Berlusconi prépare sa retraite politique... et sa succession

le 09 novembre 2011 à 11h37 , mis à jour le 09 novembre 2011 à 14h19

Le chef du gouvernement italien, dont la démission prochaine a été annoncée mardi, déclare qu'il ne se représentera pas en cas d'élections anticipées. Un temps rassurés par l'annonce de sa prochaine démission, les marchés sont pourtant en forte baisse, craignant une instabilité politique.

S'il a remporté mardi un vote test à la Chambre des députés, c'était là une victoire à la Pyrrhus pour Silvio Berlusconi. Car le chef du gouvernement italien a perdu la majorité absolue, ce qui l'a contraint à annoncer sa démission dans la soirée. En accord avec le chef de l'Etat Giorgio Napolitano, il remettra son mandat dès que le parlement aura adopté des mesures budgétaires et économiques promises à l'Union européenne, probablement d'ici fin novembre. Le président de la République a annoncé qu'il entamerait aussitôt des consultations tant avec la majorité qu'avec l'opposition en vue de la formation d'un nouveau gouvernement.

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  • Une victoire à la pyrrhus pour Berlusconi ?

    Après la défection de plusieurs députés de son camp, le Premier ministre italien n'a obtenu mardi qu'une majorité relative lors du vote sur les comptes publics. La gauche, qui s'est abstenue, pourrait déposer une motion de censure si le "Cavaliere" décide de rester en poste.

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  • Berlusconi lâché de toutes parts

    Alors que 5 députés de son parti ont annoncé mardi matin qu'ils ne participeraient pas au vote de confiance dans l'après-midi sur les finances publiques de l'Italie, Umberto Bossi, le principal allié du Premier ministre italien, demande carrément sa démission.

    Publié le 08/11/2011 Berlusconi lâché de toutes parts
  • L'Italie sous étroite surveillance

    Silvio Berlusconi peine à faire adopter ses mesures anti-crise par son gouvernement. Le pays a demandé à être surveillé par le FMI et la commission européenne. Silvio Berlusconi a indiqué avoir reçu et refusé une proposition d'aide financière du FMI, "pas nécessaire".

    Publié le 04/11/2011 L'Italie sous étroite surveillance
  • L'Italie adopte des nouvelles mesures pour rassurer la zone euro

    Au lendemain du "séisme grec", Silvio Berlusconi, en proie à une situation politique très tendue et à des investisseurs sceptiques, a adopté mercredi soir de nouvelles mesures anti-crise. Objectif : mettre l'Italie, lourdement endettée, à l'abri de la crise avant le G20.

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  • Berlusconi sera-t-il encore Premier ministre mardi soir ?

    Le Premier ministre italien subira mardi un nouveau vote test, cette fois sur les finances publiques. Plusieurs de ses députés ayant fait défection, il aura plus de mal que d'habitude pour décrocher la majorité. Lundi, des rumeurs de démission ont influencé la Bourse de Milan.

    Publié le 07/11/2011 Berlusconi sera-t-il encore Premier ministre mardi soir ?
  • La survie politique de Berlusconi ne tient qu'à un fil

    En Italie, Silvio Berlusconi dément les rumeurs de démission. Pourtant, le Président du Conseil n'aurait plus la majorité absolue à la Chambre. Mardi, la Chambre se prononcera sur le bilan 2010.

    Publié le 08/11/2011 La survie politique de Berlusconi ne tient qu'à un fil
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Dans ce scénario, il ne devrait convoquer des élections anticipées que s'il ne parvient pas à trouver une nouvelle majorité. Une hypothèse qui laisse cependant fortement sceptique le principal intéressé de ce psychodrame politique : "Certes, le chef de l'Etat mènera ces consultations mais je ne vois pas de majorité alternative possible", estime ce mercredi Silvio Berlusconi dans une interview que publie La Stampa, en rejetant toute alliance avec l'opposition de gauche ou les centristes. De ce fait, "il ne reste que la voie royale, celle des élections", estime-t-il. Mais ces élections qu'il envisage, il ne prétend pas y participer.

"Je me sens libéré"

"Je ne me représenterai pas, et même, je me sens libéré", affirme le Cavaliere, aujourd'hui âgé de 75 ans, ajoutant qu'il souhaite remettre le flambeau à son dauphin, Angelino Alfano à qui il a déjà confié les rênes de son parti comme secrétaire général du Peuple de la Liberté. "Maintenant c'est l'heure d'Alfano, ce sera lui notre candidat, il est vraiment bon, plus qu'on ne pourrait le penser et son leadership a été accepté par tous", explique-t-il. "Avant, nous devons donner des réponses immédiates aux marchés. Nous ne pouvons plus attendre pour approuver les mesures décidées, je me suis engagé auprès de l'Europe et avant de partir, je veux tenir ma promesse", explique-t-il. "Mais je lance un appel à tous, majorité et opposition, pour que ces mesures passent au plus vite et ensuite je démissionnerai", poursuit le président du Conseil, qui situe la date de sa démission avant la fin de ce mois. "Il est important d'aller vite: plus vite nous agissons, plus vite nous sortons de ce manège infernal, de cette situation incroyable, avec les marchés qui poussent", insiste-t-il.

Sur le plan personnel, il ne cache pas son amertume sur "les traîtres" de son parti qui se sont abstenus mardi, aux côtés de l'opposition. "Il est arrivé une chose hallucinante, à laquelle j'ai du mal à croire, j'ai été trahi par ceux que j'ai portés dans mon coeur toute ma vie", dit-il citant l'un des députés, dont la fille est sa filleule, ou une autre qu'il rebaptise Iscariote (surnom de Judas dans les Evangiles) comme Judas. Qu'envisage-t-il de faire à l'avenir? "Je serai le père fondateur de mon parti et peut-être que je me remettrai à la présidence du Milan" AC, le club de foot qu'il préside. Poussé dans ses retranchements, il se déclare prêt à "donner un coup de main pendant la campagne électorale, ça c'est quelque chose qui m'a toujours très bien réussi". Mais il relativise aussitôt : "Mes enfants sont très heureux si je quitte la politique, ils espèrent ainsi se réveiller le matin sans devoir lire dans les journaux du monde entier des attaques contre moi, et puis ils savent que je suis fatigué".

Les marchés sceptiques, les taux italiens au-dessus de 7% 

La Bourse de Milan, après avoir salué le départ annoncé de Silvio Berlusconi, a brusquement changé de tendance mercredi en milieu de matinée : elle chutait de 3,33% vers 11 heures du matin, les investisseurs craignant les suites politiques en Italie. "C'est vraiment l'incertitude politique qui joue, on ne sait pas trop vers quoi on s'achemine", décryptait Cyril Regnat, stratégiste obligataire de la banque Natixis. La place financière milanaise, qui avait entamé la séance sur une hausse de 1,38%, a brusquement décroché lorsque les taux obligataires italiens ont franchi un nouveau record, signe de la méfiance persistante des investisseurs à l'égard de la dette italienne. Vers 11 heures, le taux à 10 ans de l'Italie est monté à plus de 7%, malgré le prochain départ de Berlusconi, qui était souhaité par les marchés et censé redonner de la crédibilité à l'Italie. Ce niveau des taux est insoutenable dans la durée, étant donné la taille colossale de la dette italienne (1900 milliards d'euros, environ 120% du PIB). Au même moment, la Bourse de Paris creusait ses pertes et chutait de plus de 2%.

le 09 novembre 2011 à 11:37
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4 Commentaires

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  • 1raleur, le 09/11/2011 à 19h17

    A qui le tour ?

  • al38240, le 09/11/2011 à 17h07

    Parce que le personnage de gauche qui va le remplacer, ne fera pas mieux. Voir Papandréou.

  • roubene, le 09/11/2011 à 13h49

    Les marchés ont peur d'un départ de Berlusconi ??? Ca en dit long sur la mentalité des marchés !!!

  • looky92, le 09/11/2011 à 12h36

    Bon vent.

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