Archives : Christian Wulff © TF1/LCIAu cœur d'un scandale financier, confronté à des demandes de démission de plus en plus pressantes, le président allemand Christian Wulff, trouvera-t-il son salut auprès de la chancelière Angela Merkel, son alliée politique ? Toujours est-il que cette dernière attendait mercredi qu'il s'explique sur le scandale de crédit privé qu'il a tenté d'étouffer, une affaire embarrassante pour tous deux.
Allemagne : le président démissionne, Merkel gênée
Christian Wulff, au rôle honorifique, a été rattrapé par un scandale de corruption qu'il a essayé de cacher en faisant pression sur la presse. Un coup dur pour la chancelière, qui avait eu beaucoup de mal à faire élire cet allié en 2010.
Publié le 17/02/2012
Empêtré dans un scandale, le président allemand démissionne
Soupçonné depuis plusieurs semaines de prévarications et d'avoir obtenus différents avantages auprès d'ami entrepreneurs, Christian Wulff a présenté sa démission vendredi.
Publié le 17/02/2012
Rappel des faits : le président -dont les fonctions sont essentiellement honorifiques, mais qui peut être une autorité morale- est sous pression depuis la mi-décembre après des révélations de la presse sur un prêt très avantageux obtenu auprès d'un couple de riches entrepreneurs. Mardi, l'affaire a continué d'enfler, après que Bild, considéré comme le plus puissant quotidien européen avec ses 12 millions de lecteurs, eut révélé avoir subi des tentatives d'intimidation du président pour étouffer le scandale. Le gouvernement allemand a souligné mercredi l'importance de la liberté de la presse. "C'est un des grands acquis de notre démocratie", a déclaré son porte-parole George Streiter. Et d'ajouter : toute personne occupant de hautes fonctions politiques sait "qu'elle peut faire l'objet d'articles dans les médias et pas seulement sur ses actions politiques".
Merkel embarrassée
Dans la forme, le soutien d'Angela Merkel semble encore de mise : "La chancelière fait entièrement confiance au président pour répondre à toutes les questions en suspens", a ainsi déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement allemand, au cours d'un point de presse à Berlin, assurant qu'elle "appréciait particulièrement le travail de M. Wulff". Reste que ce scandale pourrait avoir raison du soutien affiché de la chancelière, qui n'a, logiquement, pas intérêt à être associée à cette affaire.
Dans une interview donnée mercredi aux chaînes publiques allemandes de télévision ARD et ZDF, Christian Wulff a de nouveau déclaré qu'il refusait de démissionner. "J'assume la plénitude de mes fonctions, pour les cinq années de mon mandat", a déclaré le président, alors que les appels à démissionner se font pressants depuis 48 heures. Quoiqu'il en soit, cette polémique entache d'ores et déjà l'image d'Angela Merkel car Wulff apparaît depuis longtemps comme son protégé : elle avait d'ailleurs peiné pour faire élire il y a un an et demi l'actuel président. Il avait fallu trois tours d'un scrutin qui avait viré au psychodrame le 30 juin 2010, les grands électeurs en profitant pour montrer leur mécontentement vis-à-vis de la chancelière et de sa coalition de centre-droit.
Le pouvoir de Bild
Jusqu'à l'éclatement de l'affaire, Christian Wulff, 52 ans, semblait entretenir de bons rapports avec les médias, se prêtant avec un plaisir apparent à des séances de photos avec sa seconde, blonde et jeune épouse Bettina, mère de leur petit garçon. Mais depuis, les relations se sont manifestement tendues. Le quotidien Die Welt, appartenant comme Bild au groupe d'édition conservateur Springer, a révélé mardi qu'en juin M. Wulff avait convoqué l'un de ses journalistes à sa résidence officielle, le château Bellevue, pour exiger le retrait d'un article évoquant ses relations difficiles avec l'une de ses soeurs, à paraître le lendemain. Des affaires particulièrement embarrassantes pour Angela Merkel, qui est également très liée à Friede Springer, actionnaire majoritaire de la maison d'édition éponyme.
Le pouvoir de Bild est loin d'être négligeable en Allemagne et a notamment inspiré dans les années 1970 l'écrivain Heinrich Böll dans son roman "L'Honneur perdu de Katharina Blum". Mardi, l'ancien champion de tennis allemand Boris Becker avertissait le président sur son compte twitter : "Il ne faut jamais chercher Bild, ou alors il faut gagner Wimbledon".
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