Trois des quatre membres de la cellule NSU © TF1/LCITout a commencé en milieu de semaine dernière. La police allemande retrouve alors les corps de Uwe Mundlos et Uwe Boehnhardt à l'intérieur d'un mobile-home d'Eisenach, dans l'Etat de Thüringe, au centre du pays. Selon les premiers éléments des investigations, les deux hommes, de peur d'être interpellés, se sont probablement suicidés après l'échec du cambriolage d'une banque. Les enquêteurs découvrent surtout dans le mobile une arme ayant servi à tuer une policière en 2007, affaire non élucidée.
La confession de meurtriers néo-nazis choque l'Allemagne
Trois néo-nazis revendiquent une dizaine de meurtres xénophobes, qui pourraient être liés à d'autres affaires de grand banditisme. Dimanche soir, la communauté turque s'est réunie.
Publié le 14/11/2011
En poursuivant leur enquête, les policiers examinent une maison de Zwickau, détruite par le feu, et auparavant utilisée par Uwe Mundlos et Uwe Boehnhardt ainsi qu'une femme identifiée sous le nom de Beate Z. Ils y trouvent de nouvelles armes, en l'occurrence celles ayant été utilisées pour tuer neuf commerçants, dont huit d'origine turque et un Grec, entre 2000 et 2006. Autre découverte : un film de 15 minutes revendiquant ces crimes, également non élucidés, et enregistré sur un DVD prêt à être envoyé à des organisations culturelles islamiques et aux médias.
NSU pour Clandestiné nationale-socialiste
Dans la foulée, Beate Z. se rend à la police rapidement. Elle risque aujourd'hui une inculpation pour meurtre, tentative de meurtre, incendie criminel et appartenance à une organisation terroriste. Dimanche soir, l'un des ses complices présumés, Holger G., est arrêté à son tour.
Uwe Mundlos, Uwe Boehnhardt, Holger G. et Beate Z. sont en fait tous soupçonnés d'appartenir, de près ou de loin, au groupe néo-nazi baptisé "Clandestinité national-socialiste" (NSU). L'existence de ce possible réseau meurtrier d'extrême droite suscite de vives réactions en Allemagne. Certains journaux utilisent déjà l'expression "Fraction Armée Brune", faisant allusion au groupe terroriste d'extrême gauche "Fraction Armée Rouge" (RAF), qui a commis une trentaine de meurtres dans le pays entre 1970 et les années 90.
Polémique politique
L'affaire s'est aussi déplacée sur le terrain politique. Le parti social-démocrate (SPD), dans l'opposition, demande ainsi une réunion de la commission de contrôle des services secrets du Bundestag. "Je veux savoir ce que les autorités savaient et comment de tels actes peuvent être empêchés à l'avenir", explique-t-il. Le président de la commission parlementaire chargé de la politique intérieure, Wolfgang Bosbach, membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel, fait également fait part de son incompréhension. "Il faut expliquer comment il est possible que ce trio ait pu vivre pendant une dizaine d'années dans la clandestinité sans être inquiété", lance-t-il. Il semble en effet que la cellule NSU aurait été protégée par les services de renseignements, à qui elle servait d'indicateurs sur la mouvance néo-nazie.
Lundi matin, Hans-Peter Friedrich, le ministre de l'Intérieur, a reconnu des dysfonctionnements et a appelé à une "meilleure collaboration entre la police et les services de sécurité intérieurs". Il a aussi reconnu dans le quotidien Bild, le plus lu d'Allemagne, qu'il était "très préoccupant de constater qu'aucun lien n'avait été établi entre les milieux d'extrême droite de Thüringe et la série de meurtres commise dans toute l'Allemagne". Un atelier de fabrication de bombes artisanales avait en effet été découvert en 1998 dans un garage loué par Beate Z. De son côté, Angela Merkel qualifie les premières découvertes de la police d'"alarmantes". "L'Allemagne doit rester vigilante à toutes les formes d'extrémisme", conclut-elle.
Retour MYTF1

Chargement en cours...




