Comment le leadership Sarkozy-Merkel passe-t-il en Europe

Par , le 08 décembre 2011 à 05h45 , mis à jour le 08 décembre 2011 à 11h05

Dossiers : UE, Crise financière

La crise de la dette met plus que jamais en avant le rôle prédominant de la France et de l'Allemagne dans l'UE. Ce leadership, souvent apparenté à un "condominium", est perçu de manière différente selon les pays. Pour s'en rendre compte, TF1 News a interrogé plusieurs correspondants de presse.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le 5/12/11Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le 5/12/11 © A.F.P.

"Nous sommes tous concernés par cette crise". A différents degrés selon leur situation économique, qu'ils appartiennent à la zone euro comme l'Italie, les Pays-Bas ou l'Espagne, qu'ils n'en fassent pas partie comme le Royaume-Uni, voire qu'ils n'appartiennent pas du tout à l'Union européenne, comme la Suisse, le mot d'ordre semble aujourd'hui le même dans la plupart des pays du continent.  Et il est relayé par la plupart des journalistes étrangers basés à Paris ou à Bruxelles. "Il faut une solution rapide", relèvent-ils.

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Ce  n'est évidemment pas une surprise dans les nations fondatrices de l'UE ou ayant été tirées par le haut après l'avoir intégrée.  C'est en revanche plus surprenant à première vue pour les Britanniques et les Suisses.  "Au départ, les Britanniques ne se sentaient pas concernés directement puisque le Royaume-Uni n'appartient pas à la zone euro. Vieux réflexe anti-européen, ils y prenaient même certainement en secret un peu de plaisir. Mais, depuis un mois ou deux, sous l'impulsion de  David Cameron et de la Banque d'Angleterre, ils ont pris conscience de la gravité de la situation et des dangers à venir pour le pays", explique Charles Bremner, correspondant du Times à Bruxelles.  "En Suisse, on s'aperçoit désormais que le franc suisse est devenu une monnaie refuge face à l'euro. Cela plombe nos exportations, principal moteur de notre économie. Donc, nous aussi, nous espérons un déblocage de la situation", ajoute Jean-Noël Cuénod, représentant de la Tribune de Genève et de 24h à Paris.

"Une solution imposée par le couple franco-allemand : pourquoi pas"

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ayant pris la direction des opérations pour trouver la solution, leur couple se retrouve aussi sur la lumière des projecteurs européens. Ce "condominium", comme l'ont surnommé les observateurs européens, suscite des réactions partagées. "En Belgique, il n'y a pas vraiment de protestation. Tout d'abord, ce n'est pas une surprise. Ce sont les deux pays les plus forts économiquement et politiquement. Ensuite, beaucoup de Belges estiment que si cela permet de trouver une solution,  et bien pourquoi pas. Seule l'éviction systématique d'Herman Von Rompuy (ndlr : le président du Conseil européen et ancien Premier ministre belge) des discussions commence à agacer un peu", relate Jean-Pierre Stroobants, l'ancien rédacteur en chef du Soir, aujourd'hui correspondant du Monde à Bruxelles.

Pour Stefano Montefiori, et Juan Pedro Quinonero, respectivement correspondants du Corriere della Sera et d'ABC à Paris, ce sentiment sur le rôle du couple franco-allemand pour trouver LA solution est globalement partagé en Espagne et en Italie. "Peut-être existe-t-il simplement une certaine pointe de jalousie des Italiens face à la relation franco-allemande puisque nous avons toujours été tournés vers la France. Même les plus farouches adversaires de Silvio Berlusconi ont ainsi été gênés quand il a été mis à l'écart par Merkel et Sarkozy. Mais il est vrai que cette crise nous renvoie à nos propres faiblesses", remarque Stefano Montefiori.  "S'il y a une hostilité au couple Merkel-Sarkozy en Espagne, elle provient surtout du microcosme politique. Mais je prends le pari que, dans la rue, cela ne gêne pas beaucoup l'Espagnol moyen", assène pour sa part Juan Pedro Quinonero. 

"Le modèle français perçu comme l'une des raisons de la crise"

Outre-Manche,  "on est évidemment méfiant par nature vis-à-vis de ce directoire franco-allemand", note Charles Bremner. "Mais le gouvernement sait qu'il n'a pas beaucoup moyen de pression sur la zone euro. Au fond, je pense que le désir est grand d'aboutir à une résolution de la crise, même si elle passe par le moteur franco-allemand. Les dérives antiallemandes sont surtout le fait d'une petite minorité", estime-t-il.  Aux Pays-Bas, si ce duo inquiète, c'est surtout en raison de la faiblesse supposée de la France. "Les Néerlandais sont habitués à suivre le tempo imposé par Berlin car le modèle allemand inspire confiance. Le leadership de Merkel apparaît  donc normal. Mais le modèle français -interventionnisme de l'Etat, inadéquation à la concurrence, privilèges...- est considéré comme l'une des raisons de la crise. La présence de Sarkozy est ainsi mal perçue", note Stefan de Vries, correspondant de la chaîne RTL 4 et de la radio BNR en France.

En fait, outre la Grèce qui a dû se plier aux injonctions pour éviter la banqueroute, c'est en Suisse que "Merkozy" est le plus critiqué. "Le tandem est vraiment très mal perçu. C'est d'ailleurs normal étant donné la spécificité du pays. La Suisse s'est construite sur trois civilisations européennes (italienne, française, et germanique), chacune ayant quitté son giron culturel pour être indépendante. Le fait que la France et l'Allemagne tentent de reprendre le commandement  en Europe ne nous satisfait pas, notamment la propension de la première à vouloir tout régenter", explique Jean-Noël Cuénod.

Sarkozy ou Merkel : qui décide vraiment ?

Reste enfin à savoir si ce "condominium" n'est pas un simple "dominium" allemand, avec Angela Merkel qui déciderait et "porterait la culotte" et Nicolas Sarkozy qui "passerait la brosse à reluire", comme le pense de nombreux observateurs, dont Jean-Noël Cuénod.

Les avis divergent sur ce point. Pour Juan Pedro Quinonero, "Merkel agite gentiment son fouet tandis que Sarkozy fait ce qu'il peut". "Pour moi, il n'y a pas photo : Sarkozy ne fait rien sans avoir consulté Merkel et ne dit rien de négatif sur elle", remarque Stefan de Vries. Stefano Montefiori  doute pour sa part que les relations soient aussi tranchées que ce que l'on peut dire. "Sarkozy n'adhère pas à tous les désirs de Merkel. On l'a vu mardi à l'Elysée où elle a dû faire des concessions", note-t-il. Charles Bremner relève même un petit exploit réalisé par le chef de l'Etat qui, "avec son côté dynamique et va-t-en-guerre, suscite un peu d'admiration en Angleterre face aux réticences et à la lenteur de Merkel".

Par Fabrice Aubert le 08 décembre 2011 à 05:45
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23 Commentaires

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  • inspatatrac, le 09/12/2011 à 13h49

    C est ca votre facon de commenter? Tourner en ridicule les autres? Leur prenom, leur ecriture, leur orthographe....un peu de substance ne vous ferait pas de mal...mais comme on ne puble que rarement ceux qui repondent a ces gauchistes obtus, je ne serai probablement pas publie..et si je le suis c est simplement pour pouvoir de temps en temps mettre un commentaire non gauchiste pour se donner un air d ouverture..j ai maintenant tres bien compris votre petit manege TF1 et je ne me donnerai plus la peine de poster des commentaires...en tous les cas bien moins souvent que jusqu a maintenant...

  • lajoconde31, le 09/12/2011 à 07h55

    Bravo Kosotto, on va demander au papa Noël une trottinette à moteur, même en courant, il ne la rattrape pas, une souris verte qui courait dans l'herbe..........................

  • lajoconde31, le 09/12/2011 à 07h52

    Ah, Rose Marie, on ferait de vos commentaires des quatrins, tellement c'est beau, il est prisonnier de la politique de la France...MDR......

  • sun2010, le 09/12/2011 à 00h26

    Et vous pensez qu'avec des socialistes qui dénigrent la politique Allemande et qui ont comme priorité le droit de vote des étrangers extra-européens aux élections, on va regagner le leadership de l'Europe ? Si Sarkozy repasse en 2012, ça sera dû aux maladresses des autres candidats, a croire qu'ils font tout pour en faire le choix du moins pire comme en 2007.

  • sun2010, le 09/12/2011 à 00h12

    Et bien, avec Hollande, il va y avoir du changement, c'est un tout autre style, plus old school. Mais faut voir, ça peut plaire ce contraste avec un Sarkozy trop imposant.

  • syberya, le 08/12/2011 à 22h22

    Mais oui Rose-Marie et taralafeufeu, en fait ce que j'AIME Lle plus chez vous c'est votre Prénom, il est RAVISSANT...

  • rose-marie54, le 08/12/2011 à 20h45

    @syberya la politique est celle de la gauche que nous avons hérité

  • erleg71, le 08/12/2011 à 20h31

    Sarkozy a juste fait exploser la dette publique de 500 milliards d'euros en quatre ans, et a battu tous les records de déficit budgétaire depuis non pas 30, mais 60 ans au moins : effectivement, on serait vraiment en ruines s'il n'avait pas été là lol !!!

  • kline972, le 08/12/2011 à 19h15

    Aîe, aïe, aïe comment a-t-on fait depuis 30 ans alors ? Chaque français depuis cette époque était son propre président ??? Vous êtes un plaisantin !!!

  • vladkr, le 08/12/2011 à 17h44

    Encore une enquête journalistique faite à moitié... quid des autres pays de la zone Euro ? Ce leadership est très mal perçu en Finlande, en Autriche, en Slovaquie et en Slovénie, pays qui ont des économies relativement saines.

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