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Attentat en Italie : la piste de l'acte individuel privilégiée


le 20 mai 2012 à 18h12 , mis à jour le 20 mai 2012 à 21h40.
Temps de lecture
4min
Bougies allumées en hommage aux victimes d'un attentat commis contre un lycée de Brindisi, au sud de l'Italie (19 mai 2012)

Bougies allumées en hommage aux victimes d'un attentat commis contre un lycée de Brindisi, au sud de l'Italie (19 mai 2012) / Crédits : AFP / M. Tosti

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EuropeLa piste de la mafia avait été la première évoquée par les médias italiens après l'attentat contre un lycée de Brindisi, qui a provoqué la mort d'une adolescente. Mais le procureur évoque un "acte individuel et isolé". Les autorités disposent en outre du portrait-robot d'un suspect.

 

Attentat mafieux ou action d'un fou ? Sous le choc, l'Italie s'efforce de comprendre les raisons de l'attentat commis samedi devant un lycée à Brindisi. Une attaque qui a provoqué la mort d'une adolescente et a blessé plus ou moins gravement plusieurs élèves, et qui a ravivé tout à la fois le souvenir douloureux des attentats mafieux des années 90 mais aussi du terrorisme des années 70.

Dans un premier temps, l'hypothèse évoquée a été la piste mafieuse à cause du nom du lycée, hommage au juge anti-mafia tué il y a presque exactement 20 ans (le 23 mai 1992) dans un attentat de la mafia sicilienne et parce qu'une "caravane de la légalité" devait passer à Brindisi ce week-end pour célébrer cet anniversaire. Des témoins ont également fait état d'une vague d'arrestations contre la mafia locale, la Sacra Corona Unita, et de l'explosion criminelle de la voiture du président de l'association antiracket de Mesagne, village où habitait la lycéenne tuée et où est née cette mafia, spécialisée dans la contrebande et le trafic d'armes et de drogue.

Portrait-robot

Mais la police italienne semble suivre d'autres pistes. Et selon les médias italiens, deux suspectsont été interrogés dimanche, apparemment sans lien avec la mafia. Selon le site local d'information Brindisireport, ces personnes auraient été "identifiées grâce à des enregistrements de caméras de surveillance" à proximité du lycée. L'un des suspects serait un ex-militaire de carrière avec des connaissances en électronique et aurait des proches qui vendent des bonbonnes de gaz à usage domestique. La police a perquisitionné les domiciles des suspects.  Lors d'une conférence de presse dimanche en fin de matinée, le procureur en charge de l'enquête à Brindisi a d'ailleurs estimé que "l'hypothèse la plus probable est celle d'un acte individuel et isolé". Selon lui, "il n'est pas impossible que ce soit le geste d'une seule personne", même s'il a souligné que "les motivations de cette tragédie peuvent être de plusieurs types".

Selon le procureur, les enquêteurs disposent désormais d'un portrait-robot de l'auteur qui serait un homme adulte, encore non identifié. Le procureur a confirmé disposer d'images enregistrées par les caméras de surveillance qui sont "significatives" et montrent "un engin activé à distance avec un système qui permet à l'opérateur de voir le lieu". Le ou les auteurs de l'attentat "connaissaient le contexte du lycée et avaient calculé l'heure pour frapper", a-t-il précisé, en soulignant aus qu'ils "sont experts en électronique".

"Celui qui a commis ce geste a tué l'Italie"

Dans l'après-midi de samedi, déjà,  le chef du parquet de Lecce, également patron de la division locale antimafia, Cataldo Motta, avait paru douter de la piste mafieuse. Il avait estimé que pour la Sacra Corona, ce serait "contre-productif parce qu'un tel acte annihile toute sympathie pour ceux qui l'ont commis". La ministre de l'Intérieur Annamaria Cancellieri a souligné les modalités "inhabituelles" et des "anomalies" comme l'engin utilisé et la cible, une école. Certains médias ont aussi évoqué le geste d'un déséquilibré ou une vengeance. Le maire a souligné que l'objectif "était délibérément de tuer les élèves car une minuterie a été trouvée". Et plusieurs responsables ont souligné que le "code d'honneur" de la mafia italienne lui interdit de viser des enfants, et que les attentats mafieux ont généralement recours à des explosifs plus sophistiqués.

C'est en effet un engin de fabrication artisanale qui a explosé samedi vers 7h45 alors que les élèves arrivaient pour les cours du samedi matin, au lycée professionnel Morvillo-Falcone, du nom du magistrat sicilien Giovanni Falcone et de son épouse Francesca Morvillo. Rapidement secourue, Melissa, une lycéenne de 16 ans, fille unique d'un ouvrier, a succombé à ses blessures à l'hôpital tandis qu'une camarade du même âge, Veronica, opérée au thorax, est toujours dans un état très grave. Selon les premières informations, la bombe fabriquée avec trois bonbonnes de gaz reliées entre elles, avait été déposée sur un muret de ce lycée de 600 élèves, qui forme aux métiers de la mode et du tourisme, surtout fréquenté par des jeunes filles. Trois autres lycéennes souffrent de brûlures et une quatrième de lésions dues aux débris reçus aux membres inférieurs.

Commenter cet article

  • barbac56 : Pourquoi ? Parce que ça se justifie ce genre d'acte ???

    Le 21/05/2012 à 09h38
  • cirio13 : Il faut retrouver le ou les coupables pour le sjugés et savoir pourquoi ?

    Le 20/05/2012 à 22h00
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