Manifestants dénonçant à Moscou les fraudes aux législatives (10/12/2011) © TF/LCI
- Ces protestataires qui embarrassent le pouvoir russe - 01 min 26 s
Malgré la contestation, Poutine fait son show annuel à la TV
Comme chaque année un peu avant Noël, le Premier ministre russe a répondu en direct aux questions de téléspectateurs. L'émission a pris néanmoins un autre intérêt en raison de la contestation qui sévit contre lui dans le pays.
Publié le 15/12/2011
Russie : des centaines d'interpellations mardi, la France préoccupée
La police russe a interpellé mardi soir près de 500 manifestants qui tentaient de se rassembler à Moscou et Saint-Pétersbourg pour protester contre la victoire du parti de Poutine aux législatives. Des interpellations jugées "préoccupantes" par le Quai d'Orsay.
Publié le 06/12/2011
La police en alerte à Moscou, déploiement des forces spéciales
Au lendemain de l'une des plus importantes manifestations, la capitale est en alerte mardi. Le président Dmitri Medvedev a déclaré que le système politique russe n'était "pas l'affaire" des Occidentaux, après les critiques de l'OSCE sur la trop grande proximité entre l'Etat russe et le parti de Vladimir Poutine.
Publié le 06/12/2011
Le parti de Poutine garde (quand même) la majorité absolue
Malgré le relatif désamour des électeurs russes, Russie Unie conserve la majorité à la Douma. Une victoire acquise au bout de législatives verrouillées où l'opposition n'a pas eu le droit de s'exprimer. Cette dernière dénonce en outre des infractions "massives".
Publié le 05/12/2011
Législatives russes: le parti de Poutine en tête, sans majorité absolue
Le parti Russie unie de Vladimir Poutine arrive en tête des législatives de dimanche avec 49,7% des voix, selon les premiers résultats portant sur 51% des bureaux de vote. Il perdrait ainsi la majorité absolue dont il disposait jusqu'alors. L'opposition dénonce des infractions "massives".
Publié le 04/12/2011
Retour de Poutine au Kremlin, acte I
Les législatives russes de ce dimanche sont la première étape de la transition qui doit permettre à Vladimir Poutine de redevenir président en mars prochain. Mais, signe de l'usure de son pouvoir, le score de Russie unie, son parti, est annoncé en retrait.
Publié le 04/12/2011
Russie : ils ont filmé les irrégularités du vote
Révoltés par la corruption du pouvoir, des Russes se sont organisés pour filmer des flagrants délits de fraudes lors des élections législatives. Des vidéos, publiées sur Internet, sont édifiantes.
Publié le 07/12/2011
La publication, ce samedi par le Journal officiel russe, des résultats définitifs des législatives du 4 décembre, aurait dû confirmer sans contestation possible la victoire du parti au pouvoir Russie unie. Les chiffres, qui sont pratiquement identiques aux résultats préliminaires publiés lundi, sont sans appel : la formation de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev est créditée de 49,32% des voix, obtenant une majorité absolue de 238 mandats sur 450 à la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Les résultats offrent 92 sièges au Parti communiste (19,19% des voix), 64 au parti Russie juste (centre-gauche, 13,24%), et 56 au Parti libéral-démocrate (nationaliste, 11,67%). Le parti d'opposition libérale Iabloko, avec 3,43% des suffrages, n'est pas représenté à la Douma.
Du jamais vu depuis les années 90
Mais ces chiffres définitifs sont publiés au moment même où des milliers de personnes participent en divers points de Russie à des manifestations organisées par l'opposition russe pour contester le résultat des législatives. A Moscou, la police évaluait samedi leur nombre à 50.000, malgré les pressions croissantes du pouvoir pour tenter de brider toute contestation. Selon d'autres estimations, le nombre de manifestants approchait les 80.000. A Saint-Petersbourg, l'ex-capitale impériale, la police évaluait de son côté à 10.000 le nombre de manifestants. Il s'agit d'un mouvement d'une ampleur jamais vue contre Vladimir Poutine, arrivé au pouvoir en 2000, Premier ministre depuis 2008, et qui a annoncé son intention de revenir au Kremlin en mars prochain. Pour Moscou, il s'agit même de la plus grande manifestation d'opposants organisée depuis les années 1990.
Le succès de cette mobilisation populaire est d'autant plus remarquable que les autorités ont tout fait pour la brider. Une manifestation était initialement prévue Place de la Révolution, à deux pas du Kremlin. Mais la mairie n'avait autorisé que 300 personnes. Les organisateurs des manifestations - un ensemble de mouvements politiques, sociaux et associatifs - ont donc dû négocier avec la mairie de Moscou l'autorisation d'organiser sur la Place des marécages, dans le centre-ville, une manifestation rassemblant jusqu'à 30.000 participants. Cerise sur le gâteau, les autorités ont souligné que ce chiffre ne devait pas être dépassé. Quant aux autorités sanitaires, elles ont essayé de décourager les participants en avançant le risque de contamination par des virus, en période d'épidémie de grippe... Des manifestations étaient également prévues dans plus d'une cinquantaine de villes, dans l'Oural et en Sibérie, pour réclamer l'annulation de ce scrutin entaché de fraudes massives selon l'opposition et des ONG.
Le ton monte avec Washington
Cette mobilisation est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Le parquet de Moscou a mis en garde les organisateurs et participants contre tout débordement qui obligerait la police à "prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien de l'ordre". Les débordements seront réprimés "par tous les moyens légitimes", a averti jeudi le Premier ministre Vladimir Poutine. Alors que des milliers de Russes manifestent depuis près d'une semaine pour contester le résultat des législatives, quelque 1600 personnes ont déjà été interpellées par la police à Moscou et Saint-Pétersbourg au cours de ces rassemblements, et nombre d'entre-elles, dont plusieurs leaders d'opposition, ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison. Un responsable de l'Eglise orthodoxe russe, l'archiprêtre Alexandre Iliachenko, a appelé les manifestants à protester contre le "cynisme" incarné par le régime de Vladimir Poutine.
La mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déclaré à Moscou à l'issue du scrutin avoir relevé des irrégularités "fréquentes" et "de sérieuses indications de bourrage des urnes". Une ONG russe, Golos, a dénoncé avant et pendant le scrutin une multitude de fraudes et de pressions. Elle se plaint depuis d'être l'objet d'une campagne de "harcèlement orchestrée par le pouvoir". Une autre ONG, "L'Observateur citoyen", a affirmé sur son site internet (nabludatel.org) que le résultat réel du parti au pouvoir Russie unie est d'environ 30% des suffrages, soit quelque 20 points de moins que les résultats officiels.
Ces élections et la répression des manifestations qui ont suivi ont suscité de vives critiques des Etats-Unis, de l'UE, de la France et de l'Allemagne notamment. Vladimir Poutine, en retour, a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation, un scénario du "chaos" selon lui. Des accusations rejetées le même jour par Washington qui s'est défendu d'avoir envoyé des "signaux" à l'opposition russe, comme l'a affirmé Poutine.
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