Assange réussit à retarder son extradition

le 05 décembre 2011 à 12h19 , mis à jour le 05 décembre 2011 à 13h06

Dossier : Wikileaks, Julian Assange et le data journalisme

La Haute Cour de Londres a autorisé le fondateur de WikiLeaks à poursuivre devant la Cour suprême son combat contre l'extradition vers la Suède. Si elle avait déclaré son appel non recevable, Julian Assange aurait pu être extradé dans les dix jours et emprisonné en Suède.

Julian Assange (au centre), à son arrivée au palais de Justice de Londres, 2/11/11Julian Assange (au centre), à son arrivée au palais de Justice de Londres, 2/11/11 © TF1/LCI

Pratiquement un an jour pour jour après son interpellation, Julian Assange, le turbulent fondateur de WikiLeaks, a abattu lundi l'une de ses dernières cartes dans sa longue bataille judiciaire au Royaume-Uni contre son extradition vers la Suède. La Haute Cour de Justice à Londres chargée d'examiner la recevabilité de son recours, jugeant que son cas relevait de l'"intérêt public" et devrait être tranché "aussi vite que possible" par la juridiction suprême, l'a autorisé à saisir la Cour suprême. Ses défenseurs disposent désormais de 14 jours pour envoyer une requête à la Cour, a précisé l'avocate d'Assange Gareth Peirce. Trois juges de cette instance examineront alors sa demande, avant de rendre leur décision. "S'ils refusent la demande d'appel, c'est fini", a résumé l'avocate.

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  • Extrader ou pas Assange : la Haute Cour de Londres va se prononcer

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    Le fondateur de WikiLikeaks comparaît ce lundi devant la justice britannique, qui étudie une demande d'extradition vers la Suède dans le cadre d'une affaire d'agressions sexuelles, indépendante des fuites de documents officiels. Des manifestations de soutien sont prévues à Londres.

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  • Rendez-vous le 7 février au tribunal pour Julian Assange

    C'est à cette date que sera examinée la demande d'extradition de Julian Assange formulée par la Suède. En attendant, le fondateur de WikiLeaks reste assigné à résidence au Royaume-Uni. Il promet que WikiLeaks continuera ses activités "quoi qu'il arrive".

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Plus d'infos

Le point d'intérêt général soulevé, qui permet à Julian Assange de poursuivre son combat judiciaire, est de savoir si un mandat d'arrêt émis par un procureur dépendant de l'Etat peut être considéré comme valide. "C'est un cas d'école", avait indiqué devant la Haute Cour Mark Summers, au nom de la défense d'Assange. "Le fait de savoir si un procureur peut émettre un mandat d'arrêt européen est un point de droit d'intérêt général" a-t-il fait valoir.

Depuis son arrestation le 7 décembre 2010 dans la capitale britannique, Assange a comparu en tout à dix reprises devant des tribunaux, tentant d'enrayer la mécanique judiciaire mise en branle par le mandat d'arrêt émis par Stockholm pour une affaire de viol et d'agressions sexuelles présumés. Après le feu vert donné il y a un mois à la poursuite de cette procédure par la justice britannique, l'extradition semble pour lui de plus en plus difficile à éviter. Mais le fondateur de WikiLeaks, qui a toujours crié au complot face aux deux Suédoises qui l'accusent de relations sexuelles non consenties, a en tout cas gagné ce lundi un sursis.

Des soutiens qui se sont érodés

S'il avait été débouté par la Haute Cour de Justice de Londres, Julian Assange aurait pu en effet être "extradé sous dix jours et emprisonné en Suède", comme le soulignait le site "swedenversusassange.com" (la Suède contre Assange) conçu pour sa défense. Avec la crainte souvent brandie par ses partisans qu'il ne soit remis ensuite à la justice américaine. Preuve qu'Assange lui-même semble considérer que son extradition n'est plus qu'une question de temps, il se serait d'ailleurs déjà adjoint les services d'une société suédoise de relations publiques, Ullman PR, pour l'aider à préparer son retour en Suède, aux dires de cette entreprise.

Douze mois après le début de son incroyable saga judiciaire, le vent, il est vrai, a tourné pour le flamboyant patron de WikiLeaks qui a connu son heure de gloire en 2010 avec la publication de milliers de télégrammes diplomatiques qui ont fait trembler les Etats-Unis. Assigné à résidence dans un manoir de la campagne anglaise depuis un an, obligé de porter un bracelet électronique et contraint à un couvre-feu, il a tenté d'entretenir la flamme en s'autorisant interviews et déclarations fracassantes depuis sa retraite. Mais ses soutiens se sont éclaircis. Quelques-uns de ses anciens amis ont publié des brûlots contre ce croisé de la transparence qui n'a guère apprécié de voir son image écornée.

Ses méthodes ont été contestées et les financements se sont faits de plus en plus rares pour son site, contraint même d'interrompre un temps ses publications. Elles ont repris il y a quelques jours, ne suscitant qu'un faible écho. Maigre consolation pour celui qui fut l'an dernier baptisé "homme de l'année" par Time magazine et Le Monde, une pièce racontant sa vie, créée en Australie, doit faire ses débuts européens en janvier à Londres.

le 05 décembre 2011 à 12:19
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2 Commentaires

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  • ajmgoofo, le 05/12/2011 à 20h01

    Bravo les Anglais

  • trunk69100, le 05/12/2011 à 12h55

    On peut critiquer autant qu'on veux tous les voleurs, trafiquants de drogues etc, mais les gouvernements de n'importe quel pays ne valent pas mieux que ces gens là a faire ce genre de complot. On peut remarquer que quand il y a quelques choses qui dérange un pays, comme par un miracle, il y a une plainte pour viol juste derrière. J'ai aucune preuve de ce que j'avance, c'est juste une constatation qui mérite quand même réflexion.

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