Revivez le live-tweet du procès avec Hélène Lecomte, envoyée spéciale de LCI et TF1 à Oslo
L'expression ".... du siècle" est généralement utilisée dans les médias plusieurs fois par an. Pour une fois, même si nous sommes seulement en 2012, elle semble justifiée pour le procès d'Anders Behring Breivik étant donné la gravité des faits et l'émotion qu'ils ont engendrée en Norvège. C'est notamment le cas du point de vue médiatique. Plus de 800 journalistes du monde entier ont ainsi demandé leur accréditation. Même si tous ne sont pas présents au même moment dans la salle, le tribunal d'Oslo est désormais transformé en "ruche", comme l'expliquait lundi matin sur Twitter Helene Lecomte, l'envoyée spéciale de TF1/LCI.
Ce sont évidemment les médias norvégiens qui sont en première ligne pour couvrir ce procès hors norme. TV, journaux, radios et sites Internet sont mobilisés toute la journée, avec des flashs spéciaux dégainés à volonté et des pages d'accueil quasiment toutes consacrées à l'affaire, comme sur les versions numériques des grands quotidiens populaires Verdens Gang et Dagbladet ou du plus sérieux Dagsavisen. Les journalistes étrangers bénéficient quant à eux d'une traduction simultanée des débats.
Coupures du direct
Autre preuve de l'importance du procès pour la Norvège et de son impact sur l'ensemble de la société : la diffusion en direct de l'audience à la télévision (et sur plusieurs sites internet), sept heures par jour, de 9h à 16h, hors pause déjeuner. C'est une première dans l'histoire du pays. Une question de déontologie s'est néanmoins posée : que faut-il montrer ? Jusqu'à quel point le téléspectateur est-il prêt à entendre le récit des attaques et de ses détails, parfois sanglants ?
Finalement, afin de ne pas choquer les survivants et les familles des victimes ni donner une trop grande exposition à l'accusé, qui avait annoncé son intention de faire du procès une tribune pour ses idées extrémistes, la retransmission est coupée, à la discrétion des juges, selon le sujet abordé. Mardi matin, la longue déclaration -presque une heure- lue par Anders Behring Breivik où il a proclamé "oui, je le ferais de nouveau si je le pouvais" a ainsi été éludée. Lors de ces cas de figure, les journalistes présents dans la salle ont alors la possibilité de relayer l'audience par écrit sur Internet -notamment sur Twitter où le hashtag #Breivik remonte parfois en tête des tendances quotidiennes dans plusieurs pays européens (dont la France).
"Site garanti sans Breivik"
Ce fort déploiement médiatique traduit-il cependant un intérêt identique chez tous les Norvègiens ? Ou les médias, comme c'est parfois le cas, surtraitent-ils l'événement ? Difficile à dire. Toujours est-il que le site de Dagbladet se décline depuis lundi en deux versions : si la première regroupe sans surprise tous les sujets consacrés au procès, la seconde est en revanche garantie "sans Breivik".







