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DOSSIER : Crise financière

Grèce : les extrêmes en force aux élections ?

Fabrice Aubert par
le 06 mai 2012 à 05h45
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4min
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EuropeLes Grecs se rendent aux urnes ce dimanche pour des législatives anticipées censées mettre en place une majorité capable de sortir le pays de la crise économique. Le Pasok (gauche) et la Nouvelle démocratie (droite) devraient cependant être sanctionnés au profit de la gauche radicale et de l'extrême-droite.

Des élections pour résoudre tous les problèmes, notamment économiques ? C'est évidemment le rêve -l'utopie ?- de tout peuple qui se rend aux urnes pour élire son ou ses futurs dirigeants. Pour les onze millions de Grecs appelés à voter ce dimanche aux législatives anticipées consécutives au psychodrame européen déclenché à l'automne dernier par la proposition de George Papandréou de soumettre au référendum le plan de rigueur imposé par l'UE et le FMI, la question est loin de se poser.  

Pour une simple raison : en raison de la situation du pays, endetté à 165% de son PIB selon Eurostat, l'enjeu principal du scrutin porte sur "memorandum" ou "pas memorandum". C'est-à-dire le feu vert à donner ou non à la cure d'austérité (hausse des impôts et une drastique baisse des salaires de 20%, des retraites, des allocations chômage et des prestations sociales) incluse dans le "memorandum" conclu entre la coalition au pouvoir (Pasok pour la gauche, Nouvelle démocratie pour la droite) depuis novembre et la chute de Papandréou et les créanciers du pays en échange de leur soutien financier pour tenter de sauver le pays de la faillite. En revanche, la sortie de l'euro est restée au second plan de la campagne.

Pas de reprise avant fin 2013

Bref, alors que certains estiment  que la présidentielle française est plus importante pour leur avenir, les Grecs votent pour, au mieux, se serrer la ceinture au moins jusqu'en 2014. La timide reprise économique, envisagée pour la fin 2013, ne devrait en effet pas porter ses fruits avant.  Et d'ici là, le chômage, qui touche déjà officiellement 21% de la population active, devrait encore augmenter sous l'effet de la récession, estimée à 5% du PIB cette année.

Dans ce contexte, les analystes s'attendent à un effondrement du Pasok, mené par Evangélos Vénizélos, et de la Nouvelle démocratie d'Antonis Samaras. Piliers, à tour de rôle, de la vie politique depuis le retour de la démocratie en 1974, ils sont renvoyés dos-à-dos pour leur mauvaise gestion, responsable de la situation, et pour leur acceptation des mesures d'austérité exigée par l'UE (et notamment l'Allemagne). Ils sont aussi pointés du doigt pour la corruption née de leur clientélisme.

Un parti néo-nazi au Parlement ?

Comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, et comme la présidentielle française l'a encore prouvé, ce sont les extrêmes qui devraient récupérer la mise de ce vote-sanction. Selon les sondages, la gauche non socialiste pourrait ainsi décrocher 30% des voix, dont 13% pour la gauche radicale du Syriza (contre 4,6% en 2009 lors des dernières élections).

La droite nationaliste pourrait quant à elle émergée à plus de 15%, dont  plus de 5% pour Chryssi Avhi (Aube dorée), un groupe ouvertement néo-nazi qui ferait alors son entrée au Parlement.

Vers une nouvelle coalition droite-gauche ?

A priori, même si la bataille s'annonce serrée avec le Pasok, la Nouvelle démocratie, qui doit notamment faire face sur sa droite aux Grecs indépendants, des dissidents opposés au plan de rigueur, devrait arriver en tête, mais avec seulement un peu plus de 20% des voix. Même si le scrutin proportionnel "renforcé" grec offre une prime au vainqueur, cela sera insuffisant pour gouverner seule. Antonis Samaras devra donc probablement faire beaucoup de concessions à ses futurs partenaires.

Au point que certains imaginent déjà qu'il pourrait laisser la main à une personnalité plus consensuelle si Nouvelle démocratie et Pasok, seuls dans leur camp à prôner la rigueur, n'ont pas d'autre choix que de renouveler leur coalition de circonstance...

Commenter cet article

  • nezdegoret : Non l'euro comme vous dites n'a pas encore dévissé!mais ça ne saurait tardé!!!

    Le 09/05/2012 à 12h57
  • zavatata78 : Vite, il faut que cette Europe libérale créatrice de paupérisation pour les peuples explose de toute part. Revenir en arrière est possible mais les libéraux technocrates financiers de Bruxelles font croire aux peuples que cela sera encore pire que maintenant et bien NON ils ont simplement peur pour eux et leurs privilèges.

    Le 06/05/2012 à 17h40
  • erichiller : L ' avenir de l' Europe se joue tous les jours.....pas seulement les jours d' élection !

    Le 06/05/2012 à 17h12
  • zen1494 : S'ils n'acceptent pas la rigueur, les grecs proposent quoi ? Le peuple grec demande quoi ? De continuer dans leurs dérives financières qui les ont menées au bord du gouffre ? J'espère que les français vont réfléchir à l'exemple à ne pas suivre !

    Le 06/05/2012 à 14h36
  • ittoth : Des élections pour résoudre tous les problèmes, notamment économiques ? C'est évidemment le rêve -l'utopie ?- de tout peuple qui se rend aux urnes pour élire son ou ses futurs dirigeants. C'est marrant mais on a pas le même genre de réflexion quand il s'agit des élections françaises ...

    Le 06/05/2012 à 13h43
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