Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le 5/12/11 © A.F.P."Nous sommes tous concernés par cette crise". A différents degrés selon leur situation économique, qu'ils appartiennent à la zone euro comme l'Italie, les Pays-Bas ou l'Espagne, qu'ils n'en fassent pas partie comme le Royaume-Uni, voire qu'ils n'appartiennent pas du tout à l'Union européenne, comme la Suisse, le mot d'ordre semble aujourd'hui le même dans la plupart des pays du continent. Et il est relayé par la plupart des journalistes étrangers basés à Paris ou à Bruxelles. "Il faut une solution rapide", relèvent-ils.
Pressions américaines et pessimisme allemand avant le sommet européen
Par la voix de son secrétaire d'Etat au Trésor, les Etats-Unis ont maintenu mercredi la pression sur l'Europe pour qu'elle endigue sa crise de la dette. L'Allemagne s'est dite "pessimiste". Nicolas Sarkozy a estimé que le risque "d'explosion" de l'UE restait réel si aucune décision n'était prise.
Publié le 07/12/2011
Paris et Berlin d'accord pour un nouveau traité européen en mars
Lors d'une conférence de presse à l'Elysée lundi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont annoncé s'être mis d'accord sur un nouveau traité européen, si possible à 27, mais si besoin à 17.
Publié le 05/12/2011
Crise : après Sarkozy, Merkel répète sa ligne
Au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy et à trois jours d'un déplacement à Paris sur le dossier brûlant de la crise européenne, la chanclière allemande s'est exprimé vendredi devant le Bundestag. Au menu : fermeté contre une crise "marathon".
Publié le 02/12/2011
Zone euro : Sarkozy-Merkel, un couple de raison...
Les négociations sur la crise de la dette sont âpres. L'Allemagne et la France sont opposées sur plusieurs dossiers. Comment Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, deux dirigeants aux personnalités très différentes travaillent-ils ensemble ?
Publié le 02/12/2011
De Adenauer-De Gaulle à Sarkozy-Merkel, les "grands" couples franco-allemands
DIAPORAMA - De Gaulle-Adenauer, Mitterrand-Kohl... : redécouvrez en photos les duos franco-allemands de l'après-guerre. Après Sarkozy-Merkel, que donnera la relation Hollande-Merkel ?
Publié le 07/12/2011
Ce n'est évidemment pas une surprise dans les nations fondatrices de l'UE ou ayant été tirées par le haut après l'avoir intégrée. C'est en revanche plus surprenant à première vue pour les Britanniques et les Suisses. "Au départ, les Britanniques ne se sentaient pas concernés directement puisque le Royaume-Uni n'appartient pas à la zone euro. Vieux réflexe anti-européen, ils y prenaient même certainement en secret un peu de plaisir. Mais, depuis un mois ou deux, sous l'impulsion de David Cameron et de la Banque d'Angleterre, ils ont pris conscience de la gravité de la situation et des dangers à venir pour le pays", explique Charles Bremner, correspondant du Times à Bruxelles. "En Suisse, on s'aperçoit désormais que le franc suisse est devenu une monnaie refuge face à l'euro. Cela plombe nos exportations, principal moteur de notre économie. Donc, nous aussi, nous espérons un déblocage de la situation", ajoute Jean-Noël Cuénod, représentant de la Tribune de Genève et de 24h à Paris.
"Une solution imposée par le couple franco-allemand : pourquoi pas"
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ayant pris la direction des opérations pour trouver la solution, leur couple se retrouve aussi sur la lumière des projecteurs européens. Ce "condominium", comme l'ont surnommé les observateurs européens, suscite des réactions partagées. "En Belgique, il n'y a pas vraiment de protestation. Tout d'abord, ce n'est pas une surprise. Ce sont les deux pays les plus forts économiquement et politiquement. Ensuite, beaucoup de Belges estiment que si cela permet de trouver une solution, et bien pourquoi pas. Seule l'éviction systématique d'Herman Von Rompuy (ndlr : le président du Conseil européen et ancien Premier ministre belge) des discussions commence à agacer un peu", relate Jean-Pierre Stroobants, l'ancien rédacteur en chef du Soir, aujourd'hui correspondant du Monde à Bruxelles.
Pour Stefano Montefiori, et Juan Pedro Quinonero, respectivement correspondants du Corriere della Sera et d'ABC à Paris, ce sentiment sur le rôle du couple franco-allemand pour trouver LA solution est globalement partagé en Espagne et en Italie. "Peut-être existe-t-il simplement une certaine pointe de jalousie des Italiens face à la relation franco-allemande puisque nous avons toujours été tournés vers la France. Même les plus farouches adversaires de Silvio Berlusconi ont ainsi été gênés quand il a été mis à l'écart par Merkel et Sarkozy. Mais il est vrai que cette crise nous renvoie à nos propres faiblesses", remarque Stefano Montefiori. "S'il y a une hostilité au couple Merkel-Sarkozy en Espagne, elle provient surtout du microcosme politique. Mais je prends le pari que, dans la rue, cela ne gêne pas beaucoup l'Espagnol moyen", assène pour sa part Juan Pedro Quinonero.
"Le modèle français perçu comme l'une des raisons de la crise"
Outre-Manche, "on est évidemment méfiant par nature vis-à-vis de ce directoire franco-allemand", note Charles Bremner. "Mais le gouvernement sait qu'il n'a pas beaucoup moyen de pression sur la zone euro. Au fond, je pense que le désir est grand d'aboutir à une résolution de la crise, même si elle passe par le moteur franco-allemand. Les dérives antiallemandes sont surtout le fait d'une petite minorité", estime-t-il. Aux Pays-Bas, si ce duo inquiète, c'est surtout en raison de la faiblesse supposée de la France. "Les Néerlandais sont habitués à suivre le tempo imposé par Berlin car le modèle allemand inspire confiance. Le leadership de Merkel apparaît donc normal. Mais le modèle français -interventionnisme de l'Etat, inadéquation à la concurrence, privilèges...- est considéré comme l'une des raisons de la crise. La présence de Sarkozy est ainsi mal perçue", note Stefan de Vries, correspondant de la chaîne RTL 4 et de la radio BNR en France.
En fait, outre la Grèce qui a dû se plier aux injonctions pour éviter la banqueroute, c'est en Suisse que "Merkozy" est le plus critiqué. "Le tandem est vraiment très mal perçu. C'est d'ailleurs normal étant donné la spécificité du pays. La Suisse s'est construite sur trois civilisations européennes (italienne, française, et germanique), chacune ayant quitté son giron culturel pour être indépendante. Le fait que la France et l'Allemagne tentent de reprendre le commandement en Europe ne nous satisfait pas, notamment la propension de la première à vouloir tout régenter", explique Jean-Noël Cuénod.
Sarkozy ou Merkel : qui décide vraiment ?
Reste enfin à savoir si ce "condominium" n'est pas un simple "dominium" allemand, avec Angela Merkel qui déciderait et "porterait la culotte" et Nicolas Sarkozy qui "passerait la brosse à reluire", comme le pense de nombreux observateurs, dont Jean-Noël Cuénod.
Les avis divergent sur ce point. Pour Juan Pedro Quinonero, "Merkel agite gentiment son fouet tandis que Sarkozy fait ce qu'il peut". "Pour moi, il n'y a pas photo : Sarkozy ne fait rien sans avoir consulté Merkel et ne dit rien de négatif sur elle", remarque Stefan de Vries. Stefano Montefiori doute pour sa part que les relations soient aussi tranchées que ce que l'on peut dire. "Sarkozy n'adhère pas à tous les désirs de Merkel. On l'a vu mardi à l'Elysée où elle a dû faire des concessions", note-t-il. Charles Bremner relève même un petit exploit réalisé par le chef de l'Etat qui, "avec son côté dynamique et va-t-en-guerre, suscite un peu d'admiration en Angleterre face aux réticences et à la lenteur de Merkel".
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