Combien seront-ils à manifester ce samedi contre Vladimir Poutine dans les rues de Moscou ? Difficile de le dire. Plus de 16.000 personnes avaient répondu vendredi sur Facebook à l'appel au rassemblement, baptisé "Marche des Millions" et autorisé par la mairie pour 25.000 personnes maximum. Les participants doivent partir de la place Pouchkine, en plein centre-ville, avant d'effectuer une marche le long des boulevards jusqu'à l'avenue Sakharov, pour un meeting jusqu'à 22 heures, heure locale (20 heures, heure française). Des manifestations similaires sont également prévues à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, ou dans des villes allant de l'enclave européenne de Kaliningrad à Vladivostok, dans l'Extrême-Orient du pays.
Ce rassemblement intervient après la condamnation à deux ans de camp de trois jeunes femmes membres du groupe de punk rock Pussy Riot pour une action anti-Poutine dans la principale cathédrale de Moscou, et alors que le pouvoir russe est accusé d'avoir "serré les boulons" pour réduire au silence ses détracteurs. Dernier événement en date, le retrait vendredi par la majorité pro-Kremlin à la Douma (chambre basse) du mandat parlementaire du député anti-Poutine Guennadi Goudkov, au motif d'activités commerciales, une sanction dénoncée par l'intéressé comme une "vengeance" ourdie par le pouvoir.
Un mouvement d'opposition qui perd de la vigueur
D'autres chefs de file de l'opposition sont visés par des enquêtes, dont le charismatique Alexeï Navalny, qui encourt jusqu'à 10 ans de détention pour "détournement à grande échelle". Seize personnes ont par ailleurs été inculpées pour leur participation présumée à des heurts avec la police le 6 mai à Moscou, lors d'une précédente manifestation d'opposition, et sont pour la plupart incarcérées. En juin, Vladimir Poutine avait promulgué une loi instaurant des amendes considérables pour punir les manifestants en cas de troubles ou de rassemblement non autorisé.
Les premières grandes manifestations de l'opposition avaient commencé en décembre 2011 après la victoire du parti au pouvoir Russie unie aux législatives avec près de 50% des suffrages, au prix de fraudes massives selon l'opposition. Le mouvement a toutefois perdu de son élan depuis l'investiture de Poutine au Kremlin. Le directeur adjoint du FSB (ex-KGB), Sergueï Smirnov, a estimé vendredi qu'une révolution, à l'image de celles qui ont ébranlé l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, était "impossible" en Russie.










