Mariano Rajoy, en meeting à Tolède, 14/11/11 © Abacapress.com
Sans surprise, l'Espagne bascule à droite
La droite a remporté dimanche la majorité absolue aux élections législatives, portée au pouvoir par un pays inquiet qui a choisi de sanctionner le gouvernement socialiste, mais ne se fait pas beaucoup d'illusions sur l'avenir. La gauche indépendantiste basque entrerait au Parlement.
Publié le 20/11/2011
Espagne : "la marge de manoeuvre de la droite sera faible"
DECRYPTAGE - L'opposition de droite devrait largement remporter les législatives anticipées de dimanche, où José Luis Zapatero, Premier ministre sortant, plombé par ses piètres résultats économiques, n'est pas candidat. Vote-sanction contre la gauche ou vote d'adhésion pour la droite ? Que pourra faire Mariano Rajoy, le vainqueur annoncé ? Réponses avec Benoît Pellistrandi, spécialiste de l'Espagne contemporaine.
Publié le 18/11/2011
Espagne : Almeria, frappé de plein fouet par le chômage
Cette ville d'Andalousie cristallise la préoccupation première des Espagnols : le chômage. Un thème central pour les élections législatives de ce week-end.
Publié le 17/11/2011
Espagne : Mariano Rajoy ou la victoire de la persévérance
PORTRAIT - Le chef de la droite espagnole, battu deux fois en 2004 et 2008, va devenir Premier ministre après le succès du Parti populaire aux législatives anticipées du dimanche 20 novembre 2011.
Publié le 19/11/2011
Le principal objectif d'Alfredo Perez Rubalcaba, qui a pris le relais du Premier ministre sortant, mis sur la touche en raison de son impopularité, est en fait de limiter la casse face à Mariano Rajoy. Ce dernier, battu deux fois en 2004 et 2008, est crédité de plus de 40% des voix (contre à peine 30% au Parti socialiste). Le PP pourrait ainsi finir à son plus haut depuis le retour de la démocratie en 1978 et décrocher ainsi la majorité absolue au Parlement.
Programme flou pour Rajoy
Paradoxalement, la tactique de Mariano Rajoy pendant cette campagne a été de ne rien faire. Il s'est contenté de surfer sur le mécontentement des Espagnols, ulcérés par la montée du chômage, repassé au-dessus des 20% comme dans les années 80, et par la rigueur imposée par José Luis Zapatero (voir notre reportage : "Elections en Espagne : Luis, chômeur et gréviste de la faim"). "Trop optimiste, Zapatero n'a pas vu, ou du moins pas voulu voir venir, la crise. Cette erreur politique lui est revenue comme un boomerang et lui coûte cher aujourd'hui. Dès 2009, son ministre des Finances de l'époque demandait un plan de rigueur. Zapatero a refusé. Résultat : quelques mois plus tard, le remède de cheval imposé malgré tout aux Espagnols a été bien plus fort (ndlr : retraite à 67 ans, baisse du salaire des fonctionnaires, diminution des aides sociales...)", explique à TF1 News Benoît Pellistrandi, spécialiste de l'Espagne contemporaine.
Malgré ses avancées sociétales (avortement, mariage gay, droits sociaux) et sa victoire sécuritaire avec l'abandon de la lutte armée par ETA, l'échec économique de Zapatero a ensuite rejailli sur toute la gauche. Mariano Rajoy n'a donc eu qu'à ramasser la mise, en restant le plus fou possible sur son programme. Certes, il a bien admis "qu'il y aurait des coupes partout", mais sans préciser où. Et s'est engagé à ne pas toucher aux retraites, en prenant sur ce point le contre-pied de la gauche.
Les "indignés" de retour ?
Sans illusion, les Espagnols vont donc principalement plus sanctionner le Parti socialiste qu'adhérer aux idées du Parti populaire. Ils s'attendent notamment à une nouvelle cure d'austérité. Sous très forte pression des marchés, il va en effet devoir agir vite pour rassurer les investisseurs. Ceux-ci exigent des mesures très rapides, comme une flexibilité accrue sur le marché du travail et des hausses d'impôts, pour réduire la dette espagnole (qui, avec 67% du PIB, est cependant moins élevée qu'en France, où elle atteint 87%).
En ricochet, l'état de grâce de Mariano Rajoy sera court. Voire très court. Le mouvement des "indignés, né en Espagne et qui a tenté tant bien que mal de se faire entendre pendant la campagne, pourrait alors reprendre de la vigueur (voir notre reportage : "Législatives en Espagne : les "indignés" veulent peser") et apparaître comme un opposant de plus au nouveau pouvoir.
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