Ce soir, la droite gagne... en Espagne

Par , le 20 novembre 2011 à 05h45 , mis à jour le 20 novembre 2011 à 13h33

Après sept ans dans l'opposition, le Parti populaire, emmené par Mariano Rajoy, devrait largement remporter ce dimanche les législatives, anticipées de quelques mois en raison de la crise économique. La montée du chômage, qui touche 5 millions de personnes, a été fatale au Parti socialiste.

Mariano Rajoy, en meeting à Tolède, 14/11/11Mariano Rajoy, en meeting à Tolède, 14/11/11 © Abacapress.com

Après le Royaume-Uni en mai 2010 et le Portugal en juin 2011 (retour de la droite) ou le Danemark (retour de la gauche) en septembre dernier, l'Espagne devrait à son tour vivre ce dimanche l'alternance politique en pleine crise économique. Au bout de sept ans de pouvoir, le Parti socialiste, plombé par le piètre bilan de José Luis Zapatero, devrait en effet subir une lourde défaite face au Parti populaire (PP) aux législatives anticipées convoquées sous la pression des marchés (la législature se terminait normalement en mars 2012). Au total, près de 36 millions d'Espagnols sont appelés à élire 350 députés et 208 sénateurs.
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Le principal objectif d'Alfredo Perez Rubalcaba, qui a pris le relais du Premier ministre sortant, mis sur la touche en raison de son impopularité,  est en fait de limiter la casse face à Mariano Rajoy. Ce dernier, battu deux fois en 2004 et 2008, est crédité de plus de 40% des voix (contre à peine 30% au Parti socialiste). Le PP pourrait ainsi finir à son plus haut depuis le retour de la démocratie en 1978 et décrocher ainsi la majorité absolue au Parlement.

Programme flou pour Rajoy

Paradoxalement, la tactique de Mariano Rajoy pendant cette campagne a été de ne rien faire. Il s'est contenté de surfer sur le mécontentement des Espagnols, ulcérés par la montée du chômage, repassé au-dessus des 20% comme dans les années 80, et par la  rigueur imposée par José Luis Zapatero (voir notre reportage : "Elections en Espagne : Luis, chômeur et gréviste de la faim").  "Trop optimiste, Zapatero n'a pas vu, ou du moins pas voulu voir venir, la crise. Cette erreur politique lui est revenue comme un boomerang et lui coûte cher aujourd'hui. Dès 2009, son ministre des Finances de l'époque demandait un plan de rigueur. Zapatero a refusé. Résultat : quelques mois plus tard, le remède de cheval imposé malgré tout aux Espagnols a été bien plus fort (ndlr : retraite à 67 ans, baisse du salaire des fonctionnaires, diminution des aides sociales...)", explique à TF1 News Benoît Pellistrandi, spécialiste de l'Espagne contemporaine.  

Malgré ses avancées sociétales (avortement, mariage gay, droits sociaux) et sa victoire sécuritaire avec l'abandon de la lutte armée par ETA, l'échec économique de Zapatero a ensuite rejailli sur toute la gauche.  Mariano Rajoy n'a donc eu qu'à ramasser la mise, en restant le plus fou possible sur son programme. Certes, il a bien admis "qu'il y aurait des coupes partout", mais sans préciser où. Et s'est engagé à ne pas toucher aux retraites, en prenant sur ce point le contre-pied de la gauche.

Les "indignés" de retour ? 

Sans illusion, les Espagnols vont donc principalement plus sanctionner le Parti socialiste qu'adhérer aux idées du Parti populaire. Ils s'attendent notamment à une nouvelle cure d'austérité. Sous très forte pression des marchés, il va en effet devoir agir vite pour rassurer les investisseurs. Ceux-ci exigent des mesures très rapides, comme une flexibilité accrue sur le marché du travail et des hausses d'impôts, pour réduire la dette espagnole (qui, avec 67% du PIB, est cependant moins élevée qu'en France, où elle atteint 87%).

En ricochet, l'état de grâce de Mariano Rajoy sera court.  Voire très court. Le mouvement des "indignés, né en Espagne et qui a tenté tant bien que mal de se faire entendre pendant la campagne, pourrait alors reprendre de la vigueur (voir notre reportage : "Législatives en Espagne : les "indignés" veulent peser") et apparaître comme un opposant de plus au nouveau pouvoir.

Par Fabrice Aubert le 20 novembre 2011 à 05:45
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20 Commentaires

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  • michalowice, le 21/11/2011 à 21h16

    Madrid n'a pas accueilli Rajoy avec enthousiasme, la droite n'a pas eu le succès espéré, nous dit le correspondant à Madrid, l'échec a commencé avant l'heure.

  • michalowice, le 21/11/2011 à 10h29

    Reponse à al38240 Rajoy est un nostalgique du franquisme, il fera comme Sarkozy, beaucoup de promesses !!!

  • michalowice, le 21/11/2011 à 08h21

    Ce pays part à la dérive avec l'arrivée au pouvoir de ce nostalgique du franquisme ! le pays va régresser, comme la France, les Espagnols ont cru aux promesses de Rajoy, comme les Français, en 2007, et voilà le résultat.

  • kikigigi44, le 20/11/2011 à 19h47

    Vous avez raison ... avec lui ... les Espagnols ne sont pas sortis de l'auberge !!!!!

  • matger, le 20/11/2011 à 13h10

    Ah oui ? Quelle différence ? Eclairez-moi !

  • andredeparis, le 20/11/2011 à 12h18

    Peut-être que rajoy est flou mais hollande lui ment carrément car il sait qu'il ne pourra pas tenir ses promesses, c'est encore plus grave

  • l.wallonie, le 20/11/2011 à 12h03

    Nuance, elle rejette le pouvoir en place. L'an prochain, la France fera pareil.

  • belialgoth, le 20/11/2011 à 11h57

    Ils les ont remplacer par une fausse droite qui ne fera pas mieux. Pensons-y également en 2012...

  • belialgoth, le 20/11/2011 à 11h56

    D'un autre coté, quand tu regardes l'UMP, tu vois une différence avec le PS? Khoucher, Amara, Fréderic Mitterrand... CQFD

  • lucien31, le 20/11/2011 à 11h54

    Force est de constater que la droite passe un peu partout en Europe, l'Espagne et qui sera le suivant. Donc la France devrait garder sa politique de droite, plus sérieuse et sachant que la rigueur est de mise dans cette crise pire que celle de 1929. Je pense que le message venant de l'Espagne est clair et les espagnols même s'ils en on marre de payer et bien beaucoup se font une raison et s'adapte et cette rigueur est inévitable si l'on veut sortir de cette crise, on ne peut plus donner de l'argent, les 30 glorieuses, c'est fini.

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