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DOSSIER : UE

Hollande-Merkel, toute toute première fois

Fabrice Aubert par
le 15 mai 2012 à 05h45 , mis à jour le 16 mai 2012 à 14h18.
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4min
Photo-montage : François Hollande/Angela Merkel

Photo-montage : François Hollande/Angela Merkel / Crédits : TF1/LCI

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EuropeLes cérémonies d'investiture passées, le nouveau président se rend en ce moment à Berlin pour son premier rendez-vous avec la chancelière allemande, qu'il n'a jamais rencontrée. Pas de décision concrète sur le pacte budgétaire européen à attendre de cette ""prise de contact".

Comme Nicolas Sarkozy en 2007, François Hollande se rend directement en cet fin d'après-midi à Berlin à l'issue des cérémonies de la passation de pouvoirs -il devait décoller vers 16h mais est finalement parti à 17h15. Mais le contexte de sa rencontre avec Angela Merkel sera tout autre. A l'époque, les deux dirigeants, qui se connaissaient déjà, étaient peu ou prou sur la même ligne politique.
 
Cette année, c'est (presque) tout le contraire. François Hollande, socialiste, et Angela Merkel, conservatrice, ne se sont en effet jamais rencontrés. Et surtout, c'est peu dire qu'ils divergent sur beaucoup de points qui font débat aujourd'hui dans l'Union européenne, dont le couple franco-allemand est le "moteur" depuis 1957.

La relance, mais quelle relance ?
 
Pendant toute la campagne, le candidat Hollande a en effet milité pour la relance de la croissance en Europe à la sauce keynésienne, avec par exemple une politique de grands travaux. Dans cette optique, il a promis à maintes reprises qu'il exigerait une rénégociation du pacte budgétaire européen signé au début de l'année -et que trois pays (Grèce, Portugal, Slovénie) ont déjà ratifié.
 
A l'opposé, Angela Merkel et son gouvernement martèlent qu'il est hors de question de retourner à la table des discussions -une position redite lundi matin par Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances. Et si la chancelière n'est pas contre associer de la croissance à la politique d'austérité menée en Europe pour lutter contre la crise des dettes souveraines, elle pense essentiellement à l'introduction de meures de déréglementation et non à des mesures laissant filer les déficits.

"Accueilli à bras ouverts"
 
Evidemment, dans un souci d'apaisement, les deux camps ont annoncé par avance qu'ils étaient heureux de la perspective de travailler l'un avec l'autre dans le but de faire avancer l'Europe. Angela Merkel, premier dirigeant étranger à appelé François Hollande le 6 mai au soir après l'annonce des résultats, a ainsi affirmé que le nouveau locataire de l'Elysée serait "accueilli à bras ouverts".

Côté français, on souligne que ce premier contact sera surtout l'occasion de "faire connaissance" et qu'aucune décision concrète ne sortira du tête-à-tête (qui doit durer environ une heure) puis du dîner de travail express qui suivra -François Hollande sera de retour à Paris avant minuit.

Merkel affaiblie ?
 
Bref, cette rencontre doit essentiellement servir à jeter les bases d'une coopération sereine puisque le statu-quo n'est pas tenable sur le long terme. Et qui dit coopération dit consensus, et qui dit consensus dit concessions. Reste à savoir lequel des deux dirigeants sera le plus enclin -ou le plus forcé- à en faire pour aboutir au compromis. Sur ce point, légitimé par le suffrage universel, soutenu par plusieurs dirigeants de gauche, considéré par les Grecs comme leur éventuel sauveur, c'est plutôt François Hollande qui semble en position de force.
 
En face, Angela Merkel semble quant à elle affaiblie politiquement en Allemagne après une série de défaites dans les scrutins régionaux, dont celle, cinglante, de dimanche en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Même si elle s'en défend, ce revers atteint aussi son autorité en Europe.  D'où probablement une ouverture pour le président français, qui pourrait déboucher sur la rédaction d'un texte séparé du pacte budgétaire validant des mesures de stimulation de la croissance. Les deux parties sortiraient ainsi la tête haute.

Faire vite
 
Quoi qu'il en soit, il faut faire vite. Dès le mercredi 23 mai, les dirigeants des 27 se retrouveront à Bruxelles pour un sommet informel destiné à préparer celui de fin juin. Et au vu de la situation -les tensions politiques en Grèce relancent l'idée d'une sortie de la zone euro et mettent le feu aux marchés-, il n'est pas question de repousser les décisions.

Commenter cet article

  • jazda : "...à bras ouverts..." et lui, Hollande veste ouverte, ah, très mauvaise appréciation!

    Le 16/05/2012 à 20h22
  • jaclamb : Pourvu qu'Angela ne cède pas.

    Le 15/05/2012 à 18h07
  • avion31 : Vas y angela !!!! reveillez nous le MERCI

    Le 15/05/2012 à 17h41
  • gogi85 : Que Hollande la remette à sa place !

    Le 15/05/2012 à 16h02
  • fm38 : Que FH garde son costume trempé de ce matin, comme ça elle verra pas qu'il transpire.

    Le 15/05/2012 à 16h01
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