Georges Karatzaferis, le 10/11/11 © TF1/LCIL'information est passée un peu inaperçue tant le dénouement du psychodrame créé par Georges Papandréou a monopolisé l'attention : deux membres du Laos (Alarme populaire orthodoxe), le parti de l'extrême-droite grecque, sont entrés le week-end dernier dans le gouvernement d'union nationale de Lucas Papadémos. Que représente la tendance dans le pays et son arrivée aux affaires ? Réponses avec Georges Prévélakis, professeur de géopolitique à l'Université Paris I et auteur de Grèce : les raisons historiques de la faillite (Esprit, novembre 2011).
Journée cruciale pour éviter un scénario catastrophe à la Grèce
Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce lundi pour approuver un deuxième plan d'aide à la Grèce, crucial pour éviter un défaut de paiement au pays. Cette rencontre se déroulera dans un climat d'urgence alors que la Grèce doit rembourser 14,5 milliards d'euros d'ici le 20 mars.
Publié le 20/02/2012
L'aide à la Grèce suspendue, retour du spectre de la banqueroute
Outre le vote dimanche du programme d'austérité au milieu des émeutes, Athènes devait trouver 325 millions d'euros d'économies supplémentaires, et fournir des assurances que les réformes seraient appliquées. Deux conditions non réunies. La réunion de l'Eurogroupe prévue ce mercredi est reportée.
Publié le 15/02/2012
A son tour, Moody's menace d'abaisser la note de la France
L'agence de notation a abaissé lundi soir la perspective de la note Aaa de la France de stable à négative. Moody's invoque les incertitudes autour de la conjoncture de la zone euro et des ambitions de Paris en matière de réduction de déficits. Huit autres pays européens voient leur note réajustées.
Publié le 14/02/2012
Quand le foot fait perdre la tête aux Bourses
Quel rapport peut-il exister entre le monde du ballon rond et celui des salles de marché ? Aucun, apparemment. Mais alors, comment expliquer que l'activité financière chute dans un pays quand son équipe nationale joue un match de Coupe du monde ?
Publié le 14/02/2012
Ce que la Grèce doit encore faire pour obtenir 130 milliards
Malgré la violence de la réaction des Grecs, l'UE se félicite de l'adoption par Athènes d'un nouveau plan d'austérité. Reste à obtenir 325 millions d'économies, et un soutien écrit des responsables politiques à la rigueur, avant de verser une nouvelle aide financière. Le tout avant mercredi.
Publié le 13/02/2012
Athènes après le chaos
La capitale grecque se remet d'une nuit de guérilla urbaine, provoquée par la révolte contre les nouveaux sacrifices votés par le parlement afin d'obtenir le soutien des bailleurs de fonds internationaux.
Publié le 13/02/2012
Austérité en Grèce : vote sous tension au Parlement, bâtiments en feu à Athènes
Alors que les députés grecs doivent voter ce dimanche de nouvelles mesures impopulaires, mais réclamées en échange de nouvelles aides, près de 100.000 manifestants se sont regroupés à Athènes et Salonique. Des affrontements violents ont éclaté dans la capitale où des bâtiments ont été incendiés.
Publié le 12/02/2012
Austérité en Grèce : les réformes devant le Parlement, violences à Athènes
Alors que les députés grecs doivent voter ce dimanche de nouvelles mesures impopulaires, mais réclamées en échange de nouvelles aides, près de 100.000 manifestants se sont regroupés à Athènes et Salonique. Des affrontements ont éclaté dans la capitale où des bâtiments ont été incendiés.
Publié le 12/02/2012
Grèce : le gouvernement approuve le plan d'austérité
Ce plan exigé par l'UE et le FMI pour débloquer une nouvelle aide lui permettant d'éviter un défaut de paiement en mars, est soumis au Parlement dimanche.
Publié le 11/02/2012
Plan de rigueur : grève générale et démissions en Grèce
Tandis que la troïka devient de plus en plus persona non grata en Grèce, les 4 ministres du LAOS, parti d'extrême droite, ont présenté vendredi leur démission du gouvernement de coalition et le leader du parti a annoncé qu'il s'opposera au plan de rigueur qui doit être voté dimanche.
Publié le 10/02/2012
Grèce : l'épreuve de la rue pour Papademos
A peine en place, l'équipe de Lucas Papademos affronte ce jeudi une journée de mobilisation en forme de test : l'ampleur de la manifestation à Athènes contre l'austérité donnera le ton des relations qui vont s'établir entre une population réticente à de nouveaux sacrifices et le gouvernement.
Publié le 17/11/2011
Papademos juge nécessaire un autre plan d'ajustement en Grèce
La Grèce aura besoin d'un nouveau programme d'ajustement pour redresser son économie, a déclaré lundi le Premier ministre Lucas Papadémos devant le Parlement, ajoutant que les cent jours donnés à son gouvernement d'union ne suffiraient pas à accomplir cette tâche.
Publié le 14/11/2011
Pour Papademos, le plus dur commence
Alors que le nouveau Premier ministre grec a prêté serment vendredi (une cérémonie retardée par d'ultimes coups d'éclat des partis au moment de la formation du gouvernement de coalition), la tâche s'annonce immense pour redresser les finances d'un pays toujours menacé de défaut de paiement.
Publié le 11/11/2011
Le nouveau Premier ministre grec, c'est Papademos
Au terme de tractations politiques interminables qui ont une nouvelle fois mis à rude épreuve les nerfs des dirigeants de la zone euro, la droite et la gauche grecques ont réussi à s'accorder sur le nom du successeur de Georges Papandréou : ce sera Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE.
Publié le 10/11/2011
Grèce : quand la crise jette les Athéniens dans la rue
Il y avait 20.000 SDF à Athènes il y a un an. Ils sont désormais un quart de plus. Pour la première fois, la classe moyenne est touchée.
Publié le 13/11/2011
TF1 News : L'extrême-droite grecque n'existait pas politiquement avant la création du Laos en 2000. Comment expliquer sa progression et sa consécration avec l'entrée de quatre de ses membres, dont Makis Voridis (ministre des Infrastructures, transports et réseaux) et Adonis Georgiadis (secrétaire d'Etat au Développement et à la Marine marchande), au gouvernement ?
Georges Prévélakis : C'est en grande partie lié à la personnalité de son chef, Georges Karatzaferis. Ancien de la Nouvelle démocratie (ndlr : le parti de droite), il possède un vrai talent d'orateur, un réel charisme et utilise l'humour à bon escient. Journaliste de formation, il sait également très bien communiquer. Sur le plan purement politique, c'est aussi et surtout un très bon tacticien.
En revanche, ce n'est pas un idéologue. Il s'agit plutôt d'un opportuniste qui ne trouvait plus sa place dans le centre-droit et qui a su occuper le vide politique qui existait à l'extrême-droite. Toute société a une tendance extrémiste de droite. Mais, en Grèce, elle était en sommeil depuis la fin de la dictature en 1974 en raison de sa forte implication et de sa responsabilité dans le régime des colonels. Pour sortir du lot, Georges Karatzaferis a conquis ce créneau, en jouant la carte patriotique abandonnée par les autres partis.
TF1 News : Au-delà de la personnalité de Georges Karatzaferis, cette percée possède-t-elle des bases solides ?
G.P. : Je ne pense pas. Même si je peux comprendre que l'entrée au gouvernement de deux ministres du Laos soit perçue en Europe comme un retour en force de l'extrême-droite, il s'agit surtout d'un épiphénomène et d'une bulle. Il ne faut pas surestimer le Laos. Si Georges Karatzaferis se voyait proposer une place de choix dans un autre parti, il n'hésiterait pas à changer d'idéologie. Le Laos n'y survivrait pas. Il s'agit en effet d'un amalgame hétérogène de plusieurs tendances : des patriotes, des déçus de la Nouvelle démocratie qui trouvent un refuge et aussi des éléments antisémites. Mais toutes ces composantes ne tiennent ensemble que grâce et par un chef.
| "Pari risqué" |
TF1 News : Peut-on comparer le Laos à d'autres partis d'extrême-droite en Europe ?
G.P. : Il est très difficile de faire une analogie car les repères ne sont pas les mêmes. En France, par exemple, l'extrême-droite possède historiquement une idéologie cohérente et une tradition d'intellectuels. Cela lui donne ainsi beaucoup plus de poids qu'en Grèce. Auparavant, l'extrême-droite grecque se définissait essentiellement par son anticommunisme dans le cadre d'une opposition entre monde grec et monde slave.
TF1 News : Quelle peut être la suite pour le Laos ?
G.P. : En faisant entrer son parti au gouvernement, Georges Karatzaferis a certes réussi un coup extraordinaire (ndlr : lui-même n'est pas ministre puisqu'il a été décidé qu'aucun leader ne le serait). Mais il s'agit aussi d'un pari risqué. Ce gouvernement doit en effet mener une politique d'austérité. Ceux qui en font partie pourraient en subir les conséquences politiques lors des élections anticipées de février. Si la situation se stabilise, cette tactique à court terme s'avérera désastreuse. Seul un effondrement total de l'économie et du pays lui offrirait une chance.
TF1 News : Contrairement à d'autres entrées de partis d'extrême-droite dans un gouvernement, comme en Autriche avec le FPO en 1999, l'Europe n'a pas réagi.
G.P. : Tout d'abord, Georges Karatzaferis a su manœuvrer en prenant des positions paradoxales pour son parti. En faveur de l'austérité, il avait développé une apparence pro-européenne. Ensuite, il faut rappeler que le nouveau gouvernement a été créé sous la pression, voire l'ingérence, de l'UE. Certes, on peut en comprendre les raisons. Mais après avoir agi de la sorte, il était ensuite difficile de s'immiscer dans la composition même de ce gouvernement, d'autant que cette extrême-droite reste superficielle.
| Quel programme ? |
Comme les autres partis d'extrême-droite, le Laos milite fermement contre l'immigration et s'oppose à la construction européenne (même s'il a donc voté le plan d'austérité demandée par l'UE). Nationaliste, il est aussi contre l'entrée de la Turquie dans l'UE et contre la reconnaissance de la Macédoine. |
Retour MYTF1
Journée cruciale pour éviter un scénario catastrophe à la Grèce
Chargement en cours...




