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La Belgique a enfin un budget, et peut-être bientôt un gouvernement


le 26 novembre 2011 à 15h11 , mis à jour le 26 novembre 2011 à 15h14.
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4min
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EuropeLes négociateurs de six partis francophones et néerlandophones belges sont parvenus samedi à un accord sur le budget fédéral 2012, ouvrant ainsi la voie au règlement de la crise politique qui paralyse la Belgique depuis juin 2010.

Samedi matin, au bout de 17 heures de discussions, les partis politiques belges négociant un accord de coalition sont enfin parvenus à un compromis sur le budget 2012, considéré comme le dernier obstacle à la formation d'un gouvernement. Le roi Albert II a aussitôt donné pour instruction au "formateur", le chef des socialistes francophones, Elio Di Rupo, de constituer ce gouvernement dans les meilleurs délais. A l'issue d'une crise record, la voie semble enfin ouverte à la normalisation de la situation politique belge. Et Elio Di Rupo devrait devenir ainsi le premier chef de gouvernement francophone de Belgique depuis plus de trois décennies, en même temps que le premier socialiste à ce poste depuis 1974 à un moment où partout en Europe la gauche est à la peine. Ni les Verts, ni surtout les nationalistes flamands de la N-VA, pourtant première formation politique de Flandre, ne seront associés au prochain gouvernement.

Outre la crise politique, qui dure depuis plus de 500 jours, les représentants des partis qui ont bouclé le budget étaient sous la pression extraordinaire des marchés. "Les négociateurs n'ont plus d'autre choix, au risque de passer pour les fossoyeurs du pays, que de conclure le budget 2012", affirmait ainsi le quotidien La Libre Belgique samedi, relayant l'opinion générale. La note belge a été dégradée vendredi soir par l'agence de notation Standard & Poor's, entraînant de facto une hausse des taux d'intérêts pour la Belgique. Cette situation risque d'accroître la charge de la dette, renforçant la défiance des marchés. Pour le quotidien Le Soir, il ne s'agit rien de moins que d'une "spirale négative infernale". D'autant qu'une nouvelle dégradation n'est pas à exclure. "Le risque augmente que le secteur financier ait besoin de nouvelles aides d'Etat. Cela pourrait pousser le taux d'endettement de la Belgique au-dessus des 100% du PIB", a mis en garde Standard & Poor's.

Un gouvernement pour Noël pour la Belgique ?

Du coup, le budget 2012 devrait consacrer un tour de vis fiscal sans précédent. La Belgique doit en effet économiser 11,3 milliards d'euros pour le budget 2012 et une vingtaine de milliards au total d'ici à 2015. Un effort d'une ampleur historique pour ce pays de plus de 10 millions d'habitants, et contre lequel les syndicats ont déjà appelé à manifester le 2 décembre. Pour être crédible, le budget devrait présenter un déficit maximum de 2,8% et contenir des mesures structurelles, estimaient les experts. "Il faut éviter d'imposer une austérité aveugle qui serait contre-productive", a demandé La Libre Belgique mais "il faut oser assainir en profondeur, couper, tailler partout où c'est possible".

L'obstacle budgétaire franchi, sauf ultime imprévu, le nouveau gouvernement pourrait désormais prêter serment avant Noël. Tout n'est pas réglé, toutefois : les représentants des six partis qui veulent former une coalition gouvernementale doivent encore s'entendre sur le dossier de l'immigration et de l'asile. Il faudra ensuite répartir les compétences entre les six partis, désigner les ministres et convoquer le Parlement pour entériner l'accord.

Après quoi il faudra gouverner. Ce qui ne sera pas le plus facile. Ces derniers jours, les divergences étaient devenues telles entre socialistes et libéraux que lundi le Premier ministre pressenti, Elio Di Rupo, avait jeté l'éponge. Le roi Albert II avait refusé sa démission mais cela avait conforté l'idée que la Belgique était peut-être devenue ingouvernable. Le Soir n'avait pas hésité à publier une Une noire avec ces mots: "un pays brisé". Outre le clivage droite-gauche, le fossé s'est élargi entre le nord néerlandophone et le sud francophone ainsi qu'entre l'Etat fédéral et les régions tout au long de cette crise. Le futur gouvernement, entre la surveillance des marchés financiers et celle des nationalistes flamands, aura fort à faire pour éviter que ces divisions, dangereuses pour son unité, ne réapparaissent.

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  • jafk : Compliments à nos amis Belges. Vous faites moins de bruit que nous les Français et vous réussissez mieux. Les Français sont comme les grenouilles, tout en gueule. JAF

    Le 27/07/2012 à 08h31
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