Afghanistan : quand Londres se réjouissait du futur départ de Karzaï

Par D.D.F., le 01 septembre 2011 à 15h44 , mis à jour le 01 septembre 2011 à 16h31

L'annonce du départ du président afghan "améliore les perspectives politiques [du pays] très sensiblement", a-t-on pu lire, mardi, sur une note confidentielle tenue par le ministre britannique du Développement international au sortir du 10 Downing Street.

C'est une nouvelle bourde dont David Cameron se serait bien passée. Andrew Mitchell, le ministre britannique du Développement international,  a été surpris mardi quittant le 10 Downing Street, avec des documents classés "protégés" sous le bras...et aux yeux de tous. Une erreur vite capturée par les flashs des photographes présents devant le domicile du Premier ministre.

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Consacrée à l'Afghanistan, cette note dactylographiée confirme la satisfaction du gouvernement britannique face au futur départ de Hamid Karzaï. Un retrait jugé "très important. Cela améliore les perspectives politiques de l'Afghanistan très sensiblement. Nous devrions nous réjouir de l'annonce de Karzaï en public et en privé", précise la note. Hamid Karzaï avait accédé à la présidence afghane en 2001 avec le soutien des Etats-Unis. Réélu en 2009 après un scrutin marqué par des fraudes massives en sa faveur, il a annoncé le 11 août dernier qu'il ne se représenterait pas une troisième fois au poste de président à la fin de son mandat actuel en 2014. La Constitution afghane interdit par ailleurs de briguer trois mandats successifs.

Une tactique du gouvernement ?

Les relations entre le gouvernement britannique et Hamid Karzaï ont toujours été compliquées. D'après des documents révélés par Wikileaks, le président afghan avait tenu les Britanniques pour responsables de l'instabilité dans la province du Helmand, au sud du pays, où sont implantés la majorité de leurs troupes.

Autre point soulevé dans la note : le système bancaire de l'Afghanistan.   Le document "protégé" évoque les craintes du gouvernement britannique concernant de possibles détournements de fonds de l'aide étrangère. Du côté du ministère du Développement international, on affirme qu'il s'agissait de documents"de routine". "Ils auraient été classés 'restreints' ou 'confidentiels' s'ils avaient contenu des informations sensibles", a-t-on précisé au Guardian. Ce n'est pas la première fois qu'un ministre de la Couronne britannique se fait avoir par une photo prise d'un peu trop près (voir notre encadré). Selon un observateur du Foreign Office, cité par Le Figaro, il pourrait même s'agir d'une tactique du gouvernement pour faire fuiter les informations.

Eux aussi ont été piégé par une photo zoomée

L'affaire "Bob Quick" reste la plus célèbre outre-Manche. En 2009, le responsable de l'unité anti-terroriste de Scotland Yard a été photographié à son arrivée à Downing Street, pour un entretien avec le Premier ministre Gordon Brown, alors qu'il portait des documents sur lesquels étaient lisibles les détails d'un coup de filet de grande envergure dans le nord-ouest de l'Angleterre. L'opération avait dû être déclenchée plus tôt et Quick avait démissionné. En 2009 toujours, la ministre du Logement Caroline Flint a dévoilé contre son gré un document détaillant "la crise de la propriété" indiquant que les ministres ne pouvaient "pas savoir à quel point la situation allait empirer". Enfin l'an dernier, le ministre du Trésor Danny Alexander a été photographié avec un mémo détaillant les prévisions des suppressions de postes du secteur public.

Par D.D.F. le 01 septembre 2011 à 15:44
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