En février, lors de son déplacement à Londres pendant la campagne électorale française, François Hollande n'avait pas été reçu par David Cameron, le Premier ministre britannique de droite et soutien quasi-affiché de Nicolas Sarkozy. A l'instar d'Angela Merkel, le locataire du 10, Downing Street doit désormais travailler avec le nouveau patron de l'Elysée.
Après s'être croisés lors des sommets du G8, de l'Otan, du G20 et de l'Union européenne, les deux hommes auront ce mardi leur premier "grand" rendez-vous à l'occasion de la visite officielle de François Hollande à Londres, marquée par un entretien, un déjeuner de travail et une conférence de presse conjointe.
L'appel aux exilés fiscaux français, une "anecdote"
Les discussions porteront sur "un large spectre de sujets", notamment la zone euro, s'est borné à indiquer dans un premier temps Downing Street. Côté français, l'Elysée met l'accent sur "le partenariat franco-britannique", en insistant sur la coopération bilatérale en matière de défense et d'énergie et les convergences sur les dossiers internationaux comme la Syrie, l'Iran et le Mali. La polémique suscitée le mois dernier en France par les déclarations de David Cameron, qui s'était dit prêt à "dérouler le tapis rouge" aux exilés fiscaux français, ne sera pas au menu de l'entretien, selon la présidence, qui évoque "des anecdotes sans importance" (lire notre article : "Impôts : la bombe Cameron lance le débat en France").
La fiscalité en France est cependant aussi scrutée de près par le gouvernement britannique sur un autre point : l'assujettissement aux prélèvements sociaux des revenus immobiliers des non-résidents. Selon le Daily Telegraph, cette mesure pourrait toucher "quelque 200.000 Britanniques" propriétaires de résidences secondaires en France et Londres serait prête à "contester toute proposition contraire aux lois régissant le marché unique et aux règles anti discrimination".
Cameron contre la taxe financière
Les questions européennes risquent également de soulever des désaccords. David Cameron ne cesse d'exhorter les membres de la zone euro -dont son pays ne fait pas partie- à agir pour résoudre la crise, aux lourdes conséquences sur l'économie britannique. Mais sous la forte pression de l'aile eurosceptique de son parti, il a jugé récemment qu'il fallait "moins d'Europe" et n'exclut pas à terme un référendum sur l'étendue des transferts de prérogatives concédées à Bruxelles.
Il a par ailleurs refusé d'endosser le pacte budgétaire européen, au nom de la sauvegarde des intérêts de la City, première place financière d'Europe, et n'a cessé de dire son opposition farouche à la taxe sur les transactions financières voulue par Paris.
En tête-à-tête avec Elizabeth II
Au cours de sa visite, François Hollande doit aussi aller à la rencontre de la communauté française, très importante à Londres. Avec une population française estimée à quelque 350.000 personnes, la capitale britannique est parfois surnommée "la sixième ville française".
Il aura également un entretien de trente minutes en tête-tête, sans interprète, avec Elizabeth II -la reine parle en effet français (lire notre article : "Hollande rencontrera Elizabeth II sans interprète").






