Italie : quelle(s) suite(s) pour l'après-Berlusconi ?

Par , le 09 novembre 2011 à 17h51 , mis à jour le 09 novembre 2011 à 19h26

Dossier : Crise financière

Même avec la démission annoncée de Silvio Berlusconi après le vote des réformes budgétaires demandées par l'UE, l'Italie est loin d'avoir réglé tous ses problèmes. Premier chantier : garantir rapidement une stabilité politique pour rassurer les marchés financiers, à l'origine de la chute du Premier ministre.

[Expiré] berlusconi © AFP

Trois ans et demi après sa victoire aux législatives du printemps 2008, Silvio Berlusconi, rattrapé par la crise de la dette qui étrangle financièrement l'Italie (1.900 milliards d'euros, soit 120% du PIB), a donc été contraint de jeter l'éponge mardi soir. Après avoir été mis en minorité par sa propre majorité, il a simplement obtenu un répit jusqu'à la fin du mois, le temps d'adopter les mesures budgétaires et les réformes (cession d'actifs publics pour réduire la dette, libéralisation des professions réglementées, simplification des procédures administratives...) exigées par l'UE et souhaitées par le FMI, qui a mis le pays sous surveillance.

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  • Les gouvernements s'en vont, la crise s'envenime...

    La démission désormais officielle de Georges Papandréou en Grèce et celle, annoncée, de Silvio Berlusconi en Italie n'ont pas suffi à désamorcer mercredi la crise dans la zone euro, dont l'éclatement n'est plus un scénario de science fiction. En Europe et aux USA, les bourses ont toutes cédé au pessimisme.

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  • Berlusconi prépare sa retraite politique... et sa succession

    Le chef du gouvernement italien, dont la démission prochaine a été annoncée mardi, déclare qu'il ne se représentera pas en cas d'élections anticipées. Un temps rassurés par l'annonce de sa prochaine démission, les marchés sont pourtant en forte baisse, craignant une instabilité politique.

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  • Un dernier vote du budget et c'est fini pour Berlusconi

    Silvio Berlusconi a confirmé mardi soir qu'il démissionnerait de son poste de président du Conseil italien une fois le nouveau budget voté au Parlement. Ce vote devrait intervenir d'ici au 18 novembre.

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  • "Berlusconi n'a plus de légitimité"

    DECRYPTAGE - Le Premier ministre italien a perdu la majorité absolue mardi lors du vote sur les comptes publics. Fabio Liberti, spécialiste de la vie politique italienne, estime sur TF1 News qu'il n'a aucune chance de survivre à une motion de défiance dans les jours qui viennent s'il ne démissionne pas.

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  • Une victoire à la pyrrhus pour Berlusconi ?

    Après la défection de plusieurs députés de son camp, le Premier ministre italien n'a obtenu mardi qu'une majorité relative lors du vote sur les comptes publics. La gauche, qui s'est abstenue, pourrait déposer une motion de censure si le "Cavaliere" décide de rester en poste.

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  • Rome : des milliers de manifestants fêtent la démission de Berlusconi

    Des milliers de manifestants avaient déjà commencé à fêter la démission de Silvio Berlusconi avant l'annonce officielle samedi, dans différents endroits de la capitale, comme ici devant la résidence du Cavaliere.

    Publié le 12/11/2011 Rome : des milliers de manifestants fêtent la démission de Berlusconi
  • Qui est Mario Monti ?

    Mario Monti est le successeur désigné de Silvio Berlusconi, qui a présenté sa démission à l'issue d'un ultime vote à la Chambre des députés samedi. Cet économiste respecté de 68 ans devrait former un gouvernement élargi. Portrait.

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  • Berlusconi, roi de la gaffe et de la provocation

    Juqu'à la dernière seconde Silvio Berlusconi multiplie les provocations. A 75 ans, le Président du Conseil reste fidèle à lui-même, tout en versant dans la nostalgie et en citant Mussolini.

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Plus d'infos

A l'instar de la droite grecque, la gauche italienne, bien qu'opposée à cette nouvelle cure d'austérité, agira pour qu'elle soit adoptée afin d'éviter une aggravation de la situation. Silvio Berlusconi pourra ainsi sortir la haute et affirmer qu'il a "fait passer l'intérêt du pays avant (son) intérêt personnel".
 
Ce départ annoncé du "Cavaliere" règle-t-il pour autant tous les problèmes italiens ? Non. Au contraire, plusieurs questions restent en suspens, notamment celle de la réaction des marchés aux futurs développements de la crise, financière et politique.
 
D'un point de vue strictement politique, quelle est la suite des événements ?
Selon la Constitution italienne, dès qu'un Premier ministre démissionne ou est renversé, le président, aujourd'hui Giorgio Napolitano, doit entamer des consultations pour s'assurer qu'aucune autre majorité n'est possible à l'Assemblée. "Cette étape se fait calculette à la main pour compter les soutiens de chacun. A l'arrivée, soit une majorité de droite ou d'union nationale se dégage, soit Giorgio Napolitano, qui est un simple "notaire', convoquera des législatives anticipées", explique Fabio Liberti, politologue italien, à TF1 News. La démission de Berlusconi annoncée à l'avance, Giorgio Napolitano peut déjà commencer officieusement ses consultations.
 
Quel est le scénario le plus probable ?
Difficile à dire. Giorgio Napolitano semble privilégier la formation d'un gouvernement d'union nationale, dirigé par un "technicien" comme Mario Monti, l'ancien commissaire européen à la Concurrence. Ou, à défaut, il souhaite élargir la coalition au pouvoir formée par le Peuple de la Liberté (PdL), la formation de Berlusconi, et par la Ligue du Nord aux centristes de l'UDC. Dans les deux cas, l'objectif serait d'aller au bout de la législature, prévue en 2013. Selon l'option retenue, le Premier ministre ne serait pas le même.
 
De son côté, Silvio Berlusconi, dont l'influence est toujours importante au sein du PdL, a déjà fait savoir qu'il préférait l'option d'un scrutin anticipé.  Et il a désigné son successeur : Angelino Alfano, le secrétaire général du parti. La gauche juge pour sa part peu probable la formation d'un cabinet d'union nationale, en raison justement de la résistance de Berlusconi à cette idée. Elle estime donc que des législatives anticipées, qu'elle ne souhaite pas, sont vraisemblables.
 
Pour Fabio Liberti, il est "urgent de mettre en place les réformes budgétaires. Or le pays ne peut encore se permettre trois mois d'inactivité politique avant des élections anticipées". Principale raison : l'influence des marchés financiers, dont le rôle a été primordial dans la chute de Berlusconi.
 
Les marchés vont-ils diriger la politique économique italienne ?
Pour beaucoup, ce sont les  investisseurs qui ont fait tomber Berlusconi. Depuis plus de deux ans, au-delà d'une politique économique controversée, ce dernier était plombé par ses déboires judiciaires et les scandales sexuels. Dans la rue, les manifestations se multipliaient, dans les sondages, sa cote était au plus bas, et même au Vatican, l'exaspération était certaine. Mais, contre vents et marées, le "Cavaliere" tenait bon.

Jusqu'à les marchés financiers fassent comprendre qu'ils ne lui faisaient plus confiance et que son manque de crédibilité, en tant que personne, ne ferait qu'aggraver la situation. Sa présence était en effet perçue par beaucoup d'investisseurs comme un obstacle aux réformes censées garantir des économies à hauteur de 60 milliards d'euros. Pour que leur message passe, les investisseurs n'ont pas lésiné sur les moyens. Ils ont notamment augmenté les taux d'intérêt des obligations d'Etat qui servent à financer la dette : mardi, ils sont ainsi passés à 6,75% sur dix ans (contre 1,75% pour l'Allemagne) et 6,85% sur cinq ans (0,95% pour l'Allemagne). Résultat : la dette augmente d'autant plus.

Bref, cette mise sous pression des marchés a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. C'est elle qui a poussé les députés de la majorité à faire sécession le week-end dernier. "Ils se sont rendus compte que l'ère Berlusconi touchait à sa fin et qu'ils seraient emportés dans sa chute s'ils le soutenaient encore", remarque Fabio Liberti. Alors "Moody's président", comme certains observateurs le lancent en faisant référence aux agences de notation pour dénoncer l'immersion des marchés dans la vie politique ? Le débat ne fait que commencer.
 
Berlusconi parti, les marchés sont-ils satisfaits ?
La logique l'aurait voulu. Mais c'est loin d'être le cas, bien au contraire. Au-delà du calendrier de départ de Berlusconi, ils s'inquiètent maintenant des risques d'instabilité et d'enlisement politique et/ou de blocage de toute initiative d'envergure en cas de législatives anticipées -le scrutin n'aurait pas lieu avant février ou mars prochain. "Rien ne garantit que le successeur de Berlusconi sera capable de faire du meilleur boulot", explique Christian Jimenez, gérant et président de Diamant Bleu Gestion, une société de gestion de portefeuilles spécialisée dans la gestion flexible et l'allocation d'actifs, à Reuters.

Résultat : les obligations d'Etat à dix ans ont passé la barre des 7% mercredi. A titre de comparaison, la Grèce, l'Irlande et le Portugal ont chacun à leur tour été contraints d'appeler à l'aide internationale après avoir vu le coût de leur dette franchir ce seuil. La Bourse de Milan a, elle, encore dévissé de 4%.

Berlusconi a-t-il dit son dernier mot ?
Oui et non. Oui en tant que président du Conseil : il peut difficilement revenir sur sa décision de démissionner, puisqu'elle a été annoncée officiellement par la président de la République. Et si c'était le cas, il serait probablement rapidement renversé. Il a également affirmé qu'il ne se représenterait pas si des législatives anticipées sont convoquées. Là aussi, il n'a pas tellement le choix : ses chances de victoire seraient minimes tant il est discrédité personnellement.

En revanche, il peut encore peser dans l'ombre pendant la campagne du PdL pour permettre à son parti de rester au pouvoir. Son objectif serait alors d'échapper aux procédures judiciaires lancées contre lui. Dès qu'il aura quitté son poste de Premier ministre, Silvio Berlusconi sera en effet privé de certains avantages liés à la fonction. Il ne pourra compter que sur son immunité de député pour affronter les juges dans les trois procès où il est accusé, dont le célèbre "Rubygate".

Par Fabrice Aubert le 09 novembre 2011 à 17:51
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7 Commentaires

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  • roubene, le 10/11/2011 à 12h52

    à al38240 : votre jugement change depuis que les pays gouvernés par la droite tombent aussi, avant c'était de la faute aux socialistes....

  • al38240, le 10/11/2011 à 11h28

    TOUS les gouvernements, de droite comme de gauche, le Portugal, la Grèce, l'Espagne, l'Italie surtout situés dans la zone sud de l'Europe, ont de graves difficultés de gouvernance économique. N'ayez pas des oeillères purement politiciennes. Il faudrait arrêter cette gueguerre droite -gauche qui ne rime plus à rien dans cette période troublée au niveau mondial. L'Espagne a donné le ton avec l'acceptation de la "règle d'or" par la gauche et par la droite. Le Portugal semble s'en sortir lentement mais sûrement avec l'accord de tous les partis politiques. la Grèce va être gouvernée dans l'unité nationale. Demain il en sera aussi pour l'Italie. L'opposition française, au lieu de faire de l'anti-Sarkozysme débile, et si elle veut vraiment sortir la France du marasme (au lieu d'être en quête seulement du pouvoir), devrait s'allier avec la droite parce qu'elle peut avoir aussi des propositions crédibles non politiciennes ou démagogiques. Merci de me publier.

  • al38240, le 10/11/2011 à 11h19

    OUI !

  • elimen, le 10/11/2011 à 06h20

    Même si je dois me répéter sans cèse , vous pouvez mêttre qui vous voulez à la tète d'un état de la zone euros il ne porra pas faire grand chose . la seule solution c'est de ne plus rembourser la dette . et d'emprunter aux banques centrale de chaques pays en revenant à nos monaies d'avant l'euro , mais de conserver l'euro pour ce payer entre pays . à part cela il n'y a pas d'autre solution.

  • lucien31, le 10/11/2011 à 00h42

    Je n'ai jamais aimé Berlusconi, mais comme titré « quelle suite pour lui ». Avec le pognon qu'il a ne vous inquiétez surtout pas pour lui il s'en sortira et risque de quitter l'Italie. Mais le plus grave c'est que celui qui le remplacera ne fera malheureusement pas mieux, tant que cette crise économique nous étrangle tous, personne ne pourra rien faire, au vu de la dette pharaoniques de nos pays, dans la zone euro il faudra des décennies pour en sortir, nous sommes tous dans un beau merdier. L31

  • paqueu, le 09/11/2011 à 23h03

    Ne devrions nous pas avoir aussi en France un gouvernement d'union nationale!!!!!!!

  • 64hard, le 09/11/2011 à 22h31

    Décidément tous les pays qui on ete gouverne par droite ou qui on fait la même politique que la droite tombe un part un la grece en 2008 l italie 2011 l espagne et lel rlande socialiste ais politique que sarkosy bientot a la trapppe ausssi il ne restera plu que la france et c était la seule politique possible que sarkosy la même renie

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