Référendum grec : "C'est clairement une défaite pour Papandréou"

Par , le 04 novembre 2011 à 14h11 , mis à jour le 04 novembre 2011 à 21h38

Dossiers : UE, Crise financière

INTERVIEW - En obtenant le vote de la droite au plan d'aide européen en échange de l'abandon du référendum, le Premier ministre grec sort-il gagnant ou perdant de la crise ? Pour Georges Prévélakis, politologue, la réponse ne fait pas de doute : "Papandréou s'est définitivement discrédité avec cet épisode".

Georges Papandréou, le 3 novembre 2011, à CannesGeorges Papandréou, le 3 novembre 2011, à Cannes © Abacapress.com

Georges Prévélakis est professeur de géopolitique à l'Université Paris I. Il est l'auteur de Grèce : les raisons historiques de la faillite (Esprit, novembre 2011).

  • Grèce : l'épreuve de la rue pour Papademos

    A peine en place, l'équipe de Lucas Papademos affronte ce jeudi une journée de mobilisation en forme de test : l'ampleur de la manifestation à Athènes contre l'austérité donnera le ton des relations qui vont s'établir entre une population réticente à de nouveaux sacrifices et le gouvernement.

    Publié le 17/11/2011 Grèce : l'épreuve de la rue pour Papademos
  • Papademos juge nécessaire un autre plan d'ajustement en Grèce

    La Grèce aura besoin d'un nouveau programme d'ajustement pour redresser son économie, a déclaré lundi le Premier ministre Lucas Papadémos devant le Parlement, ajoutant que les cent jours donnés à son gouvernement d'union ne suffiraient pas à accomplir cette tâche.

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  • Pour Papademos, le plus dur commence

    Alors que le nouveau Premier ministre grec a prêté serment vendredi (une cérémonie retardée par d'ultimes coups d'éclat des partis au moment de la formation du gouvernement de coalition), la tâche s'annonce immense pour redresser les finances d'un pays toujours menacé de défaut de paiement.

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  • Le nouveau Premier ministre grec, c'est Papademos

    Au terme de tractations politiques interminables qui ont une nouvelle fois mis à rude épreuve les nerfs des dirigeants de la zone euro, la droite et la gauche grecques ont réussi à s'accorder sur le nom du successeur de Georges Papandréou : ce sera Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE.

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  • Grèce : Papademos semble en passe de succéder à Papandréou

    Les partis politiques grecs, en pourparlers sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, sont tombés d'accord pour nommer à sa tête l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos. Mais ce dernier aurait posé ses conditions.

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  • La Grèce toujours en panne de Premier ministre

    Après d'interminables discussions, l'annonce du prochain gouvernement grec, prévue à l'origine lundi, devrait intervenir ce mardi. Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE, semble favori. Une réunion extraordinaire de l'actuel gouvernement est prévue à la mi-journée.

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  • Grèce : accord sur des élections en 2012, un nouveau premier ministre lundi

    Le Premier ministre grec et le dirigeant de l'opposition conservatrice Antonis Samaras sont tombés d'accord sur la formation d'un gouvernement de coalition dimanche soir. Les deux hommes se reverront lundi pour discuter du choix du futur Premier ministre. Il ne s'agira pas de Papandréou.

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  • Grèce: l'opposition de droite veut la tête de Papandréou avant de négocier

    La Grèce restait engluée dimanche dans une crise politique menaçant son maintien dans la zone euro, après le refus du leader de la droite d'oeuvrer à un gouvernement de coalition aux conditions posées par le Premier ministre pourtant prêt à passer la main.

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  • La Grèce engluée dans la quête d'un gouvernement de coalition

    La Grèce est restée samedi engluée dans une crise politique menaçant son maintien dans la zone euro, après le refus du leader de la droite d'oeuvrer à un gouvernement de coalition aux conditions posées par le Premier ministre pourtant prêt à passer la main.

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  • Papandréou négocie la coalition, l'opposition ne veut rien savoir

    Le Premier ministre grec a discuté samedi avec le président grec en vue de la formation d'un gouvernement de "coopération". Mais le principal parti d'opposition réclame toujours des élections immédiates. Aucun rendez-vous avec d'éventuels partenaires n'est pour l'instant prévu.

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  • Grèce : Papandréou plaide pour un gouvernement de coalition

    Au cours d'un débat parlementaire où il demandait la confiance des députés, le Premier ministre grec a appelé vendredi soir à une coalition gouvernementale "plus large" pour assurer l'accord européen de désendettement du pays. Le résultat du vote devait être connu dans la nuit.

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  • Grèce : le nouveau premier ministre devrait être désigné lundi

    Le Premier ministre grec et le dirigeant de l'opposition conservatrice Antonis Samaras sont tombés d'accord sur la formation d'un gouvernement de coalition dimanche soir. Les deux hommes se reverront lundi pour discuter du choix du futur Premier ministre. Il ne s'agira pas de Papandréou.

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  • Interview TV : Sarkozy et Obama affirment leur "lien excellent"

    Dans leur entretien commun à TF1 et France 2 réalisé à l'issue du G20, le président français et son homologue américain ont affiché vendredi soir leur bonne entente et leur volonté de "travailler ensemble".

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  • Athènes abandonne son référendum sur le plan UE

    Sous la pression, Georges Papandréou a dû enterrer vendredi son projet contesté de référendum. L'opposition se dit prête à participer à un gouvernement de transition pour valider le plan d'aide européen. Mais elle exige le départ du Premier ministre grec, qui subira vendredi soir un vote de confiance...

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  • Référendum ou pas : à quoi joue Papandréou ?

    L'attitude du Premier ministre grec, qui pourrait abandonner son projet de référendum si l'opposition de droite vote en faveur du plan européen et des mesures d'austérité qui vont avec, laisse sceptique. Victoire politique interne ou défaite face aux injonctions franco-allemandes ?

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  • La Grèce face au "coup de poker" de Papandréou

    Abasourdis par l'annonce d'un référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, politiques et médias grecs s'efforcent encore de décrypter les motivations de Georges Papandréou. Le vote pourrait avoir lieu en janvier. Mais le Premier ministre grec se retrouve avec une majorité encore plus étriquée.

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  • Sarkozy et Obama en interview croisée : la vidéo intégrale

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    Le sommet du G20 s'est achevé vendredi après-midi à Cannes. Nicolas Sarkozy, qui assurait la présidence du G20, se dit satisfait des accords trouvés. Mais la crise de la dette en zone euro a largement éclipsé les autres thèmes.

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  • Vote au Parlement grec : "d'intenses tractations entre les deux camps"

    L'envoyée spéciale de TF1 à Athènes fait le point sur les scénarios envisageables alors que doit être votée dans la nuit de vendredi à samedi la confiance au premier ministre.

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  • Crise grecque : retour sur 2 jours de cafouillage politique

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  • Et si la Grèce sortait de la zone euro ?

    Un scénario commence à être évoqué : celui de sortir la Grèce de la zone euro. Cela est-il possible ? Et quelles conséquences cette option aurait sur la zone euro ? Eléments de réponse.

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  • Grèce : où vont les milliards de l'aide européenne ?

    Le Premier ministre grec va devoir affronter vendredi un vote de confiance au Parlement alors que l'économie du pays tourne au ralenti. Le chômage augmente. Et les Grecs se demandent où passent les milliards de l'aide européenne.

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TF1 News : Avec le retrait du référendum et un plan d'aide qui sera voté par la droite*, est-ce une victoire politique pour Georges Papandréou ou bien une reculade devant les injonctions de Sarkozy et Merkel ?
Georges Prévélakis :
C'est clairement une défaite. Certes, il essaye désormais de manœuvrer en donnant une interprétation erronée des déclarations d'Antonis Samaras, le leader de l'opposition, pour faire croire qu'il maîtrise la situation. Les propos de Samaras sont pourtant clairs : il souligne qu'il accepte de voter le plan d'aide européen en raison de la gravité de la situation et des risques de sortie de la zone euro créés par Papandréou.

Reprenons le déroulé des événements. Papandréou met en place un processus de référendum qui entraîne un autre processus, celui de la déstabilisation de la zone euro et plus globalement de l'UE. Ensuite, après le message humiliant des leaders européens, il fait marche arrière. Il est donc clairement discrédité. Comme sa légitimité était déjà bien entamée avant cet épisode, il ne lui reste plus rien, si ce n'est de sauver les meubles et d'essayer de garder au moins la direction du Pasok (ndlr : le parti socialiste). Mais il est vrai qu'il est très doué pour la désinformation et les manœuvres de communication. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Sarkozy et Merkel ont mis du temps à se rendre compte de sa dangerosité.

TF1 News : Vous dressez là un portrait très à charge...
G.P. :
Certes, tout le monde découvre le personnage en Europe. Et c'est évidemment surprenant.  Mais pour moi et une bonne partie des Grecs, ce n'est pas nouveau.  Il a déjà eu ce genre de comportement en interne. Par exemple, en 2009, lors de la campagne électorale, il avait promis des choses impossibles à tenir. Ensuite, à son arrivée au pouvoir, il avait tenté un coup de communication en affirmant qu'on lui avait "caché la vérité" et en comparant la Grèce au Titanic.

Depuis, il a  tenu un double langage. Aux dirigeants européens, il a affirmé que les Grecs étaient un peuple impossible à gouverner et à gérer. Aux Grecs, il a présenté l'Europe comme une entreprise de domination lui imposant l'austérité contre sa volonté. Résultat : cela a créé un sentiment anti-européen en Grèce, notamment contre l'Allemagne ; et un sentiment anti-grec en Europe, notamment en Allemagne.

exergue "Le "vote utile" jouera en faveur de la droite en cas d'élections"


TF1 News : Le plan d'aide européen peut-il être voté et la confiance rejetée, ou l'inverse ?
G.P. :
Toutes les combinaisons sont possibles. C'est d'ailleurs pour cela que les deux votes ont été dissociés. Concernant le plan européen, cela ne devrait néanmoins pas poser de problèmes puisque l'opposition de droite le votera quoi qu'il arrive désormais. Pour la confiance, cela dépend essentiellement de la lutte interne qui se déroule en ce moment même au Pasok.
 
TF1 News :  S'il obtient la confiance, Papandréou peut-il rester au pouvoir ?
G.P. :
En théorie, c'est possible. Mais cela sera très difficile, pour toutes les raisons que nous venons d'évoquer. On peut en revanche imaginer une équipe dirigée par le ministre des Finances, Evangelos Venizelos. Mais tout ceci ne ferait que retarder la chute de la majorité du Pasok, toujours aussi contesté par la rue. L'intérêt général, pour clarifier la situation, est assez classique : faire appel au peuple en convoquant des élections législatives anticipées.

TF1 News : Des législatives anticipées aboutiraient-elles à une victoire assurée pour la droite ?
G.P. :
  Il est difficile d'être affirmatif à 100%, surtout dans un contexte de crise où les sondages ont beaucoup moins de valeur.  Une chose est sûre toutefois : en 2009, les Grecs ont eu un réflexe de "vote utile". Ils estimaient alors que la droite était finie, sans croire forcément en la gauche. Mais ils ont conclu, qu'en dehors du chaos, la gauche était la seule option pour garantir un gouvernement stable. Aujourd'hui, cet argument est encore plus fort. Mais dans l'autre sens. Il est donc fort probable que la droite obtienne une majorité claire.

exergue "L'ambiance actuelle rappelle un avant coup d'Etat"


TF1 News :  Pourtant, la Grèce est l'un des pays où le mouvement des "indignés", plutôt à gauche, est le plus fort.
G.P. :
  En Grèce, ce phénomène des "indignés" est très hétérogène et désordonné. Il y a en effet de gens de gauche, de toute sensibilité (marxistes, gauchistes, maoïstes...) mais aussi de droite, des ultra-orthodoxes et plus globalement des déçus des promesses de la classe politique. Surtout, même si le mouvement est très visible avec des campements en plein centre d'Athènes, il reste très  minoritaire. Il ne devrait donc pas avoir de conséquences importantes sur le résultat d'un scrutin anticipé.
 
TF1 News : L'autre solution évoquée est un gouvernement de coalition, pour aller au bout de la législature en 2013.
G.P. :
  Il s'agit surtout d'une tactique qui permettrait de retarder des élections. L'histoire récente ne plaide pas pour cette solution. La dernière expérience d'union nationale, à la fin des années 80 et au début des années 90, s'est soldée par un désastre. Or aujourd'hui, la cacophonie règne déjà dans le gouvernement Papandréou. Avec deux partis, ce sera encore pire. Une coalition grecque, donc de culture méditerranéenne, n'a rien à voir avec, par exemple, une coalition de culture nordique : l'intérêt partisan est le plus fort. Le seul souci de chaque formation sera donc de préparer le scrutin de 2013. Et il n'est même pas certain qu'une coalition tienne plus de trois ou de quatre mois. En fait, l'ambiance politique actuelle rappelle celle d'un avant coup d'Etat. Ce ne sera heureusement pas le cas. Mais retarder des élections ne fera qu'aggraver la situation.
 
TF1 News : Quel que soit le prochain gouvernement, quelle sera la place de la Grèce en Europe ? La droite a déjà annoncé son intention de renégocier le plan d'aide européen.
G.P. :
  Il ne faut pas voir la question de la renégociation comme une opposition frontale à l'Europe. L'intérêt commun, c'est de sortir la Grèce et l'Europe de la crise. C'est désormais plus une question qui doit être réglée au niveau des politiques et non des experts. Une chose est sûre : la Nouvelle démocratie et Antonis Samaras s'inscrivent dans la ligne pro-européenne historique de la droite grecque.

* entretien réalisé vendredi matin

Par Fabrice Aubert le 04 novembre 2011 à 14:11
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11 Commentaires

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  • tuzla, le 05/11/2011 à 07h49

    Les Grecs veulent le beurre l'argent du beurre et la crémière.

  • dokoly, le 04/11/2011 à 20h10

    Par principe-- je pense que c'est une victoire de Papandreou. Il a joué la carte européenne en mettant tous les partis devants leur responsabilité. C'est dommage que notre Président l'a aussi mal lu, et ne l'a pas soutenu.Mr. Papandreou serait en position bien plus forte aujourd'hui et pas au merci de tous les requins de son parti et de l'opportuniste Mr. Samaras

  • al38240, le 04/11/2011 à 19h48

    Les responsabilités politiques de la situation de la Grèce ne datent pas que du gouvernement de droite. Les deux familles de gauche et de droite qui se partagent le pouvoir depuis des décennies ont toutes une part de responsabilité : le non paiement des impôts, par exemple, est une situation qui perdure depuis très longtemps.

  • 1peu2rififi, le 04/11/2011 à 19h41

    Dans toutes ces strategies politiques c'est toujours le peuple qui est le perdant.

  • 421123, le 04/11/2011 à 19h27

    Les Grecs ne s'en rendent pas compte, mais ils ont vécu avec de l'argent prêté par les Banques et l'Europe, au dessus de leurs moyens et abusé du "système".

  • lucidite, le 04/11/2011 à 19h14

    Tout cet interview aurait pu être réduit à 6 mots; "Je suis du parti de l'opposition".

  • chicagoland, le 04/11/2011 à 17h41

    Je suis d'accord avec vous.

  • aciery, le 04/11/2011 à 17h33

    Entièrement d'accord avec vous !

  • hulk1975, le 04/11/2011 à 17h19

    Je crois surtout que c'est une défaite de la démocratie.

  • tiktakowsky, le 04/11/2011 à 16h33

    Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une défaite de Papandreou. Il a réussi à faire participer à la décision les vrais responsables politiques grecs de la situation : ses predecessuers. Il a fait "moi, ou le chaos" et il a réussi, contrairement e de Gaulle en 69. En faisant plier tout le monde avec sa menace de referendum, il est en fait devenu incontournable. Merci de me publier.

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