Recep Erdogan, le 22/12/11 © A.F.P.
- Génocide arménien : la Turquie scandalisée - 02 min 17 s
Génocide arménien : que peut faire la Turquie contre la France ?
Malgré des menaces préalables, la Turquie, qui avait rappelé son ambassadeur après le vote à l'Assemblée fin décembre, a choisi de calmer le jeu après celui au Sénat. Aucune mesure de rétorsion supplémentaire, notamment économique, n'aura lieu avant la promulgation du texte par Nicolas Sarkozy, sous quinze jours.
Publié le 24/01/2012
Génocide arménien : la Turquie tempête mais attend la promulgation
Au lendemain de l'adoption définitive par le Parlement de la loi pénalisant la négation des génocides, et notamment celui d'Arméniens par la Turquie entre 1915-1917, le Premier ministre turc a expliqué qu'il attendrait la promulgation du texte jugé "discriminatoire et raciste" pour mettre en place d'éventuelles nouvelles mesures de représailles.
Publié le 24/01/2012
Génocide arménien : le Sénat a voté
Le parlement français a adopté lundi soir la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien après un ultime vote du Sénat. L'ambassade turque à Paris menace la France de "conséquences permanentes" si la loi est promulguée.
Publié le 23/01/2012
Génocide arménien : la Turquie prépare la riposte, Paris "tend la main"
Le parlement français a adopté lundi soir la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien après un ultime vote du Sénat. L'ambassade turque à Paris menace la France de "conséquences permanentes" si la loi est promulguée.
Publié le 24/01/2012
Génocide arménien : le Sénat vote, Ankara menace
Les sénateurs ont entamé, peu après 15 heures, lundi, l'examen du texte visant à pénaliser la négation du génocide arménien de 1915. Le vote devrait intervenir dans la soirée. Le gouvernement turc menace de mettre en oeuvre un train de représailles en cas d'adoption du texte.
Publié le 23/01/2012
Loi sur le génocide arménien : Erdogan prévient de "plaies irréparables"
Après le vote des députés français sur les génocides, le chef du gouvernement turc a annoncé jeudi l'annulation de toutes les rencontres politiques, économiques et militaires prévues avec la France.
Publié le 22/12/2011
Négation du génocide arménien : un texte voulu par Sarkozy
Même s'il s'agit d'une proposition de loi et non d'un projet de loi, le texte qui pénalise la négation du génocide arménien émane néanmoins de la volonté directe du chef de l'Etat.
Publié le 21/12/2011
Génocide arménien : le texte adopté malgré la contestation turque
Les députés ont adopté jeudi en première lecture la proposition de loi sur la négation des génocides, dont celui des Arméniens en 1915, malgré les menaces de la Turquie et une grosse manifestation devant l'Assemblée.
Publié le 22/12/2011
Génocide : dans la rue, la communauté turque dénonce "une loi liberticide"
Plus d'un millier de personnes manifestent devant l'Assemblée nationale, où doit être votée une proposition de loi pénalisant la négation de tout génocide, dont le génocide arménien de 1915. La communauté turque dénonce une"loi de négation".
Publié le 22/12/2011
Génocide : "pas une loi dirigée contre la Turquie", pour Valérie Boyer
La député UMP des Bouches-du-Rhône a défendu jeudi matin à l'Assemblée nationale la proposition de loi pénalisant la négation de tout génocide. "Il ne s'agit en rien d'une loi mémorielle", a-t-elle dit.
Publié le 22/12/2011
Qu'est ce qu'un génocide ?
Le Premier ministre turc a réaffirmé qu'à ses yeux "le génocide des Arméniens en 1915 n'avait jamais eu lieu". Pourtant, de nombreux pays et une écrasante majorité d'historiens estiment que les faits sont établis. Quelle est au sens juridique du terme la définition d'un génocide ?
Publié le 22/12/2011
Génocide arménien : la Turquie scandalisée
Le dialogue est rompu entre la France et la Turquie. Ankara rappelle son ambassadeur à Paris et annule toutes les rencontres politiques, économiques et militaires. C'est la première mesure de rétorsion après le vote par les députés d'un texte pour réprimer la négation du génocide arménien.
Publié le 22/12/2011
Dès jeudi après-midi, Ankara a répliqué avec des mots très durs. Recep Erdogan, le Premier ministre turc, parle de "plaies qui seront difficiles à refermer" et d'une "politique fondée sur le racisme, la discrimination et la xénophobie". Il a surtout déclenché les premières salves de rétorsion : tout d'abord, le rappel de son ambassadeur en poste à Paris pour "consultations".
Cette procédure est assez classique quand les relations d'Etat à Etat, mêmes théoriquement "amis", sont tendues. Le diplomate reprend ensuite généralement son poste quelques jours plus tard, avec une feuille de route plus ou moins ferme selon la situation -fin novembre, la France a procédé de manière identique vis-à-vis de l'Iran pour protester contre le saccage de l'ambassade britannique. Recep Erdogan a aussi annulé les rencontres bilatérales économiques, politiques et militaires. L'autorisation d'atterrir ou d'accoster en Turquie pour les avions de chasse et les bâtiments de guerre de l'armée française est suspendue.
Déjà en 2001
Cette crispation franco-turque n'est d'ailleurs pas une première. En janvier 2001, après le vote de la loi française reconnaissant justement le génocide arménien, la Turquie avait déjà rappelé son ambassadeur. Dans la foulée, elle avait pris des mesures supplémentaires, comme le gel des relations bilatérales et la suspension des contrats d'armement. Des rétorsions finalement plutôt limitées et qui n'avaient duré que quelques mois. Pour l'instant, la crise de 2011 en est peu ou prou à ce stade.
En 2006, l'adoption en première lecture à l'Assemblée d'une proposition de loi socialiste similaire à celle de cette année avait aussi déclenché la colère turque, mais sans réplique précise, si ce n'est une brève suspension de la coopération militaire entre les armées des deux pays. A l'époque, le gouvernement turc avait en fait décidé d'attendre que le texte soit voté au Sénat... ce qui n'a jamais eu lieu.
Menace de boycott des produits français
Cette année, Recep Erdogan, relativement épargné par la crise, à l'influence renforcée au Moyen-Orient grâce au "printemps arabe" et craignant que la décision française ne donne des idées aux parlementaires américains, semble cependant prêt à engager un bras-de-fer beaucoup plus tendu. "L'affaire est prise très au sérieux en Turquie. Les dirigeants turcs veulent faire comprendre que la Turquie de 2011 n'est plus celle de 2006", commente un diplomate européen parlant sous le couvert de l'anonymat. A l'opposé, Alain Juppé souhaite que "nos amis turcs ne surréagissent pas".
Quoi qu'il en soit, que peut faire de plus Ankara après les annonces de jeudi ? Sur le plan diplomatique, le second échelon de représailles serait de convoquer l'ambassadeur français à Ankara puis de le déclarer persona non grata. Les coopérations culturelle, scientifique et technologique pourraient aussi être gelées. On voit mal en revanche la Turquie aller jusqu'à la rupture des relations diplomatiques, étape réservée aux pays quasiment en guerre.
Reste bien sûr le spectre de rétorsions économiques contre les entreprises françaises implantées en Turquie -plus de 300 selon les chiffres de la chambre de commerce franco-turque datant de 2009, sans compter celles associées à des compagnies turques. Elles pourraient notamment être écartées d'une manière ou d'une autre des marchés publics turcs. Appeler officiellement au boycott des produits français serait illégal selon les règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Mais le Turc de la rue, excédé comme ses dirigeants par la proposition de loi, pourrait le faire de lui-même. Dans l'autre sens, des entreprises turques pourraient arrêter d'investir dans l'Hexagone.
La Turquie aussi pénalisée ?
A qui cette escalade profiterait-elle ? A personne probablement. La France est le 5e partenaire commercial de la Turquie (la Turquie étant le 11e partenaire de la France). Au total, les échanges entre les deux pays ont atteint 11,7 milliards d'euros l'an passé. Pénaliser des entreprises françaises, qui emploient 70.000 personnes, aurait obligatoirement des conséquences sur leurs salariés turcs. Un boycott des produits français gênerait aussi les commerçants les vendant. N'oublions pas non plus que la Turquie est l'une des destinations préférées des touristes français, surtout en cette année 2011 où la Tunisie ou l'Egypte sont plombées par leurs révolutions.
Sur le plan purement diplomatique, un raidissement serait problématique alors que la Turquie négocie son adhésion à l'Union européenne, à laquelle Nicolas Sarkozy est déjà fermement opposé. Et tomberait mal au moment même où Ankara et Paris sont en première ligne sur le dossier syrien. Bref, personne n'a intérêt à ce que la situation perdure. Reste à savoir qui lâchera du lest le premier.
| L'Arménie remercie la France |
A l'exact opposé de la réaction turque, le gouvernement arménien a exprimé jeudi sa "gratitude". "En adoptant cette loi, la France a prouvé de nouveau qu'il n'y avait pas de prescription pour les crimes contre l'humanité et que les nier devait être puni", souligne Edouard Nalbandian, le ministre des Affaires étrangères. |
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