La Belgique entrevoit le bout du tunnel

le 22 juillet 2011 à 07h49 , mis à jour le 22 juillet 2011 à 07h51

Huit partis se disent prêts à négocier pour former un gouvernement, tentant ainsi de régler une crise sans précédent. Le socialiste francophone Elio Di Rupo a obtenu l'aval du roi Albert II pour poursuivre sa mission de "formateur".

Pour la Belgique, c'est peut-être le début de la fin d'une crise sans précédent par sa durée et son ampleur, qui a mis l'unité du pays à rude épreuve. Le chef socialiste francophone Elio Di Rupo a réussi vendredi à convaincre huit partis de négocier en vue de former un gouvernement. Une fois obtenu cet accord, il s'est rendu chez le roi Albert II pour lui faire rapport. Le monarque, constatant "la volonté exprimée par une large majorité de résoudre les problèmes institutionnels et socio-économiques auxquels le pays est confronté", a demandé au leader du PS de poursuivre sa mission de "formateur", a indiqué le palais dans un communiqué.

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Elio Di Rupo venait d'avoir une longue réunion de clarification avec les responsables de ces huit partis -quatre francophones (dont le PS) et quatre flamands - jeudi, jour de la fête nationale belge, "afin de permettre à chacun de bien se comprendre". L'annonce ne peut que détendre une atmosphère singulièrement alourdie depuis que la base de compromis qu'il avait proposée avait été rejetée début juillet par les deux principaux partis flamands, la Nouvelle Alliance flamande (N-VA, indépendantiste) et les chrétiens-démocrates du CD&V. Sept autres partis des deux communautés linguistiques avaient en revanche donné leur accord pour ouvrir des négociations sur un programme de gouvernement et un transfert de compétences supplémentaires aux régions belges, comme le réclame la Flandre (60% de la population).

Accord sur la méthode, pas sur le contenu

Albert II avait tenu en suspens la démission que Di Rupo lui avait présentée, dans l'espoir qu'il obtienne l'appui du CD&V, indispensable pour parvenir au quorum des deux tiers nécessaire à la Chambre pour une réforme constitutionnelle. Finalement, le chef de ce parti, Wouter Beke, s'était dit mercredi prêt à négocier, quelques heures après une mise en garde solennelle du roi contre la poursuite de la crise. Il avait toutefois exigé que certaines mesures trop favorables à ses yeux aux francophones dans la note de Di Rupo soient mises au placard. Wouter Beke avait ensuite été invité jeudi à expliquer devant les sept autres partis sur quelle base exacte il était disposé à négocier la formation d'un gouvernement. La réunion aura duré près de sept heures.

Les négociations ne démarreront cependant pas immédiatement, a précisé le communiqué, le roi ayant proposé au chef du PS, qui l'a acceptée, une "trêve" jusqu'à la mi-août pour permettre aux responsables politiques belges de se reposer de leur "grande fatigue" après une crise de plus de 400 jours. Depuis les législatives du 13 juin 2010, le pays est dirigé par un gouvernement qui expédie les affaires courantes. Ensuite, "les discussions reprendront sur la base de l'organisation des travaux" que Di Rupo a fait avaliser par les huit partis.

Si l'accord s'est fait sur la méthode, cependant, on en est sans doute encore loin sur le contenu et l'équilibre reste "fragile" entre néerlandophones et francophones, a observé l'agence Belga. Dans un communiqué séparé, le chef du PS a indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi que, comme l'avait demandé le CD&V, les tractations commenceraient par le dossier le plus épineux, celui de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde dit BHV, sans toutefois promettre qu'il serait dissocié des autres dossiers. Le CD&V fait de la suppression des droits électoraux et judiciaires des francophones de la banlieue de Bruxelles, située en Flandre, un préalable. En face, un responsable du parti libéral francophone, le MR, a déjà prévenu que lors des négociations à venir il se réservait de déposer des amendements, y compris sur l'élargissement de Bruxelles. Un casus belli pour les Flamands.

le 22 juillet 2011 à 07:49
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11 Commentaires

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  • debelgique, le 27/07/2011 à 09h33

    Non, en Belgique pas de référendum... Ce n'est pas dans notre constitution. On doit savoir faire confiance à nos politicos. (c'est un comble...) Vu de Belgique, les commentaires sont pas mal... ;o)

  • depondy, le 22/07/2011 à 16h18

    Le bout du tunnel n'est pas loin car pour le voir il leur suffit de se retourner !...

  • l.wallonie, le 22/07/2011 à 14h51

    Tu parles. Avec tous les différents gouvernements dans ce pays, on arrive à un total d'environ 75 ministres/secrétaires d'état !!!

  • franky37, le 22/07/2011 à 13h33

    Un socialiste formateur, effectivement, ils ne sont pas sortis de l'auberge.

  • dameiris, le 22/07/2011 à 13h05

    Ils sont d'accord pour trouver un accord après 400 jours ? Dans dix ans, ils y sont encore ! Est-ce qu'il n'est pas possible, en Belgique, de modifier la Constitution par référendum ?

  • __camille__, le 22/07/2011 à 12h33

    Ce qu'ils aperçoivent, c'est le bout du tunnel ou la lanterne de la loco qui leur arrive dessus ?

  • the_nissart, le 22/07/2011 à 11h49

    Il ne faut pas que la Belgique éclate. Ce beau pays mérite d'exister!

  • calimero33300, le 22/07/2011 à 11h07

    Le plus dure reste à faire ! Et après ? Il restera toujours des traces ......

  • jpegfrance, le 22/07/2011 à 11h00

    Elle entrevoit plutôt les 'deux bouts' du tunnel.

  • cocho49, le 22/07/2011 à 10h22

    Pas bete les belges !! ILS font des economies PLUS DE MINISTRE a renumerer ou faire de la figuration !!

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