Affrontements autour du TGV Lyon-Turin
La police italienne a délogé, dans la nuit de lundi à mardi, des manifestants qui occupaient depuis une semaine un site de la vallée de Suse destiné au percement d'un tunnel pour la future liaison Lyon-Turin. L'intervention a fait une vingtaine de blessés et suscité la colère dans la région, où les actions d'opposants se multiplient.
Publié le 06/12/2005
La liaison Lyon-Turin sur les rails
Responsables italiens et français sont parvenus lundi à un accord sur la réalisation d?une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Ils ont également annoncé la réouverture du tunnel du Mont Blanc en septembre prochain.
Publié le 30/01/2001
Peu après 12h, les premiers cocktails molotov et grenades lacrymogènes volaient entre policiers et petits groupes retranchés dans la forêt sur les flancs de la vallée. Puis de nombreux manifestants déterminés ont conflué vers le site, cherchant à le prendre d'assaut de divers côtés, notamment par l'arrière situé en altitude. Certains ont ouvert une brèche dans une première clôture. Ils se trouvaient face à la clôture du chantier proprement dit, protégée par des policiers anti-émeute. Au total, 188 policiers et une quinzaine de manifestants ont été blessées. Par mesure de sécurité, la police a demandé aux maîtres d'oeuvre du chantier de l'interrompre provisoirement. Des blocs de pierre et des bouteilles remplies d'ammoniaque étaient également lancés sur les forces de l'ordre qui répliquaient avec des coktails molotovs et des jets d'eau.
"Régression culturelle" pour le maire de Turin
La police, qui a arrêté cinq manifestants, a dénoncé la présence de quelque 2.000 militants d'extrême gauche, dont 800 de son aile italienne la plus radicale et 300 venus de France, d'Espagne, d'Autriche et d'Allemagne. Des heurts similaires s'étaient produits cette semaine au même endroit.
Le leader du mouvement, Alberto Perino, avait promis que ce serait une manifestation pacifique "à mains nues et à mains propres". Le président de la République, Giorgio Napolitano, dans un communiqué, a appelé à isoler "les professionnels de la violence". "Ce qui est arrivé, du fait de la responsabilité de groupes entraînés et de pratiques de violence illégale, doit amener toutes les institutions et composantes démocratiques à réitérer leur plus nette condamnation, et les forces de l'Etat à veiller et à intervenir encore avec la plus grande fermeté", a-t-il dit. L'humoriste et militant politique Beppe Grillo, présent dans le cortège, a lancé aux protestataires: "vous faites une révolution extraordinaire, vous êtes tous des héros". Dans le quotidien Reppublica, le maire de gauche de Turin, Piero Fassino, a au contraire évoqué le risque d'une "régression culturelle" si la manifestation devait apparaître comme le refus de "toute infrastructure moderne".
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