N-VA" (Alliance Néo-Flamande, droite), qui a remporté 28,2% des voix en Flandre, rappelle le politologue Vincent de Coorebyter. Pour la première fois aussi les partis flamands réclament d'engranger un accord sur un transfert de pouvoirs supplémentaires vers les régions, qui nécessite une majorité des deux-tiers au Parlement, avant qu'un nouveau gouvernement voie le jour. "On doit donc négocier une réforme de l'Etat belge avec un parti qui est soupçonné, à juste titre, de vouloir liquider la Belgique", souligne Vincent de Coorebyter, résumant l'ampleur du défi.

"Après chaque crise, on a trouvé un consensus"

Les francophones, qui représentent 40% de la population belge, pour 60% de Flamands néerlandophones, craignent que cette autonomie supplémentaire réclamée par la Flandre appauvrisse leur région et prépare l'éclatement du pays. Une crainte qu'écarte Bart De Wever d'un revers de la main : "Après chaque crise, on a trouvé un nouveau consensus. Je ne peux qu'espérer qu'après toutes les difficultés, on pourra avoir un nouveau consensus, qui pour moi pourrait être le système confédéral", a-t-il expliqué récemment.

L'idée d'un système confédéral, qui réduirait à une peau de chagrin les prérogatives de l'Etat fédéral, hérisse pourtant les francophones. Ils préfèreraient négocier sans Bart De Wever, ce que refuse la Flandre. L'absence de nouveau gouvernement "n'honore pas l'ensemble de la classe politique", a reconnu la semaine dernière le chef des socialistes francophones, Elio Di Rupo, vainqueur des élections dans sa communauté. Il a été chargé à la mi-mai de former une coalition gouvernementale rassemblant Flamands et francophones, après les échecs successifs de plusieurs médiateurs.

Le chef du PS, qui pourrait devenir le premier chef de gouvernement francophone en Belgique depuis les années 1970, espère y voir plus clair vers la fin juin. Il devrait à ce moment-là mettre sur la table des propositions sur les questions économiques et sur les contours d'une réforme des institutions. Les partis devront alors se positionner. Si un nombre suffisant (neuf sont actuellement impliqués dans les discussions) jugent l'offre acceptable, les négociations devraient se poursuivre tout l'été, avec l'espoir de déboucher sur un gouvernement vers le mois d'octobre. Sinon, de nouvelles élections pourraient être convoquées à l'automne, avec le risque que les divergences soient encore plus tranchées après ce nouveau scrutin. Les deux tiers des Belges continuent pourtant à penser que leur pays sera capable d'éviter l'éclatement, selon un sondage publié vendredi.

le 13 juin 2011 à 05:30
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27 Commentaires

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  • fafiebe, le 08/07/2011 à 20h29

    Les économies, pardon... C'est le gouvernement démissionnaire sortant (donc les ministres du gouvernement sortant) qui gère les affaires courantes dans l'attente qu'un nouveau gouvernement soit mis sur pied!!! Avec presque 60 ministres (des ministres pour le gouvernement fédéral, des ministres pour les gouvernements des régions et des ministres pour les gouvernements des communautés) pour 10 millions d'habitants, je crois qu'on paye très très cher...

  • aubrivois, le 14/06/2011 à 10h57

    Au moins il font des économies, ils n'ont plus de ministres à payer. Et puis si le pays fonctionne sans gouvernement cela veut dire, qu'en fait, ça ne sert pas à grand chose d'en avoir un. Nos amis belges nous étonneront toujours mais après tout c'est peut être un exemple à suivre pour faire comprendre à tous nos politiques qu'ils ne sont pas aussi indispensables qu'ils veulent nous le faire croire.

  • yoyo755, le 14/06/2011 à 10h47

    Pourtant, la Belgique est un -bel- exemple à prendre : un pays qui s'en sort et ce malgré l'absence de Gouvernement. Je préfère 10 fois leur situation à la notre. Comme on dit : mieux vaut être seul que mal accompagné.

  • phrq, le 13/06/2011 à 23h47

    Qu'est-ce que vous racontez ...

  • humanoide56, le 13/06/2011 à 21h49

    J'suis mort de rire, le nationalisme N-VA étaient la plus belle farce belge que l'on pouvait placer. En effet a y regarder de plus près.......800 pages plus tard, comme les Schtroupf et dans le pays du surréalisme ils sont tous nationalistes, nationaliste communiste, nationaliste socialiste, nationaliste droite, nationaliste nationaliste ; Puis vous avez le nationalisme par corporation (qui ne peuvent pas se fréquenter, un bucheron ne fréquente pas un chimiste !) puis le nationalisme par statut, patron cadre et salarié qui ne se fréquentent pas non plus Puis vous avez le nationalisme des régions administratives (3) puis le nationalisme par langue 3 aussi puis le racisme 2 groupes les européen et les autres (Bruxelles CEE Otan oblige) puis 3 religions, bref et vous avez un groupe politique qui se pointe et passe en tête "avec nous les indépandantistes" OUIN IN !!!!!!!!!! Alors maintenant vous avez les indépendantistes nationalistes communistes, les indépendantistes nationalistes socialistes, les indépendantistes nationalistes etc Bin ils ne sont pas sortis de leurs méga pluralismes

  • chon28, le 13/06/2011 à 20h30

    Si vous voulez un gouvernement, on vous donne le notre !!!!

  • l.wallonie, le 13/06/2011 à 20h16

    Raté, les flamingants n'aiment pas les francophones... Jusqu'à interdire l'usage du français dans certaines communes, certains bureaux administratifs, jusqu'à effacer à la peinture les mots français sur des panneaux routiers, etc etc... Même Stéphane Bern s'était fait répondre grossièrement à Bruges parce qu'il parlait français...

  • 421123, le 13/06/2011 à 19h24

    Une équipe démissionnaire fait fonction.

  • tony.s001, le 13/06/2011 à 18h45

    On s'aperçoit finalement qu'avec on sans gouvernement ça change pas grand chose !

  • dur6200, le 13/06/2011 à 18h44

    En attendant,ils ont l'air de mieux se débrouiller que chez nous!!!!

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