Ratko Mladic devant ses juges

Par F.L., le 03 juin 2011 à 07h34 , mis à jour le 03 juin 2011 à 10h19

Le "boucher des Balkans", accusé notamment d'avoir joué un rôle majeur dans le massacre de Srebrenica, durant lequel 8000 musulmans avaient été tués en 1995, a commencé à comparaître pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Ratko Mladic, le 3 juin 2011. Ratko Mladic, le 3 juin 2011. © LCI

Pour les musulmans de Bosnie, il est le "boucher de Srebrenica", où 8000 jeune garçons et hommes de confession musulmane ont été massacrés en juillet 1995, et le maître d'oeuvre des 43 mois de siège de la capitale bosniaque, fatals à 12.000 personnes environ. Pour de nombreux Serbes, aujourd'hui encore, il est un héros. Et pour son avocat, c'est avant tout un homme malade et affaibli, qui, durant ses années de fuite, n'a pas pu se soigner correctement et souffre aujourd'hui de divers maux. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, arrêté le 26 mai en Serbie après seize ans de cavale, comparaissait pour la première fois ce vendredi devant les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye. Il a fait son apparition peu après 10h dans la salle d'audience du tribunal.

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Vêtu d'un costume gris, d'une chemise grise et arborant une cravate, il a comparu assis, visiblement amaigri et vieilli, à l'opposé de l'homme trapu et massif, en treillis militaire, qu'il était dans les années 90. "Je suis le général Ratko Mladic" a-t-il répondu au juge qui lui demandait son identité.

L'ancien général, âgé de 69 ans, devra plaider coupable ou non coupable des faits qui lui sont reprochés. Il pourra toutefois demander un délai de 30 jours avant que la question ne lui soit à nouveau posée. Le procès proprement dit ne devrait pas débuter avant plusieurs mois, notamment pour laisser à la défense le temps de prendre connaissance des éléments de preuve rassemblés par l'accusation.

Une audience essentiellement technique

Le juge néerlandais Alphons Orie avait déjà mené en 2008 l'audience de comparution initiale de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic. Lors de l'audience, qui devait durer une heure à une heure trente, le magistrat devait s'informer aussi de la santé de l'accusé et lui demandera s'il a à se plaindre de ses conditions de détention. Il est actuellement détenu dans l'hôpital du quartier pénitentiaire du Tribunal de La Haye, et cette question de la santé de l'accusé pose problème selon son avocat : "il n'a pas reçu de traitement approprié pendant des années et sa santé n'est pas bonne", souligne ce dernier, Me Aleksandar Aleksic, désigné pour défendre l'ancien général lors de sa comparution initiale.

S'il est, affirme l'avocat, mentalement apte à faire face dès ce vendredi à la justice internationale, l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie aurait partiellement perdu l'usage d'une main, conséquence d'une attaque cérébrale qui remonte à plusieurs années. A Belgrade, un de ses anciens collaborateurs déclare qu'il souffre de calculs rénaux. "Nous ne pouvions lui faire suivre un traitement. Nous lui avons fourni des antalgiques, mais il souffrait tellement qu'il nous a supplié de le tuer", confie-t-il sous le sceau de l'anonymat parce qu'il risque des poursuites pour l'aide apportée au criminel de guerre présumé.

Le refus de son entourage de mettre fin à ses jours est l'un des nombreux épisode secrets de la longue cavale de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie qui s'est achevée il y a une semaine par son arrestation dans une ferme de Lazarevo, à une centaine de kilomètres de Belgrade. En outre, selon l'avocat de l'accusé en Serbie, Milos Saljic, Ratko Mladic avait été opéré et soigné par chimiothérapie en 2009 pour un "sérieux" cancer du système lymphatique.

Par F.L. le 03 juin 2011 à 07:34
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