Suivez minute par minute le procès sur Twitter avec Hélène Lecomte, envoyée spéciale de LCI et TF1.
Le moment était redouté par les proches des victimes du massacre de l'île d'Utoeya. Et l'avocat d'Anders Behring Breivik avait déjà prévenu que le témoignage de l'accusé serait difficile à entendre. Ce mardi, c'est en lisant une longue déclaration, préparée à l'avance, que le responsable de la tuerie qui a traumatisé l'opinion publique norvégienne a choisi de se justifier. Après avoir promis aux juges d'alléger sa rhétorique, par égard pour les victimes, Breivik s'est lancé dans un discours qui a obligé la juge Wenche Elizabeth Arntzen, qui préside le procès, à l'interrompre à plusieurs reprises pour lui rappeler son engagement.
"Oui, je le ferais de nouveau !", a-t-il affirmé en expliquant avoir "conduit l'opération la plus spectaculaire réalisée par un militant nationaliste ce siècle". Et avant de demander sa relaxe, il a tenté de justifier : "Une petite barbarie est totalement nécessaire pour empêcher une barbarie beaucoup plus grande".
"Des rivières de sang causées par les musulmans"
"Les gens qui me disent diabolique confondent le fait d'être diabolique et d'être violent", a-t-il déclaré d'une voix calme en soulignant que pour lui, "être emprisonné le reste de sa vie ou mourir comme martyr pour son peuple est le plus grand honneur (...) C'est un devoir. Si quelqu'un est diabolique, ce sont les sociaux-démocrates et les marxistes culturels (...) qui veulent transformer leur pays en société multiculturelle sans consulter la population".
Utilisant le pronom "nous" pour donner l'impression qu'il représente une mouvance plus large, il s'en est pris aux médias accusés de dévoyer sa cause et aux démocraties européennes. "Est-ce démocratique que le peuple norvégien n'ait jamais été consulté par référendum pour savoir si on peut accepter autant d'étrangers (...) au point de devenir une minorité dans leur propre pays ?", a-t-il demandé. "Tout ce qui va nous rester, ce sont des sushis et des écrans plats". Et de poursuivre en imputant aux immigrés musulmans viols et agressions "contre (ses) frères et soeurs norvégiens", estimant que les musulmans "méprisent" la culture norvégienne. "Des rivières de sang causées par les musulmans" coulent maintenant dans les villes européennes, a-t-il encore dit, citant Madrid, Londres et Toulouse notamment.
Avant cette longue diatribe, Breivik n'avait eu que peu d'occasions de prendre la parole si ce n'est pour récuser la Cour puis pour se déclarer non coupable. Le principal point d'interrogation du procès qui devrait durer 10 semaines porte sur la santé mentale de l'accusé. Jugé pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite éventuellement être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux.







