Des membres d'ETA (archives). © LCIL'organisation armée basque ETA a annoncé jeudi "l'arrêt définitif de son activité armée" après plus de quarante ans de lutte pour l'indépendance du Pays basque, dans un communiqué publié par le journal basque Gara sur son site internet. Cette déclaration intervient alors que les pressions politiques se sont multipliées sur l'organisation, à l'approche des élections du 20 novembre en Espagne pour lesquelles l'opposition de droite est donnée largement favorite.
"ETA lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit et, en conséquence le dépassement de la confrontation armée", indique l'organisation. "A travers cette déclaration historique, ETA montre son engagement clair, ferme et définitif", assure l'organisation armée. "ETA considère que la conférence internationale qui a récemment eu lieu au Pays Basque est une initiative de grande importance politique", ajoute le texte. Car, selon elle, "la résolution accordée rassemble les ingrédients pour une solution intégrale au conflit et compte avec le soutien de larges secteurs de la société basque et de la communauté internationale".
Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a salué jeudi "la victoire de la démocratie" en soulignant "l'importance capitale" de l'annonce par le groupe basque armé ETA d'un "arrêt définitif" de son activité armée. "Vivons aujourd'hui la légitime satisfaction de la victoire de la démocratie, de la loi et de la raison", a déclaré le chef du gouvernement à la télévision. "Conscient de l'importance capitale de l'annonce que l'ETA vient de rendre publique, je veux réaffirmer aujourd'hui, plus que jamais, la confiance de tous les Espagnols en la démocratie, en la liberté et en l'Espagne", a déclaré M. Zapatero sur un ton solennel.
Le bras politique de l'ETA salue une "décision historique"
Le chef de l'opposition de droite espagnole, Mariano Rajoy, donné favori pour les élections du 20 novembre, a salué jeudi "un pas très important" de l'ETA mais a demandé "sa dissolution irréversible". "La tranquillité de tous les Espagnols ne sera totale que lorsque se produira la dissolution irréversible de l'ETA et son démantèlement complet", a affirmé M. Rajoy devant la presse. Le juge espagnol Baltasar Garzon a lancé le même appel depuis Bogota pour que l'organisation cesse "toute activité".
Jean-François Lefort, membre du bureau national de Batasuna, bras politique de l'ETA interdit en Espagne mais légal en France, a jugé jeudi que "l'arrêt définitif" de la lutte armée par l'organisation séparatiste basque était une "décision historique". "L'ETA a répondu positivement aux exigences demandées par les négociateurs de la Conférence internationale qui s'est tenue lundi à Saint-Sébastien. ETA dépose les armes a choisi la voie du dialogue. C'est une décision historique qui met un terme à la lutte armée, mais pas à la solution politique du conflit", a indiqué à une correspondante de l'AFP M. Lefort. "Cette dernière reste à construire (...) Nous appelons tous les participants à la résolution de ce conflit, à se mettre autour d'une table et à mettre en place des solutions", a ajouté le responsable du parti indépendantiste basque radical, appelant les "gouvernements français et espagnols" à "arrêter toutes les formes de répression" et à "légaliser les organisations indépendantistes basques".
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