Alexeï Nalvany, le 24/12/11 © Abacapress.comQui dirige aujourd'hui l'opposition en Russie ? Personne, ou presque, comme l'a encore fait remarquer ironiquement Vladimir Poutine le 28 décembre pour expliquer qu'il ne savait pas avec qui dialoguer. L'opposition parlementaire -et donc "officielle"- ne s'associant pas vraiment au mouvement de contestation, ce dernier, hétéroclite, se base principalement sur la société civile.
Une chaîne humaine contre Poutine à Moscou
Plusieurs milliers de personnes se sont réunies dans le centre de la capitale russe dimanche pour dénoncer la candidature de Vladimir Poutine, à une semaine de la présidentielle.
Publié le 26/02/2012
Moscou : pro et anti-Poutine dans la rue malgré le froid
Des dizaines de milliers de Russes ont manifesté ce samedi, défiant le froid glacial à Moscou, pour dénoncer le régime du Premier ministre Vladimir Poutine, favori de la présidentielle du 4 mars. Mais les pro-Poutine donnent aussi de la voix.
Publié le 04/02/2012
Russie : les anti-Poutine vont-ils braver leurs divergences et le... froid ?
A un mois jour pour jour du premier tour de la présidentielle, l'opposition russe joue gros ce samedi lors de sa nouvelle manifestation où elle entend montrer sa force. Mais son manque d'unité laisse planer l'incertitude sur sa capacité à mobiliser. Tout comme la température.
Publié le 03/02/2012
Russie : près de 10.000 partisans de Poutine réunis à Ekaterinbourg
Des milliers de partisans du Premier ministre Vladimir Poutine ont manifesté samedi en faveur de son retour au Kremlin, à une semaine d'un grand rassemblement d'opposition.
Publié le 28/01/2012
Poutine répond à l'opposition : "je n'ai pas besoin de tricher"
L'homme fort de la Russie a rejeté mardi les appels de l'opposition à revoir les résultats des législatives controversées de décembre. Quant à la présidentielle, il n'a pas besoin d'en falsifier les résultats, a-t-il prédit.
Publié le 27/12/2011
Russie : vers un "dialogue" entre Poutine et l'opposition ?
En proie à une contestation sans précédent des législatives russes, le Premier ministre serait disposé à dialoguer avec l'opposition et à prendre les mesures nécessaires en vue d'une élection présidentielle "honnête".
Publié le 27/12/2011
Gorbatchev : "Je conseillerais à Poutine de partir"
Vingt ans après l'annonce de sa démission consacrant la disparition de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev revient sur le devant de la scène en Russie en conseillant à l'actuel Premier ministre, en proie à une forte contestation, de quitter le pouvoir.
Publié le 25/12/2011
Poutine face à une mobilisation sans précédent en Russie
Deux semaines après des premières manifestations contre les fraudes aux législatives, des dizaines de milliers de Russes ont manifesté samedi à Moscou pour réclamer la tenue de nouvelles élections. L'ex-président de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev appelle Vladimir Poutine à quitter le pouvoir.
Publié le 24/12/2011
Russie : ils ont filmé les irrégularités du vote
Révoltés par la corruption du pouvoir, des Russes se sont organisés pour filmer des flagrants délits de fraudes lors des élections législatives. Des vidéos, publiées sur Internet, sont édifiantes.
Publié le 07/12/2011
Parmi les "meneurs", se dégagent quelques têtes, dont Alexeï Navalny. Il y a encore peu, ce nom ne disait pas grand-chose à la majorité des Russes. Agé de 35 ans, il s'est tout d'abord fait connaître dans les milieux d'affaires en tenant un blog personnel et le site RosPil, sorte de Wikileaks consacré à la lutte contre la corruption.
Russie unie, le "parti des escrocs"
La corruption, c'est en effet LE cheval de bataille de ce grand blond aux yeux bleus, avocat de formation et père de deux enfants. Il a entamé sa croisade en 2007 en achetant quelques actions dans plusieurs entreprises publiques comme la banque VTB, le pétrolier Rosneft ou le géant gazier Gazprom. Profitant de son statut d'actionnaire minoritaire, il assiste ensuite aux assemblées générales de ces sociétés. Il peut ainsi s'adresser directement aux membres du conseil d'administration, parmi lesquels figurent des membres du gouvernement, pour exiger plus de transparence sur leurs comptes. Son premier coup d'éclat date de novembre 2010 quand il accuse les dirigeants de VTB, alors détenue à 85% par l'Etat, d'avoir détourné 150 millions de dollars.
Petit à petit, Alexeï Navalny se fait connaître au-delà du cercle des initiés. En 2010, il est ainsi sélectionné par la prestigieuse université américaine de Yale pour y participer pendant un semestre à "World Fellows", le programme réunissant des personnalités de tous pays perçues comme prometteuses. Mais c'est en février dernier qu'il acquiert sa forte renommée : lors d'une émission de radio, il qualifie Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, de "parti des escrocs et des voleurs". C'est une première. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fallait avoir le courage de le faire dans un pays où le pouvoir autoritaire du Kremlin n'aime pas la contradiction. Les conséquences ne se font d'ailleurs pas attendre : en mai, il est accusé par la justice de fraude dans une affaire de vente de bois. Son blog atteint alors des records d'audience, avec plusieurs dizaines de millions de connexions.
Prison
Au début de ce mois de décembre 2011, Alexeï Navalny se place tout de suite en première ligne de la contestation des résultats des législatives et des fraudes qui ont permis à Russie unie de l'emporter. Le 5 décembre, le lendemain du scrutin, il prend la parole en plein centre de Moscou. Sa phrase "le parti des escrocs et des voleurs" devient rapidement le principal slogan des manifestations. Résultat : il est condamné à quinze jours de prison pour "trouble à l'ordre public".
Ce séjour derrière les barreaux ne fera qu'accroître sa popularité. Et n'entamera en rien sa détermination. Libéré le 21 décembre, il se dit désormais prêt à se présenter, sous conditions, à la présidentielle du 4 mars 2012 qui doit permettre à Vladimir Poutine de redevenir président.
Relents racistes
Si ce costume de chevalier blanc de la lutte anti-corruption lui va aujourd'hui à merveille, le placard d'Alexeï Navalny est aussi garni de quelques tenues peu sortables. Il est ainsi connu pour ses prises de position nationalistes. Il participe par exemple régulièrement à la Marche russe, un rassemblement créé avec des néo-nazis où est mise en valeur la "défense des Russes ethniques". Il se justifie en expliquant vouloir "éduquer" la jeunesse russe la plus radicale et la guider vers la lutte contre un régime qu'il accuse de piller le pays. Pas forcément très convainquant, surtout quand sa présence a été également notée à une manifestation aux relents racistes intitulée "Nourrir le Caucase, ça suffit !". Les participants y dénonçaient le versement de milliards de roubles par Moscou au régime tchétchène pro-russe installé à Grozny.
Ces prises de positions tranchées ont d'ailleurs valu à Alexeï Navalny d'être exclu du parti libéral d'opposition Iabloko en 2007. Pour l'instant, malgré les tentatives de discréditation des chaînes de télévision d'Etat -il a été caricaturé en faisant le salut hitlérien-, elles ne semblent cependant pas remettre en cause l'aura dont il bénéficie parmi les contestataires. Le 24 décembre, il a ainsi été acclamé une nouvelle fois lors de la grande manifestation de Moscou.
Au-delà de cette popularité soudaine, quelle est aujourd'hui son véritable poids dans la société russe, tout comme celui de l'opposition non tolérée ? Difficile à dire aussi longtemps que des élections claires n'auront pas lieu.
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