C'est un premier pas. La justice britannique a donné jeudi son feu vert pour que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, soit extradé vers la Suède où il est accusé d'agressions sexuelles. L'homme, qui est en liberté conditionnelle depuis le 16 décembre en Grande-Bretagne, a aussitôt fait savoir qu'il allait faire appel. Julian Assange doit être extradé dans les dix jours. L'accusé a sept jours pour interjeter officiellement appel devant la Haute cour de Londres.
Les avocats d'Assange, qui a provoqué la fureur des autorités américaines en rendant publiques des milliers de dépêches diplomatiques américaines, ont tenté d'empêcher son extradition en affirmant qu'il ne bénéficierait pas d'un procès équitable en Suède. Selon l'un des avocats, le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a compromis les chances de son client d'obtenir un procès honnête en le présentant comme "l'ennemi public numéro un".
La peine de mort aux Etats-Unis
Expert en informatique de 39 ans, Assange, de nationalité australienne, est accusé en Suède d'agressions sexuelles par deux collaboratrices de WikiLeaks. L'une des accusatrices, "Mlle A", affirme qu'il a refusé d'utiliser un préservatif lors d'un rapport sexuel. L'autre, "Mlle W", dit qu'il lui a imposé un rapport sexuel sans préservatif alors qu'elle dormait. Ces faits sont passibles en Suède d'une peine d'emprisonnement de quatre ans.
Aux yeux de ses avocats, Assange risquerait, une fois en Suède, d'être extradé vers les Etats-Unis où il pourrait encourir la peine de mort pour divulgation de secrets d'Etat. La défense fait valoir que les procureurs suédois auraient pu interroger Assange en Grande-Bretagne au lieu de réclamer son extradition, mais l'accusation a dénoncé une "absence constante de coopération" de la part de l'Australien.







