Angela Merkel a répété jeudi qu'une réponse rapide à la crise de la zone euro serait contre-productive et a contraire invité à l'Union européenne à s'attacher à la "tâche herculéenne" d'une intégration politique plus approfondie.
La chancelière allemande, qui s'exprimait devant le parlement avant le sommet du G20 la semaine prochaine à Los Cabos, au Mexique, a renouvelé son opposition aux "solutions miracles" comme les euro-obligations ou un mécanisme de garantie des dépôts des banques élargi, proposés par nombre de ses partenaires européens.
Après l'accord sur un plan de sauvetage des banques espagnoles et à l'approche des élections législatives en Grèce, dont le résultat pourrait précipiter la sortie d'Athènes de la zone euro, Angela Merkel a reconnu que "tous les yeux" seraient braqués sur elle à Los Cabos. "Cela va être le thème central (du sommet du G20). Cela va dominer les discussions. Et par conséquent il ne fait aucun doute que nous, l'Allemagne, allons faire l'objet de toutes les attentions. C'est comme ça. Tous les regards vont se tourner vers l'Allemagne parce que nous sommes la première économie en Europe, parce que nous sommes un gros exportateur", a-t-elle dit.
Aucun fléchissement face à Hollande
Elle n'a manifesté aucun signe de fléchissement face aux pressions de ses partenaires européens, notamment François Hollande, mais aussi des Etats-Unis, qui l'ont appelé à prendre des mesures plus radicales pour enrayer la crise de la dette. "On n'adopte pas une politique pour faire plaisir aux marchés, mais pour protéger l'avenir de nos peuples", a fait valoir la chancelière. "Il est aujourd'hui de notre devoir de rattraper ce qui n'a pas été fait (lorsque l'euro a été créé) et de mettre fin au cercle vicieux d'accroissement de la dette, de non-respect des règles", a-t-elle poursuivi. "Je sais que c'est ardu, que c'est douloureux, que c'est fastidieux. C'est une tâche herculéenne, mais inévitable", a poursuivi la chancelière à propos de l'intégration politique.
Angela Merkel s'est également dite favorable à une supervision plus indépendante du secteur bancaire, jugeant que les tests de résistance ("stress tests") des banques par l'Autorité bancaire européenne avaient été faussés l'an dernier par les autorités nationales qui avaient intérêt à minorer leurs difficultés. "Je n'aurais rien contre donner un rôle plus contraignant, plus fort à la BCE (Banque centrale européenne) dans ce domaine", a-t-elle dit.
| Le pacte budgétaire européen soumis au vote le 29 juin |
Les partis de gouvernement et l'opposition se sont mis d'accord jeudi pour faire voter le parlement allemand sur le pacte budgétaire de l'UE et le mécanisme européen de stabilité le 29 juin, ont indiqué des sources proches de la coalition. |









