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Grèce : quels scénarios politiques après les nouvelles élections ?

Fabrice Aubert par
le 14 juin 2012 à 11h27 , mis à jour le 14 juin 2012 à 22h52.
Temps de lecture
4min
Grèce

Image d'archives / Crédits : ABACA

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EuropeUn mois et demi après des législatives qui n'ont donné aucune majorité au pays, les Grecs retournent aux urnes ce dimanche. Avec une hantise : un nouveau coup pour rien. Découvrez les différentes hypothèses qui découleront du résultat.

Un parti obtient la majorité absolue au Parlement 
Le Parlement grec comptant 300 membres, il faut donc 151 sièges pour qu'un parti gouverne à lui tout seul. Le système électoral étant basé sur la "proportionnelle renforcée", il est quasiment impossible d'atteindre ce seuil pour la formation arrivée en tête, malgré la prime de 50 députés qui lui est offerte.
 
Le rapport de force actuel ne fait qu'accentuer cette difficulté : selon les sondages, la Nouvelle Démocratie (droite) et Syriza (gauche radicale), au coude-à-coude, obtiendraient entre 26 et 27% des suffrages, loin devant le Pasok (parti socialiste). Or les experts électoraux estiment qu'il faut au moins 38% des voix pour décrocher le chiffre magique de 151. Bref, il faudra forcément passer par la case coalition.
 
Probabilité : 0,1%
 
Arrivée en tête, la Nouvelle-Démocratie parvient à former une coalition
Si la Nouvelle-Démocratie arrive en tête, comme en mai dernier, elle tentera de nouveau s'appuyer sur le Pasok, seul autre parti favorable à l'austérité découlant du plan d'aide imposé par l'UE et le FMI. Avec 13% des suffrages, le Pasok avait alors obtenu 41 députés. Ajoutés aux 108 de la Nouvelle-Démocratie, la coalition "pro-austérité" avait loupé la majorité au Parlement de deux sièges (149 contre 151).
 
Les sondages donnant grosso modo le même score pour le Pasok, il devrait donc garder une quarantaine de mandats. Etant donné que la Nouvelle-Démocratie devrait de son côté passer de 18% à 27% des voix, elle devrait augmenter mécaniquement sa présence sur les bancs de l'Assemblée. L'attelage Nouvelle-Démocratie-Pasok dépasserait alors la majorité absolue et pourrait gouverner. Si ce n'est pas le cas, il faudra trouver un appui supplémentaire, en dehors de Syriza bien sûr.

Probabilité : 40%
 
Arrivée en tête, Syriza parvient à former une coalition
Si Syriza arrive en tête, elle devrait logiquement se tourner tout d'abord vers ses dissidents modérés du Dimar (Gauche démocratique). Si cette formation maintient sa position du 6 mai, l'ensemble pourrait obtenir, de très peu, la majorité absolue, grâce à la prime au vainqueur. Dans le cas contraire, le plus probable, Alexis Tsipras, le patron de Syriza, pourrait aussi tenter de séduire le Pasok, à condition que ce dernier mette de l'eau dans son vin sur le plan d'austérité. Un recours aux communistes du KKE est en revanche exclu, puisque ceux-ci sont très virulents contre Syriza.

Probabilité : 35%
 
Le parti arrivé en seconde position parvient à former une coalition
Si le "vainqueur" jette l'éponge, la tâche de former le gouvernement reviendrait alors au parti arrivé en deuxième position. Selon le nouveau rapport de force parlementaire, cela pourrait s'avérer paradoxalement plus facile !
 
Probabilité : 15% 

Le parti arrivé en troisième position parvient à former une coalition
En cas d'échec des deux premiers, le casse-tête sera récupéré par le troisième, a priori le Pasok. Autant dire immédiatement que ses chances de trouver une solution sont nulles.

Probabilité : 0,1%
 
Face à une impasse, les partis acceptent l'union nationale
Cette solution est déjà caduque puisque Alexis Tsipras la rejette catégoriquement. "Ce serait un gouvernement de bric et de broc.  Après deux élections consécutives, les gens exigent une direction claire", affirme le "Mélenchon grec".
 
Probabilité : 0,1%
 
Aucune solution politique n'est trouvée 
Selon la Constitution, il faudrait alors convoquer de nouvelles élections très rapidement, en théorie fin juillet ou début août pour respecter les délais ! Bref, ce serait le scénario de l'apocalypse. La Grèce continuerait alors de s'enfoncer dans la crise économique et financière, en menaçant l'ensemble de la zone euro.
 
Probabilité : 9,7%

Commenter cet article

  • look165 : ... Encore de nouvelles élections. Nota : On écrit (et on dit) un scenario, des scenarii.

    Le 17/06/2012 à 10h29
  • aelyane : La démocratie fonctionne-t-elle encore dans ce Pays où chacun tire à hi et à dia?.... et n'a cherché qu'à s'enrichir au dépens de l'Europe... Les plus fortunés ayant peut-être depuis quelque temps ramassé la mise pour la placer dans des cieux plus cléments!...

    Le 17/06/2012 à 09h05
  • sat33 : Voyez ce qui se passe en espagne dette 80 % du pib,italie 120% ensuite chypre,irlande .....et les ex pays de l est qui vivait des subsides de l ex urss on en parle meme pas

    Le 16/06/2012 à 09h26
  • bobotte71 : ça veut dire quoi s'entendre avec l'Allemagne? dire amen à tous leurs désirs.

    Le 16/06/2012 à 08h45
  • gib4806 : Surveillons bien ce qui se passe en Grèce, car c'est hélas ce qui nous attend. Dans combien de temps ??? 1 an, 2 ans, Wait and see !

    Le 15/06/2012 à 15h32
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