L'Espagne et le dopage ? Le sujet est sensible. Mais face aux accusations, notamment professées par l'ex-tennisman Yannick Noah qui avait parlé de "potion magique" des sportifs espagnols (Voir : Yannick Noah veut légaliser le dopage ) en novembre dernier, le ministre des Sports espagnol a reconnu, mardi, que son pays avait "un problème avec le dopage". "C'est pour cela que nous allons essayer d'harmoniser la loi antidopage (espagnole) pour satisfaire aux exigences du Code Mondial antidopage de l'Agence mondiale antidopage", a indiqué José Ignacio Wert. Car l'un des objectifs du nouveau gouvernement est de pouvoir appuyer les candidatures de Madrid et de Barcelone-Pyrénées pour les Jeux Olympiques d'été de 2020 et d'hiver de 2022. Et difficile d'être pris au sérieux par les instances du sport international si les mesures antidopage ne sont pas suffisantes.
Des propos qui surviennent en pleine polémique entre la France et l'Espagne. Responsable ? Les Guignols de l'Info. Depuis l'annonce de la suspension du cycliste espagnol Alberto Contador pour deux ans et la perte de sa victoire du Tour de France 2010 (Lire Dopage : Contador perd le Tour de France 2010 ), les marionnettes de Canal + enchaînent les sketchs mettant en cause les résultats des sportifs espagnols, qui dominent la majorité des grandes compétitions internationales ces dernières années. Parmi leurs têtes de turc préférées, le tennisman Rafael Nadal. L'un des sketchs diffusé la semaine dernière le met en scène dans une station service. Après avoir bu de l'eau, le champion espagnol va faire le plein. Mais au lieu de se servir de la pompe à essence, on le voit uriner dans le réservoir. Dans un autre, on le voit signer une pétition en soutien à Contador, aux côtés du footballeur Iker Casillas. Si la seringue a remplacé le stylo, celle du tennisman est beaucoup plus imposante.
"On s'attaque à l'image de l'Espagne"
Ce dernier était reçu mardi, en compagnie de toute l'équipe espagnole de Coupe Davis, victorieuse pour la 5e fois l'hiver dernier, par le nouveau chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. L'occasion pour le leader du Parti Popular de féliciter ses sportifs mais aussi de tacler Canal +. "Nous sommes très contents et très fiers de nos joueurs de tennis. L'Espagne est une grande nation. Le succès n'est pas une loterie, mais la combinaison d'efforts, d'engagements et d'autres vertus que possèdent les sportifs espagnols", a-t-il déclaré rappelant qu'en cette période de cirse, "elles étaient des valeurs qui avaient une influence sur tous les aspects de la société". L'Espagne est "le pays qui a remporté le plus de fois Roland-Garros chez les hommes même si certains ne semblent pas en être conscients (...). Le plus grand des mépris est de ne pas reconnaître la valeur de quelqu'un", a-t-il lancé.
Egalement présent, le président de la Fédération espagnole de tennis a lui affirmé que les soupçons jetés par les Guignols allaient au-delà du plan sportif. "Quand on s'attaque ou qu'on remet en question ce que nos sportifs réussissent loyalement et avec effort, on s'attaque à toute une nation, à notre image et à l'idée de l'Espagne", a-t-il déclaré. Des critiques soutenues par le ministre des Sports. "Je n'ai jamais critiqué la France, a-t-il rappelé, j'ai critiqué les Guignols. Je trouve ça curieux qu'on considère qu'ils ne puissent pas être critiqués. Ici, nous sommes dans une situation où un pays, une condition religieuses ont été offensés. Et naturellement, nous pouvons le critiquer. Pourquoi est-ce que seuls les auteurs du programme humoristique auraient le droit de critiquer", s'est-il demandé.
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