Après Berlusconi, qui sera victime des "bulldozers des marchés" ?

le 10 novembre 2011 à 07h32 , mis à jour le 10 novembre 2011 à 07h37

REVUE DE PRESSE - La crise financière menace-t-elle la démocratie ? C'est la question posée par divers journaux après la démission annoncée de Berlusconi, emporté, non par la volonté du peuple italien, mais par celle des marchés. Libération prévient : "Nul n'est plus à l'abri".

Les éditorialistes se félicitent jeudi de la chute annoncée de Silvio Berlusconi tout en déplorant le fait que ce soit les "bulldozers des marchés" et non des mécanismes démocratiques qui aient "eu la peau" du Premier ministre italien, discrédité par de nombreux scandales. "Pour sauver la zone euro, le mieux que puisse faire Silvio Berlusconi est de s'en aller. Le plus tôt sera le mieux", assène Pierre Rousselin dans Le Figaro. Selon l'éditorialiste du quotidien conservateur, Il Cavaliere, qui détient le record de longévité de l'après-guerre en Italie avec 10 ans de pouvoir au total depuis 1994, était "l'incarnation de la faillite d'une certaine élite européenne, aussi arriviste que nombriliste."

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  • Italie : quelle(s) suite(s) pour l'après-Berlusconi ?

    Même avec la démission annoncée de Silvio Berlusconi après le vote des réformes budgétaires demandées par l'UE, l'Italie est loin d'avoir réglé tous ses problèmes. Premier chantier : garantir rapidement une stabilité politique pour rassurer les marchés financiers, à l'origine de la chute du Premier ministre.

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  • "Berlusconi n'a plus de légitimité"

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    Au lendemain du "séisme grec", Silvio Berlusconi, en proie à une situation politique très tendue et à des investisseurs sceptiques, a adopté mercredi soir de nouvelles mesures anti-crise. Objectif : mettre l'Italie, lourdement endettée, à l'abri de la crise avant le G20.

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"Où s'arrêtera le déluge d'une crise financière qui en, dix mois, a déjà emporté cinq chefs de gouvernement ?", s'interroge Vincent Giret dans Libération, en faisant un décompte : "L'Irlandais Cowen, le Portugais Sócrates, la Slovaque Radicova, le Grec Papandréou et l'Italien Berlusconi sont tombés sous les coups d'une violente attaque qu'ils n'ont pas vu arriver ou su maîtriser à temps. Dans dix jours, lors d'élections anticipées dont les résultats ne font aucun doute, l'Espagnol Zapatero rejoindra la liste fatale. Nul n'est plus à l'abri". Et le quotidien de souligner que "ce ne sont pas des foules de manifestants en colère, mais les agences de notation et les marchés financiers qui ont crié un retentissant : dégage !".

"Les marchés ont réussi là où la gauche italienne a échoué"

"En somme les marchés ont réussi là où la gauche italienne a échoué. Silvio Berlusconi s'en va", renchérit Le Monde, estimant que les marchés "soumettent Rome à une terrible pression". "Les marchés ont acculé Berlusconi à la démission. Faut-il s'en émouvoir ?", se demande Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne. "Les bulldozers des marchés réaménagent les espaces économiques à leur convenance, au détriment des décideurs politiques", poursuit-il, estimant que leur "inexorable avancée (...) place au premier plan la question de la démocratie dans les pays développés."

"Beaucoup regretteront, une fois de plus, que l'impérialisme des marchés soit plus fort que le jeu de la démocratie politique", résume Jacques Camus dans La République du Centre. "Cela dit, il ne se trouvera pas grand monde pour s'apitoyer sur le sort du Cavaliere." "Ce sont en définitive les marchés qui ont eu sa peau", s'inquiète Michel Lepinay dans Paris Normandie. Avant de rappeler: "évidemment les marchés n'existent pas...ce sont des hommes qui spéculent face à des écrans d'ordinateur, qui jouent à un Monopoly risqué mais juteux avec les dettes dites souveraines, c'est-à-dire d'Etats qui ont fini par perdre peu à peu cette souveraineté..."

le 10 novembre 2011 à 07:32
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22 Commentaires

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  • walterbenjamin, le 13/11/2011 à 10h37

    La vérité sur la dette des états qu'on ne vous dit pas : bien sûr qu'un état doit être bien géré. Mais tous les économistes sérieux le savent: la dette a été créée par l'obligation faite aux états en France en 1973 d'emprunter sur les marchés alors que la banque centrale prêtait auparavant à 0% Un état n'a pas à payer d'intétrêts . .A 0% vous remboursez très vite votre dette, et les états étaient très peu endettés avant 1973 ,à 3% ou 7% pour l'Italie votre dette double tous les 7 ans , un vrai jackpot pour les banques . La martingale ne tient plus, le délire néolibéral qui n'a rien à voir avec le libéralisme s'écroule devant les faits: ça ne marche pas, un état n'est pas une entreprise, même Hayek le disait . Alors ce qui est drôle si ce n'était pas tragique c'est que le dernier carré veut nous faire croire que c'est de notre faute, qu'il faut baisser les dépenses sociales ,ils ne disent plus qu'il faut déréguler et baisser les impôts (ça ne passe plus!) alors que sans les intérêts de la dette, les états vivraient tout à fait normalement comme avant 1973 .Et fini les notations des états. Le délire va s'arrêter lorsque les Allemands vont imprimer la dette pour toute l'Europe, l'euro passera à 1 dollar et ce sera bien ! et on abrogera l'article 123 du traité de Lisbonne ,fin de l'utopie néolibérale et retour à un libéralisme gérable, avec aussi le retour de 11 000 à 60 000 milliards des paradis fiscaux (=la dette) (les vrais assistés sous perfusion ce sont eux ! pas les pauvres qui touchent des allocations pour survivre)une loi d'une ligne suffit : retrait des licences des banques qui font le moindre commerce avec les paradis, en 6 mois l'argent reviendra .

  • froggyb, le 13/11/2011 à 02h01

    Les marchés ne tiennent les politiques que parcequ'ils empruntent! Il est temps de mettre en place une regle d'or. Seuls des budgets équilibrés, c'est a dire une bonne gestion, permettront d'éviter ces catastrophes. Si vous etes personnellement a découvert dans votre banque, vous payez des frais. Les Etats aussi. Normal. A quand une gestion saine des etats qui limitent les dépenses a l'équivalent des recettes. Personne ne peut vivre a crédit eternellement.

  • vuvuzela31, le 12/11/2011 à 18h20

    Si nos dirigeants n'etaient pas corrompus et incompétents on aurait sans doute une dette moitié moindre. Je ne me sens pas responsable de cette partie de la dette...

  • look165, le 10/11/2011 à 13h28

    Fillon ?

  • keops59, le 10/11/2011 à 12h25

    Vous pouvez toujours rêver... mais en 2012 vous serez déçu !

  • keops59, le 10/11/2011 à 12h23

    Berlusconi démissionne parce que 8 des députés des partis qui constituent la majorité en Italie ont décidés de ne plus le soutenir ce qui met ce dirigeant en minorité face à l'opposition. Ce ne sont pas directement les marchés qui le mettent en minorité.

  • laeti375, le 10/11/2011 à 11h10

    Et vous croyez que hollande l'enchanteur va reenchanté le rêve des Français ? je plains le France !

  • laeti375, le 10/11/2011 à 11h08

    Tout à fait !

  • franky37, le 10/11/2011 à 11h04

    Un peu de patience, ça viendra au printemps prochain.

  • makiawell, le 10/11/2011 à 10h10

    Bien,donc la guerre est déclarée entre le politique et le financier, et nous en sommes l'enjeu ainsi que notre Démocratie.Le financier tient le politique est entend bien le gouverner à son gré .A l'heure actuelle tous les pays puissants financierement sont capitalistes ET socialistes, c'est le financier qui en a décidé ainsi; le peuple doit produire et consommer, le peuple doit créer et capitaliser, même en Chine et ceci au plus grand profit du financier, donc peu importe celui qui est au pouvoir,élu ou pas, pourvu qu'il plie son peuple aux désiderata du financier. Ce chef d'Etat a même des obligations:protéger les banques et les marchés,les établissements financiers au détriment des gens.Or ce système financier a un point faible,mortel :il a besoin de réel car il est en fait une illusion virtuelle et, comme un miroir, il renvoit une image du réel mais n'est pas le réel.Le réel,c'est nous.Avec nos entreprises,nos idées,notre travail.Le politique étant immobilisé,voire manipulé pas ce système financier, il n'y a plus que nous qui pouvons l'enrayer:essuyer le miroir et le faire disparaitre.A chacun de trouver et de faire partager ses idées pour nettoyer le financier de sa prétention à gouverner le monde.

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