Ce vendredi, quelque 3,1 millions d'Irlandais sont appelés à voter pour un scrutin qui devrait confirmer le naufrage du parti au pouvoir, le Fianna Fail, qui règne sur le pays depuis 14 ans. L'ensemble des sondages s'accordent à prédire un cuisant revers pour la formation centriste, victime de l'effondrement de l'ancien "Tigre celtique", qui en est dorénavant réduit à vivre sous perfusion de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.
Les législatives prennent l'allure d'un référendum sur le plan de sauvetage international de l'île, signé en novembre avec l'UE et le FMI pour un montant de 85 milliards d'euros. Le Premier ministre Brian Cowen avait accepté ce programme avec réticence, pliant sous le poids d'un déficit public astronomique (32% du Produit intérieur brut en 2010).
La fierté blessée des Irlandais
Mais l'appel à l'aide de l'étranger a blessé la fierté des Irlandais, qui défendent bec et ongles une indépendance chèrement acquise, et a aggravé l'impopularité du parti au pouvoir, déjà victime de son incapacité à prévoir la récession historique dont sort à peine le petit pays de 4,2 millions d'habitants.
Surfant sur le vif mécontentement populaire qu'ont suscité le plan d'aide et la crise, Enda Kenny, leader du Fine Gael (centre), principal parti d'opposition, exige une renégociation des conditions les plus controversées du plan, et en particulier du taux d'intérêt qu'il qualifie de "punitif".
Le discours a semblé faire mouche auprès de la population : les derniers sondages créditaient le Fine Gael de 38 à 40% des intentions de vote. A défaut d'obtenir une majorité absolue, le parti devrait former une coalition avec le Labour, une formation de gauche avec qui il s'est déjà allié par le passé et qui est créditée d'environ 18% des voix. Le troisième scénario envisageable est celui d'une alliance avec les députés indépendants.
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