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Beppe Grillo, le "Coluche italien" qui bouleverse la politique

Fabrice Aubert par
le 25 mai 2012 à 05h45
Temps de lecture
4min
Beppe Grillo, à Gênes, le 10/5/12

Beppe Grillo, à Gênes, le 10/5/12 / Crédits : AFP

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Europe Le "Mouvement 5 Etoiles", fondé par le comique le plus populaire d'Italie, a gagné quatre villes lors des municipales, dont Parme. Il est donné en deuxième position pour les législatives, devant le parti de Silvio Berlusconi.

Il est toujours difficile d'établir des comparaisons entre les pays. Pour donner à la fois une idée de l'importance de Beppe Grillo et de son impact sur la société en Italie, seule la référence à Coluche semble adéquate. Depuis des années, le comique, aujourd'hui âgé de 63 ans, fait rire les Italiens sur la politique. A la fin des années 90 et tout au long de la dernière décennie, en pleine période de "Berlusconisation" du pays, il était l'un des plus virulents détracteurs -sinon le seul- de Silvio Berlusconi, via des sketches désopilants et très critiques.

A l'instar de Coluche pour la présidentielle de 1981, Beppe Grillo a décidé de franchir un cap. Après avoir créé l'association "Mouvement 5 étoiles" (pour  eau, environnement, transport, réseaux et développement) en 2009, il l'a lancée, grâce à l'argent gagné avec ses spectacles, à l'assaut des mairies mises en jeu lors des municipales partielles. Après des premiers essais engageants en 2010 et 2011 -3,4% à Milan l'an dernier-,  sa troisième tentative s'apparente à un tremblement de terre politique.

Les passages TV honnis
 
Si Beppe Grillo n'est pas descendu lui-même dans l'arène, les candidats du "Mouvement 5 étoiles" se sont en effet imposés, à la barbe des partis traditionnels, dans quatre villes dimanche dernier. Parmi elles, Parme, 188.000 habitants, ancien bastion communiste passé à droite, désormais au bord de la faillite et mise sous tutelle de l'Etat. Une dizaine de conseillers municipaux,  à peine trentenaires, ont aussi été élus à travers l'Italie. 

"Merci à tous, nous avons conquis Stalingrad, maintenant nous sommes en route pour Berlin !", s'est enflammé l'amuseur en comparant la situation à la Seconde Guerre Mondiale lors d'une conversation avec ses partisans sur Internet -il a fait du réseau sa force de frappe, en snobant volontairement les chaînes de télévision.

De la sortie de l'euro à l'interdiction du droit du sol
 
Sur quel programme les électeurs ont-ils fait confiance à Beppe Grillo ? A la limite du populisme, le tribun mise grosso modo sur le discrédit et le ras-le-bol des "zombies" de la classe politique traditionnelle, en premier lieu leur corruption, et sur les conséquences de la rigueur sur la vie quotidienne. Il propose donc, pêle-mêle, la mise en place d'un revenu minimum, la diminution des dépenses militaires ou encore la réduction des salaires pour les hommes politiques.

Certaines de ses solutions sont aussi plus radicales, notamment celle sur la sortie de la zone euro. Classé à gauche, il effectue également, sans être repris par les progressistes, quelques incursions glissantes sur le terrain de la droite dure, comme le maintien de l'interdiction du droit du sol pour les enfants d'immigrés.

Quid de l'exercice du pouvoir ?

Reste maintenant à savoir quel est l'avenir du "Mouvement 5 Etoiles". Il va tout d'abord être confronté à une dure réalité : l'exercice du pouvoir. Le nouveau maire de Parme, Federico Pizzarotti, 38 ans, n'a ainsi aucune expérience politique. Un échec serait vite utilisé par le Parti démocrate (gauche) ou le Peuple de la Liberté (PdL), la formation de Silvio Berlusconi, pour pointer les faiblesses du "Grillonisme" -même si pour l'instant, certains dirigeants, de droite comme de gauche, qui prenaient Beppe Grillo de haut il y a peu, essayent plutôt de l'amadouer. En revanche, un succès permettrait à l'humoriste d'aborder en position de force les législatives, programmées en mai 2013.

Dans cette optique, les sondages lui sont favorables : selon une enquête Ipsos publiée mercredi, le "Mouvement 5 Etoiles" arriverait en deuxième position du scrutin avec 18,5% des voix. Derrière le Parti démocrate (26%), mais devant le PdL (17%) ! Bref, contrairement à Coluche qui affirmait à l'automne 1980, alors qu'il était crédité de 15% dans les sondages, qu'il arrêterait "de faire dela politique quand les politiques arrêteraient de nous faire", Beppe Grillo a bien l'intention de continuer son combat politique.

Commenter cet article

  • totolasalsa : Etant expatrié en Italie et vivant la bas ca va etre dure pour lui quand même; l'italie est un pays divisé du nord au sud et de gauche a droite en politique

    Le 26/05/2012 à 08h19
  • jambo000 : En prenant du recul, après les mois sans gouvernement de la Belgique et les partis classiques dépassés par cet humoristique, on ne peut que conclure que la politique actuelle est dépassée. Il faut trouver un nouveau schéma, et pourquoi pas un comique qui sont connus pour mettre en parallèle des faits séparés afin de nous faire rire

    Le 25/05/2012 à 18h17
  • papous42 : Federico Pizzarotti, 38 ans, n'a ainsi aucune expérience politique le problème c'est que ces prédécesseurs en avaient de l'expérience politique, et on voit ou cà les a menés, Coluche avait mille fois raisons, quand il disait , « C'est pas dur la politique comme métier ! Tu fais cinq ans de droit et tout le reste c'est de travers. »

    Le 25/05/2012 à 16h50
  • cacest4vrai : Il a une bonne tête (il ressemble a roland magdane)! Bravo a son mouvement! Vive les grillons!Pourvu qu'il n'ait pas d'accident de moto...

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