"Il est normal que je demande pardon à tous et que je sente le poids des 32 victimes sur ma conscience". Six mois après le naufrage du Costa Concordia, Francesco Schettino, aujourd'hui l'un des hommes les plus haïs d'Italie, s'est exprimé mardi soir pour la première fois sur la chaîne de télévision Canale 5.
S'il demande donc "pardon", son explication du drame pourrait cependant lui attirer de nouvelles critiques. Selon lui, le naufrage a en effet été "un incident banal, où la fatalité s'est engouffrée dans l'interaction entre les êtres humains. Il y a eu, je crois, un malentendu, et précisément à cause de cela les gens éprouvent de la colère. C'est comme si tous les cerveaux, y compris les instruments de bord, avaient court-circuité", explique-t-il, se présentant comme une "victime de tout ce système". "Un incident en mer est différent d'un crime. Je ne crois pas avoir commis un crime. Je veux que la vérité sorte au grand jour, quelle qu'elle soit ", se justifie-t-il.
Argent ?
Poursuivi pour homicides multiples par imprudence, naufrage, abandon du navire et pour avoir omis de révéler aux autorités maritimes italiennes la gravité de l'accident, Francesco Schettino avait été écroué au lendemain du drame puis assigné ensuite à résidence sans pouvoir parler à quiconque à l'exception de ses avocats et de ses proches. La justice italienne a allégé cette assignation au début du mois (lire notre article : "Concordia : le commandant du paquebot peut rentrer chez lui"). Selon certains médias italiens, Francesco Schettino aurait reçu 50.000 euros pour cette interview. Cette information, démentie par Canale 5, n'a cependant pas manqué de faire polémique.
| Procès Concordia : l'audience renvoyée à septembre |
L'audience technique prévue le 21 juillet à Grosseto en Toscane pour étudier les indices recueillis en vue du procès du naufrage du Costa Concordia (groupe Carnival) sera vraisemblablement renvoyée au mois de septembre, a affirmé mercredi le procureur en charge de l'enquête. Ce renvoi d'audience est d'autant plus probable que les quatre experts judiciaires nommés par le juge des enquêtes préliminaires (équivalent en Italie d'un juge d'instruction) ont eux-mêmes demandé mardi au tribunal de Grosseto un délai supplémentaire pour remettre leurs conclusions. L'audience du 21 juillet devrait donc se résumer à la notification officielle du renvoi et à l'annonce d'une nouvelle date aux parties au procès. |








