Hercule Poirot n'aurait sûrement pas renié l'affaire. Londres, 1879. Une riche veuve quinquagénaire est assassinée par sa servante, qui la découpe en morceaux. Une seule partie de sa dépouille n'avait jamais été retrouvée : la tête. En octobre 2010, des ouvriers du bâtiment découvrent un crâne en réalisant des travaux chez un célèbre producteur britannique, à Richmond, dans le sud-ouest de Londres. Mardi, Scotland Yard a finalement identifié ce crâne comme celui de la défunte veuve, assassinée un siècle et demi plus tôt.
Le médecin légiste s'est appuyé sur les dossiers criminels de l'époque et sur la méthode de datation par le carbone 14, pour établir formellement que ce crâne est bien celui de Julia Thomas. Un autre indice corrobore les conclusions de la police scientifique : la maison de Richmond où a été découvert le crâne est située tout près de l'endroit où vivait Julia Thomas.
Découpée à la hâche et bouillie par la servante
Un dimanche, en rentrant de la messe, cette veuve de 55 ans avait été poussée dans les escaliers puis étranglée par sa bonne. La servante diabolique l'avait ensuite découpée en morceaux à la hache. Pour se débarrasser des restes de sa victime, elle les avait fait bouillir et les avait offerts à des enfants des environs comme s'il s'agissait de lard. Une boîte contenant de la chair humaine et un pied avaient été découverts peu après.
La bonne avait ensuite endossé l'identité de sa victime, à qui elle avait arraché ses fausses dents. Or, le crâne analysé en 2011 était dépourvu de dentition. Elémentaire. La bonne avait finalement été arrêtée et condamnée à mort. Mais l'absence de la tête de la victime avait valu à l'affaire le surnom de "le mystère de Barnes."
"C'est une affaire fascinante et un bon exemple de la façon dont les bonnes vieilles méthodes policières, les archives et les technologies de pointe peuvent se combiner", a souligné le commissaire Clive Chalk de Scotland Yard.
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